Les phénomènes psi

Partage international no 455juillet 2026

par Douglas Griffin

En matière d’acronymes, « DOPS » n’est peut-être pas le plus accrocheur mais, curieusement, c’est peut-être justement ce qui le rend mémorable. Il désigne la Division Of Perceptual Studies, une unité de recherche rattachée au Département de psychiatrie et sciences neurocomportementales de l’Université de Virginie (UVA). Au fil du temps, elle s’est forgé une réputation internationale grâce à ses travaux novateurs sur ce que l’on appelle les phénomènes « psi » (psychiques ou paranormaux), qui explorent la relation entre la conscience et le monde physique.

Cette équipe de recherche évolue, à l’instar des travaux sur le monde quantique, aux frontières de la science orthodoxe. De ce fait, elle est souvent accueillie avec un certain mépris et beaucoup de scepticisme par la science et la philosophie dominantes, qui tendent de plus en plus à considérer la conscience comme un simple sous-produit de l’activité cérébrale.

Ainsi, une équipe internationale de neuroscientifiques a récemment proposé une nouvelle théorie, publiée dans Nature Reviews Neurology, baptisée « NEPTUNE ». Ce modèle explique les expériences de mort imminente (EMI) et les expériences hors du corps (EHC) sous un angle exclusivement neurophysiologique, rejetant ainsi les conclusions du DOPS issues de plusieurs années d’étude de ces phénomènes.

Les auteurs du modèle NEPTUNE soutiennent que les « hallucinations » rapportées lors des expériences de mort imminente pourraient être provoquées par des modifications des gaz sanguins irriguant le cerveau, par la libération d’endorphines ou par d’autres processus chimiques ou électriques cérébraux. Ils s’appuient également sur deux études suggérant que les EHC pourraient simplement résulter de l’activation d’une région précise du cerveau : la jonction temporo-pariétale.

En réponse, le Dr Bruce Greyson, ancien directeur du DOPS, a déclaré que l’hypothèse selon laquelle les expériences de mort imminente ne seraient que des hallucinations d’origine neurologique ne concorde pas avec les données recueillies par son équipe.

Les hallucinations neurologiques n’impliquent généralement qu’un seul sens, comme la vue ou l’ouïe. Or, les personnes ayant vécu une EMI rapportent fréquemment des souvenirs faisant intervenir simultanément plusieurs sens : elles décrivent ce qu’elles ont vu, entendu, senti et touché alors qu’elles étaient cliniquement mortes.

De plus, elles gardent souvent un souvenir très vif de ces expériences pendant des décennies, contrairement aux hallucinations neurologiques, dont le souvenir s’estompe généralement assez rapidement.

Bien que le DOPS dépende de l’Université de Virginie, il occupe en réalité une position assez singulière dans le paysage scientifique. Cette unité attire des chercheurs qui abordent le monde, et plus particulièrement la nature de la conscience, avec une ouverture d’esprit plus grande que celle généralement admise dans les milieux académiques.

Cela étant, il s’emploie à appliquer les méthodes scientifiques les plus rigoureuses, et à diffuser les résultats de ses travaux et leurs implications, tant auprès de la communauté scientifique que du grand public. Le DOPS entend ainsi jouer un rôle de passerelle entre le matérialisme scientifique dominant et le domaine plus subtil de la parapsychologie.

Une telle position est loin d’être confortable. C’est précisément ce qui rend d’autant plus remarquable le travail accompli par cette équipe depuis sa création.

Fondé en 1967 par le psychiatre Ian Stevenson, le DOPS a été créé dans l’intention d’étudier les phénomènes psi, c’est-à-dire les expériences et les capacités humaines extraordinaires.

Dès le départ, ses recherches ont porté principalement sur la collecte et l’analyse de témoignages provenant du monde entier concernant les EMI, les souvenirs de vies antérieures chez les jeunes enfants, les EHC, la « vision à distance » souvent associée aux programmes de renseignement tels que ceux de la CIA, la perception extrasensorielle (PES), la télépathie et la psychokinèse, illustrée notamment par les capacités attribuées à Uri Geller.

À travers ces travaux, les chercheurs du DOPS cherchent à montrer que, si les données sont interprétées correctement, la conscience pourrait fonctionner indépendamment du cerveau, remettant ainsi en question les paradigmes scientifiques établis.

Comme on peut s’en douter, les travaux de cette nouvelle unité de recherche n’ont pas été accueillis avec enthousiasme lors de ses premières années d’existence. Les réactions furent souvent critiques, voire franchement hostiles. Toutefois, certains scientifiques ont préféré suspendre leur jugement en attendant que les faits parlent d’eux-mêmes.

Ainsi, le psychiatre Harold Lief écrivait en 1977 dans le Journal of Nervous and Mental Disease : « Ou bien le Dr Stevenson commet une erreur monumentale, ou bien il sera considéré comme le Galilée du XXᵉ siècle. »

Comme nous l’avons vu, le DOPS concentre principalement ses recherches sur les relations entre l’esprit et le corps, et plus particulièrement sur la possibilité que la conscience survive à la mort physique, ce qui impliquerait qu’elle ne soit pas attachée au corps.

Ian Stevenson s’était très tôt intéressé aux expériences humaines dites anormales et avait commencé à mener des recherches sur des phénomènes tels que les apparitions, les EMI et la réincarnation. Il s’était notamment rendu en Asie afin de recueillir les témoignages d’enfants affirmant se souvenir de vies antérieures.

Le physicien et inventeur américain Chester F. Carlson, à l’origine de la technologie des photocopieurs Xerox, finança plusieurs de ces voyages. À sa mort, il légua également des fonds qui permirent à I. Stevenson de se consacrer pleinement à ses recherches, ce qui conduisit à la création du DOPS.

Auparavant, I. Stevenson avait dirigé le département de psychiatrie de l’Université de Virginie. En 1967, il quitta cette fonction pour prendre la direction de la nouvelle division de recherche, qu’il dirigera pendant les trente cinq années suivantes.

Lorsqu’il créa le DOPS, Ian Stevenson était déjà profondément déçu par la médecine conventionnelle. C’est d’ailleurs à la suite de l’un de ses premiers voyages en Inde, en 1966, que ses travaux retinrent l’attention de Chester F. Carlson, dont le soutien financier lui permit par la suite de quitter ses fonctions à l’Université de Virginie pour se consacrer entièrement à ses recherches.

Dans une interview accordée au New York Times en 1999, I. Stevenson expliquait les raisons qui l’avaient conduit à se tourner vers l’étude de la parapsychologie, exprimant son insatisfaction à l’égard des conceptions dominantes de la personnalité et de la conscience humaines : « Ni la psychanalyse, ni le behaviorisme, ni même les neurosciences ne me satisfaisaient. J’avais le sentiment qu’il manquait quelque chose à tout cela. »

Depuis la première contribution généreuse de Chester F. Carlson, le DOPS est entièrement financé par des dons privés dont, fait intéressant, ceux de l’acteur et humoriste britannique John Cleese, qui est un admirateur de ce type de recherche.

Dans une interview accordée au New York Times en 2025, où il prenait publiquement la défense du DOPS, Cleese a déclaré :

« Ces chercheurs se comportent comme de véritables scientifiques. Ils cherchent la vérité ; ils ne veulent pas simplement avoir raison. Je trouve absolument stupéfiante, et même scandaleuse, la manière dont la théorie matérialiste réductionniste dominante traite tous les phénomènes, pourtant si nombreux, qu’elle est parfaitement incapable d’expliquer. »

On trouve sur You Tube plusieurs vidéos courtes dans lesquelles Cleese s’entretient avec deux figures majeures du DOPS au sujet de leurs domaines de recherche respectifs.

Le Dr Jim Tucker, professeur de psychiatrie et directeur du DOPS pendant plus de dix ans jusqu’en janvier 2025, y présente ses travaux sur les souvenirs de vies antérieures rapportés par des enfants.

Le Dr Edward F. Kelly expose quant à lui ses travaux sur la survie de la conscience après la mort. Il est notamment l’auteur de deux livres non publiés en français : Consciousness Unbound: Liberating Mind from the Tyranny of Materialism (La conscience libérée : affranchir l’esprit de la tyrannie du matérialisme) et de Beyond Physicalism: Toward Reconciliation of Science and Spirituality (Au-delà du physicalisme: vers une réconciliation de la science et de la spiritualité).

Le Dr Tucker a également publié plusieurs ouvrages sur ce thème, dont le plus récent, BEFORE: Children’s Memories of Previous Lives (AVANT: des enfants se souviennent de leurs vies antérieures), qui réunit et actualise ses deux livres précédents, Return to Life (Retour à la vie) et Life Before Life (La vie avant la vie).

Le Dr Tucker étudie rarement les récits de souvenirs de vies antérieures rapportés par des adultes. Dans le même article du New York Times de 2025, il en expliquait la raison : « Un adulte a été exposé à une multitude d’informations au cours de sa vie. Il peut croire qu’il ignore tout d’un épisode historique alors qu’il y a déjà été exposé, sans en avoir gardé le souvenir. En revanche, lorsqu’un très jeune enfant rapporte des souvenirs d’une vie antérieure, il est beaucoup plus difficile de soutenir qu’il a pu acquérir ces informations de cette manière. C’est comme s’il arrivait au monde avec ces souvenirs, qu’il commence généralement à évoquer dès son plus jeune âge. »

Il ajoute que ces souvenirs peuvent être parfois une véritable source de souffrance pour l’enfant : « Certaines personnes peuvent lui manquer profondément, ou bien il peut avoir le sentiment qu’une partie de son existence précédente est restée inachevée. Franchement, il vaudrait probablement mieux pour ces enfants qu’ils ne conservent pas ces souvenirs, car beaucoup d’entre eux sont douloureux. La majorité des enfants qui se souviennent des circonstances de leur mort racontent avoir péri de manière violente et non de mort naturelle. »

Un des nombreux cas étudiés par le DOPS, dont les détails sont troublants, concerne une jeune Birmane porteuse de plusieurs malformations congénitales, qui affirmait se souvenir des circonstances de sa mort dans une vie antérieure.

Les enquêteurs recueillirent des témoignages concordants auprès des habitants du village où les faits étaient censés s’être déroulés. Ceux-ci se souvenaient en effet de l’événement. Comme l’explique le Dr Tucker dans cet article :

« D’après les villageois, l’homme que cette toute jeune fille disait avoir été avait été assassiné : plusieurs de ses doigts avaient été sectionnés et sa gorge tranchée d’un coup d’épée. »

Or, la fillette était née avec plusieurs doigts manquants ainsi qu’avec des marques sur le dos et le cou, correspondant aux blessures décrites.

Dans l’une de ses interviews sur You Tube avec John Cleese, le Dr Tucker raconte un autre cas particulièrement étonnant, celui d’un petit garçon américain nommé Ryan Hammons, originaire de l’Oklahoma.

À l’âge de quatre ans, Ryan se mit à supplier sans cesse sa mère de l’emmener à Hollywood. Cette idée devint une véritable obsession. Pour tenter de comprendre ce qui lui arrivait, sa mère emprunta un livre consacré à Hollywood à la bibliothèque municipale.

Un jour, alors qu’ils feuilletaient ensemble cet ouvrage, ils tombèrent sur une photographie tirée d’un ancien film intitulé Night After Night. Ryan s’écria aussitôt :

« Regarde, mama ! Ça, c’est George. Nous avons tourné un film ensemble ! »

Puis il désigna un autre homme apparaissant sur la photographie et ajouta :

« Et ça, c’est moi. »

Le premier homme que Ryan avait désigné était en réalité le célèbre acteur George Raft. Le second, qu’il affirmait être lui-même, n’était qu’un figurant inconnu, sans la moindre réplique dans le film.

La mère de Ryan décida alors de prendre contact avec le Dr Tucker afin de déterminer si les affirmations de son fils pouvaient correspondre à une personne ayant réellement existé. Dès ce premier échange, elle lui envoya presque quotidiennement des courriels rapportant les nombreux souvenirs que Ryan exprimait au sujet de cette vie antérieure. Le Dr Tucker les consigna avec soin.

Grâce à l’aide d’un archiviste spécialisé dans l’histoire d’Hollywood, il finit par identifier l’homme auquel Ryan semblait s’identifier. L’archiviste consulta les archives de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences et rassembla toute la documentation disponible sur le film Night After Night. L’un des plans du film montrait le figurant en question, dont le nom figurait dans les archives : Marty Martin.

Au fil des courriels envoyés par sa mère, Ryan décrivit avec de nombreux détails la vie qu’il disait avoir menée auparavant. Le Dr Tucker trouva d’abord ce récit peu vraisemblable pour quelqu’un qui n’avait été, en apparence, qu’un simple figurant sans aucune réplique dans un film. Pourtant, à mesure que l’archiviste avançait dans ses recherches sur Marty Martin, les déclarations de Ryan se révélèrent étonnamment cohérentes.

Ryan racontait avoir dansé à New York. Les archives montrèrent que Marty Martin avait effectivement été danseur à Broadway. Il affirmait avoir travaillé dans une agence ; Martin avait fondé et dirigé une agence artistique prospère. Il évoquait des traversées de l’Atlantique à bord de paquebots pour se rendre en Europe, ce que les documents d’archives confirmèrent également.

Ryan indiqua aussi que l’adresse de sa maison contenait le mot « Rock ». Or, Marty Martin avait habité à North Roxbury, ce qui est compatible avec le souvenir de Ryan.

Un jour, Ryan dit à sa mère qu’il ne comprenait pas pourquoi Dieu vous ferait vivre jusqu’à l’âge de soixante et un ans avant de vous faire renaître sous la forme d’un bébé. L’acte de décès de Marty Martin mentionnait pourtant un âge de cinquante-neuf ans. Intrigué, le Dr Tucker poursuivit ses recherches en consultant les recensements, les registres de mariage et les listes de passagers. Il découvrit alors que Marty Martin avait bien soixante et un ans à son décès et que l’acte de décès comportait une erreur.

Au total, le Dr Tucker put vérifier que plus d’une cinquantaine d’affirmations faites par Ryan correspondaient bien à la vie de Marty Martin.

Dans cette même interview, le Dr Tucker rappelle que Marty Martin était un personnage obscur, décédé en 1964, sur lequel il n’existait pratiquement aucune information accessible au public à l’époque où Ryan commença à raconter ses souvenirs. Aujourd’hui, en revanche, cette affaire étant devenue relativement connue, il est beaucoup plus facile de trouver des renseignements sur sa vie grâce à Internet.

À la fin de leur entretien, le Dr Tucker et John Cleese concluent que, si l’on considère ce cas dans son ensemble, il paraît impossible que Ryan ait pu acquérir toutes ces informations par des moyens ordinaires.

Selon eux, ce dossier montre qu’il est possible qu’une personne conserve des souvenirs précis d’une existence antérieure et les exprime au cours de sa vie actuelle, généralement dès son plus jeune âge. Lorsque ces souvenirs peuvent être confrontés à des documents d’archives indépendants, comme ce fut le cas ici, ils constituent un indice de la continuité de la conscience d’une vie à l’autre, y compris durant l’intervalle séparant la mort d’une nouvelle naissance.

Dans l’importante base de données du DOPS, les cas les plus convaincants de souvenirs de vies antérieures concernent des enfants de moins de dix ans. La majorité d’entre eux ont entre deux et six ans, âge après lequel ces souvenirs semblent progressivement s’estomper. Les données indiquent également que l’intervalle moyen entre un décès et une nouvelle naissance est d’environ seize mois.

Interrogé récemment sur la portée de ses recherches, le Dr Tucker a déclaré :

« Cela pourrait profondément changer la façon dont les gens envisagent leur existence. Cela nous donne une vision plus porteuse d’espoir que celle d’un univers aléatoire et dénué de sens. Bien sûr, beaucoup de personnes trouvent déjà cette espérance dans leur religion. Mais si l’on pouvait reconnaître qu’il existe en chacun de nous une dimension qui survit à la mort, cela pourrait aider à mieux traverser le deuil et à apaiser l’angoisse de la mort. Et, je l’espère, cela inciterait aussi les êtres humains à mieux se traiter les uns les autres. Nous aurions davantage le sentiment que nous faisons tous partie d’une même aventure et que notre existence n’est pas dépourvue de sens. »

Dans son livre Dying to See the Ligh : A Scientist’s Guide to Reawakening (Mourir et voir la lumière : un guide scientifique vers la renaissance, non traduit), la scientifique de la NASA et océanographe Ingrid Honkala explore ces mêmes thèmes. Ingrid Honkala n’a pas vécu une, mais trois expériences de mort imminente. Bien qu’elles aient eu lieu à de nombreuses années d’intervalle, elles présentaient toutes les mêmes caractéristiques.

La première survint alors qu’elle n’avait que deux ans. Elle tomba dans un réservoir d’eau glacée situé près de sa maison, à Bogotá, en Colombie. Alertée de manière inexpliquée, sa mère accourut et retrouva sa fille inconsciente, flottant dans l’eau. Ingrid Honkala raconte que sa conscience s’était séparée de son corps, lui permettant de se voir, d’en haut, flotter inerte à la surface de l’eau. Au cours de cette expérience de sortie de corps, elle voyait également sa mère, pourtant située à plusieurs rues de là, et affirme avoir pu communiquer avec elle sans prononcer un seul mot, ce qui l’aurait poussée à revenir précipitamment à la maison.

Elle décrit ainsi son expérience : « Au début, j’ai paniqué et j’ai essayé désespérément de respirer. Puis tout a changé. À la place de la peur, un calme profond m’a envahie. La panique a disparu, remplacée par un sentiment immense de paix et de sérénité. À cet instant, je ne me sentais plus comme une enfant enfermée dans un corps, mais comme une pure conscience, un champ de conscience et de lumière. J’avais le sentiment de faire partie d’une intelligence universelle, infiniment vaste, imprégnée d’amour, de clarté et de paix. »

Malgré son très jeune âge, cette expérience marqua profondément le reste de son existence. « À partir de ce jour-là, je n’ai plus jamais eu peur de la mort. »

Illustration artistique représentant la conscience
quittant le corps pendant le sommeil
(photo : Rad el Baluvar, Wikimedia Commons)

Ingrid Honkala a vécu deux autres EMI : à l’âge de vingt-cinq ans, à la suite d’un accident de moto, et à cinquante-deux ans, lorsque sa tension artérielle chuta brutalement au cours d’une intervention chirurgicale.

Bien que les circonstances aient été chaque fois très différentes, chacune de ces expériences l’aurait ramenée au même « lieu », un état de paix profonde et de conscience plus élevée, indépendant du corps physique.

À l’encontre de l’interprétation neurophysiologique actuellement dominante des EMI et des EHC, telle qu’elle est notamment défendue par le modèle NEPTUNE, Ingrid Honkala affirme que ce qu’elle a vécu ne relevait pas d’hallucinations passagères. Selon elle, le fait d’avoir retrouvé, à chacune de ses trois expériences aux frontières de la mort, exactement le même état de conscience plaide en faveur de l’authenticité de son expérience.

Elle possède un doctorat de sciences marines et a travaillé dans la recherche environnementale, notamment en collaboration avec la NASA et la marine américaine. Dans son livre, elle défend l’idée que la science et ce que l’on appelle communément la spiritualité ne sont pas incompatibles. À ses yeux, elles cherchent toutes deux à répondre aux mêmes grandes questions encore sans réponse, mais à partir de perspectives différentes.

La vision d’Ingrid Honkala, selon laquelle la science et la spiritualité sont complémentaires plutôt qu’opposées, rejoint l’esprit qui anime l’ensemble des recherches menées au DOPS. Sur son site Internet, l’institut déclare :

« Nous espérons que d’autres scientifiques se joindront à l’étude rigoureuse de la nature de la conscience et de ses interactions avec le monde physique […] Un nombre croissant de chercheurs est convaincu qu’une interprétation matérialiste de ces phénomènes présente des limites fondamentales et que la recherche doit s’ouvrir à des approches qui intègrent les expériences extraordinaires authentiques, sans pour autant renoncer à la rigueur scientifique. »

Comme tout domaine de recherche explorant de nouvelles frontières, ces travaux se heurtent inévitablement à une forte opposition de la part des courants de pensée dominants.

Le Dr Bruce Greyson, déjà évoqué précédemment, en a lui-même fait l’expérience avant de rejoindre le DOPS. Alors qu’il travaillait à l’Université du Michigan, sa hiérarchie lui fit clairement comprendre que ses recherches sur les EMI compromettraient sa carrière.

« On m’a dit sans détour que je n’avais aucun avenir dans cette université si je poursuivais mes recherches sur les EMI, parce qu’on ne peut pas les faire tenir dans une éprouvette. Tant que je ne pourrais pas les quantifier à l’aide d’indicateurs biologiques, ils ne voulaient même pas en entendre parler. »

La remise en question de cette conception matérialiste dominante n’en est encore qu’à ses débuts. Elle semble toutefois progresser rapidement grâce aux travaux d’institutions telles que le DOPS, mais aussi de plusieurs autres centres de recherche dans le monde, parmi lesquels figurent notamment la Koestler Parapsychology Unit de l’Université d’Édimbourg, en Écosse, ainsi que l’Institute of Noetic Sciences, en Californie, fondé par le Dr Edgar Mitchell, astronaute de la mission Apollo 14.

Auteur : Douglas Griffin,  correspondant de Share International basé à Londres.
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Divers