Partage international no 259 – mars 2010
Interview de Robert Hastings par Jason Francis
L’ufologue Robert Hastings enquête depuis 1973 sur l’activité ovni autour des sites nucléaires, notamment en recueillant les témoignages de militaires retraités qui en ont observés au-dessus des bases sur lesquelles ils travaillaient. Il rend compte de ses recherches dans son ouvrage Ufos and Nukes : Extraordinary encounters at Nuclear Weapons Sites (Ovnis et bombes atomiques : rencontres extraordinaires sur des sites nucléaires (non traduit).
Jason Francis l’a interviewé pour Partage international.
Partage international : Pourquoi vous intéressez-vous aux ovnis ?
Robert Hastings : Mon père travaillait dans l’US Air Force (armée de l’air américaine). En 1967, il était affecté sur la base de missiles nucléaires de Malmstrom, dans le Montana. A l’époque, j’avais 16 ans, et j’étais au lycée. Trois nuits par semaine, j’étais aussi gardien dans une des tours de contrôle de cette base. Une nuit de mars 1967, j’ai pu observer cinq objets volants non identifiés sur les radars de la FAA (Federal Aviation Administration – Agence fédérale de l’aviation). J’en ai parlé à mon père, qui s’est alors livré à quelques enquêtes au « SAGE Building », où se trouvait le système de radar le plus avancé de la planète pour l’époque et où il travaillait. Quelques jours plus tard, il me confirma qu’effectivement, on suivait attentivement l’activité d’ovnis au voisinage de la base, et plus particulièrement dans le secteur où étaient installés les missiles nucléaires.
C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’intéresser au sujet. En 1973, j’appris que d’autres chercheurs, dont le regretté Allen Hynek1 (astronome considéré comme le père de l’ufologie) étaient au courant d’autres incidents de ce genre, et c’est ainsi que je me suis lancé dans mes recherches.
PI. Depuis combien de temps le phénomène ovni montre-t-il un intérêt pour les armes nucléaires et les bases militaires ?
RH. J’ai des documents du FBI qui attestent d’une activité ovni à Los Alamos, Nouveau Mexique – le lieu de naissance des armes nucléaires – dès décembre 1948. On les décrivait comme de forme circulaire, et capables de se déplacer à de très grandes vitesses comme de rester stationnaires. L’un de ces documents indique que, pour le gouvernement – l’US Air Force, le FBI, et d’autres agences de renseignement non spécifiées – cette question relève du secret défense. Quoi qu’il en soit, je sais de par les entretiens que j’ai pu avoir avec d’anciens militaires2qu’on a pu observer des ovnis à proximité d’autres sites nucléaires dès 1945, avant les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. J’ai parlé à un pilote de la Navy qui avait vu un objet stationnaire au-dessus du site de Handford, dans l’Etat de Washington, où l’on produisait le plutonium pour la bombe de Nagasaki. Selon ce témoin, l’objet avait ainsi plané au-dessus du site de manière répétée en déjouant toutes les tentatives d’interception. Ce genre d’incident se produit apparemment depuis le début de l’ère nucléaire.
PI. Comment avez-vous pu obtenir ces documents du FBI ?
RH. Ce document particulier a été envoyé à Bruce Maccabee en vertu de la loi sur la liberté d’information (FOIA – Freedom of Information Act). C’est un physicien retraité de l’US Navy, qui est aussi ufologue. Il a ainsi obtenu environ 1 500 pages du FBI en 1978, dont le document que j’ai mentionné.
En ce qui me concerne, cette loi ne s’est pas avérée aussi utile que je l’aurais souhaité, dans la mesure où une bonne partie des incidents sur lesquels j’ai enquêté, portant sur l’activité d’ovnis autour de sites d’armements nucléaires, sont de ce fait considérés comme relevant de la sécurité nationale. Ils sont classifiés à un niveau si élevé qu’ils échappent à l’obligation d’information imposée par la loi. Quand, au début des années 1980, j’ai essayé d’obtenir d’autres documents, j’ai souvent trouvé porte close. J’ai fini par comprendre que si je voulais obtenir ce genre d’information vitale, il était bien plus efficace d’approcher des militaires à la retraite pour enregistrer leurs témoignages. A ce jour, j’en ai ainsi interviewé plus de 120.
PI. Pourriez-vous donner un exemple d’une rencontre d’ovni sur une base militaire ?
RH. En 1967, à la base militaire aérienne de Malmstrom, à l’époque où mon père y travaillait, il y a eu deux incidents, respectivement le 16 et le 24 mars, où deux groupes séparés de dix missiles nucléaires chacun ont cessé de fonctionner. L’incident du 24 mars m’a été rapporté par l’un des officiers de lancement de missile, qui se trouvait dans la capsule souterraine abritant le centre de contrôle quand l’évènement s’est produit. Le capitaine Salas avait reçu un coup de téléphone d’un des gardes postés en surface qui l’informait qu’un objet de la forme d’une soucoupe volante avait brusquement surgi de nulle part et stationnait au-dessus du portail de la barrière de sécurité des installations de lancement. Avant même que Salas n’eût eu le temps de répondre, les dix missiles commencèrent à avoir des problèmes de fonctionnement.
On s’aperçut plus tard que les systèmes de guidage et de contrôle avaient été affectés d’une manière inconnue et qu’en fait, il fallait remplacer tout le système informatique. Le rapport du capitaine Salas a été confirmé par son commandant d’alors, Fred Meiwald, aujourd’hui colonel à la retraite. Ils furent ramenés dare-dare par hélicoptère à Malmstrom pour un debriefing. On leur ordonna de n’en parler à personne. Ce n’est qu’au milieu des années 1990 que Salas rompit son silence, estimant qu’il devait informer le public que ce genre de choses était réel et qu’il continuait à se produire.
J’ai également obtenu le témoignage d’un autre officier affecté au lancement de missiles, Walter Figel, lui aussi colonel à la retraite, qui m’a confirmé qu’un événement quasiment identique avait eu lieu sur une autre base de lancement, le 16 mars de la même année. Ce ne sont là que deux exemples parmi bien d’autres d’observations d’ovnis près de sites de missiles balistiques intercontinentaux.
John Mills, spécialiste de guidage de missile, m’a appris qu’en septembre 1978, on a observé des ovnis planant au-dessus de la base d’Ellsworth sur laquelle il travaillait. Un groupe d’une dizaine de missiles et trois missiles appartenant à un autre groupe se mirent simultanément à dysfonctionner pendant que des ovnis les surplombaient. Il se trouvait sur le site d’un de ces groupes quand il a pu voir un objet en forme de diamant planant à basse altitude au-dessus du missile sur lequel il était en train de travailler. L’ovni émit un bourdonnement assourdissant. Quand le silence revint, le missile a commencé à se dérégler. De retour à la base pour un debriefing, comme il en avait aussitôt reçu l’ordre, il s’aperçut que tous les officiers de haut rang étaient rassemblés dans le hangar de maintenance. On leur ordonna, là aussi, de ne jamais parler de cet incident.David Schuur m’a rapporté un cas encore plus spectaculaire, qui s’est produit à la Minot Air Force Base. Alors qu’il se trouvait dans la capsule de lancement, une nuit de 1965 ou 1966, il reçut un appel d’un garde de la sécurité l’informant qu’un objet lumineux se déplaçait à très grande vitesse d’un missile à l’autre, stationnant brièvement au-dessus de chacun.
D. Schuur me dit qu’à chaque fois que l’objet s’intéressait à un missile, celui-ci semblait faire l’objet d’une manipulation électronique qui déclenchait son processus d’activation. Autrement dit, tout se passait comme si les missiles, l’un après l’autre, se préparaient à partir. A tel point que, me dit-il, lui et son commandant durent en urgence procéder pour chacun à ce qu’on appelle une inversion de procédure pour les empêcher de décoller. A notre avis, il ne s’agissait pas d’une tentative délibérée de lancement, mais plutôt d’un déclenchement en quelque sorte par inadvertance des processus de mise en route lors de l’examen des engins par les ovnis.
Avec l’effondrement de l’Union soviétique, en 1991, les journalistes et les chercheurs occidentaux ont disposé d’une fenêtre de quatre ou cinq ans où ils ont pu interroger des officiers retraités de l’armée sur des cas de ce genre – par exemple, celui où des missiles stationnés en Ukraine ont été activés par des ovnis.
Ce qui veut dire qu’une source extérieure, ni soviétique ni étasunienne, surveille (parfois en les déréglant ou les activant) les armes nucléaires des deux pays.
Je crois pouvoir dire, en accord avec la majorité des anciens employés de l’US Air Force que j’ai interrogés, que ceux qui sont à bord de ces engins nous font la démonstration qu’ils ont la capacité d’interférer avec le fonctionnement de nos missiles nucléaires. Si tel est le cas, leur technologie est très en avance sur la nôtre. A mon avis, ce sont des extraterrestres. Qui qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, quel que soit le but de leur présence ici sur Terre, une de leurs activités depuis des décennies – et on a là-dessus une documentation plus qu’abondante – consiste à surveiller notre armement nucléaire. Plus important, ils sont parfois intervenus dans son fonctionnement. Je crois qu’il faut y voir un effort délibéré de leur part pour envoyer un message informant Washington et Moscou que ce type d’armement les inquiète, et que nous sommes en train de jouer avec le feu.
Le grand public ignore quasiment tout de ces incidents, ce qui n’est certainement pas le cas des responsables du Pentagone et du Kremlin.
PI. Vous avez dit que des militaires qui avaient été témoin d’incidents d’ovnis avaient été débriefés et contraints au silence. Est-ce la réaction habituelle de l’armée ?
RH. Face à des évènements de ce genre, les autorités militaires ont, fondamentalement, deux types de réaction, si j’en juge d’après les témoignages que j’ai recueillis. La première consiste à dire : « Oui. C’est du domaine de la sécurité nationale. Dites-nous ce que vous savez puis oubliez-le et n’en parlez jamais. » D’autres réactions sont plus souples, du genre : « Circulez, il n’y a rien à voir. Rentrez chez vous. » Il n’y a ni débriefing, ni interrogatoire. C’est une manière comme une autre de transformer un évènement en non-évènement. On coupe court à la conversation, histoire de montrer que c’est sans intérêt.
Le Pentagone et le gouvernement américain, au moins pour les personnes qu’on connaît, ne vont certainement pas rendre public le fait que notre armement stratégique a connu des problèmes. D’abord, parce que l’ennemi – quel qu’il soit, les Soviétiques durant la Guerre froide, par exemple – saurait que notre force de frappe n’est pas aussi sûre qu’on le prétend. Qui plus est, si ceux qui sont dans la confidence ouvrent la boîte de Pandore en révélant l’existence d’une relation entre l’activité ovni et les sites nucléaires, qu’il en a été de même en URSS, et qu’il livre les détails de ces incidents à l’opinion publique – l’avance technologique de ces objets, la fréquence de leurs interférences sur les installations, et le fait qu’ils se produisent depuis des décennies –, ce serait reconnaître qu’ils admettent que des êtres venus d’ailleurs surveillent nos armes nucléaires, voire interviennent dans leur fonctionnement. Une chose que n’admettrait jamais un gouvernement, à moins d’y être obligé.
PI. L’intérêt que semble manifester les ovnis pour les armes nucléaires s’étend-il également aux centrales ?
RH. Oui. J’ai d’ailleurs ajouté un appendice à mon livre, dans lequel je discute brièvement d’un certain nombre d’observations d’ovnis près de centrales nucléaires. Le plus spectaculaire, incontestablement, est celui de la catastrophe de Tchernobyl, survenue en avril 1986 en Ukraine, dont les retombées radioactives provoquées par l’explosion ont atteint une bonne partie de l’Europe.
Ce qu’on a par la suite appris peu à peu par les médias, c’est que les membres du personnel qui se trouvaient sur le site dans les heures qui ont suivi l’accident pour mesurer les niveaux de radiation ont rapporté avoir vu un objet sphérique, de couleur légèrement cuivrée, orange-brun, en stationnement au-dessus du réacteur en morceaux pendant quelques secondes. Il a émis deux rayons de lumière pourpre dans sa direction. Selon des reportages récents parus dans les médias russes et ukrainiens, le niveau de radioactivité ambiant a baissé d’une manière spectaculaire, en gros des deux/tiers, entre la période précédant l’apparition de l’engin et sa disparition.
PI. Il semble manifeste, d’après ce que vous dites, que les occupants d’ovnis ne se préoccupent pas seulement de la menace que font peser les armes nucléaires, mais aussi des déchets toxiques produits par l’utilisation civile du nucléaire.
RH. C’est en effet ce qu’on peut conclure des données disponibles, oui.
PI. Ces incursions dans l’espace aérien militaire et cet intérêt pour les armes nucléaires existent-ils encore ?
RH. Ce n’est pas de l’histoire ancienne, ça se passe encore aujourd’hui. D’après une source fiable encore active de l’US Air Force – que je ne peux pas nommer pour ne pas lui créer des problèmes de carrière –, les ovnis ont continué à se manifester ces deux dernières années autour de Malmstrom Air Force Base.
Quoi qu’il en soit, nous avons des indications, fondées sur des témoignages collectés par d’autres enquêteurs et moi-même, que des incidents semblables à ceux survenus pendant la Guerre froide n’ont cessé de se produire ces dix dernières années sur les différentes bases de l’US Air Force, et également sur Bangor Submarine Base (Etat de Washington), une base de la Navy où sont stationnés des sous-marins lance-missile nucléaires ; plus précisément près du centre de stockage de missiles nucléaires, et aussi de Hood Canal, où sont amarrés les sous-marins.
PI. Peut-on conclure, à partir de ce que vous rapportez, que les êtres qui sont derrière les ovnis non seulement ne nous sont pas hostiles, mais qu’ils montrent un intérêt sincère pour le bien-être de l’humanité ?
RH. Oui. Comme je vois les choses, nous avons au moins une race d’êtres, peut-être plusieurs, venant d’autres mondes, qui suivent de près ce qui se passe sur Terre depuis le début de l’ère nucléaire. On n’a aucune preuve d’une quelconque hostilité de leur part. Un scénario plausible serait que la sollicitude dont ils font montre à notre égard est liée à nos armes de destruction massive, des armes qui sont tout à fait en mesure de mettre un terme à la civilisation humaine et compromettre la santé de l’environnement planétaire pour très, très longtemps.
Pour plus d’ information : www.ufohastings.com ; Robert Hasting : UFOs and Nukes: Extraordinary Encounters at Nuclear Weapons Sites. Author House, 2008.
1. Allen Hynek (1910-1986) était un astronome et ufologue américain. Il a été conseiller scientifique à l’US Air Force pour trois programmes relatifs aux ovnis : le Project Sign (1947-1949), le Project Grudge (1949-1952) et le Project Blue Book (1952-1969). Il a commencé ses investigations d’ovnis en tant que sceptique. Cependant, après des centaines d’investigations il en vint à réviser son opinion.
2. Tous les militaires cités ici, à une exception près, sont à la retraite (Ndlr).
Questions : Pouvez-vous confirmer que les ovnis qui planaient au-dessus des installations nucléaires, que ce soit des bases militaires ou des centrales, étaient en train de nettoyer une part de la radioactivité qui s’échappait dans l’atmosphère ?
Benjamin Creme : Non. Ils étaient simplement en mission d’observation. Ils mesuraient la force des rayonnements émis par les sites nucléaires. Quant aux mises hors circuits, elles n’étaient pas intentionnelles. De nombreux témoins rapportent, depuis des années, que leurs voitures ont calé ou que leurs phares se sont éteints quand un ovni se trouvait dans le voisinage. L’énergie de ces engins spatiaux agit sur les moteurs. C’est courant, mais cela ne dure pas.
Mais dans le cas de Tchernobyl, il y a bien eu intention délibérée d’abaisser les radiations destructrices qui se répandaient sur la Russie et l’Europe.
