Partage international no 65 – février 1994
par Thomas Banyacya
Thomas Banyacya est un Ancien de la nation hopie, de l'Arizona. En 1948, l'ensemble des chefs spirituels de son peuple tint conseil, afin de choisir quatre interprètes, chargés de délivrer leur message au monde. Il est le seul survivant de ce groupe. En octobre 1991, dans le bureau du secrétaire général des Nations unies, il remit à John Washburn une lettre, ainsi qu'une plume de prière sacrée et, le 10 décembre 1992, il fut l'un des premiers représentants des peuples indigènes à parler devant l'Assemblée générale. Depuis longtemps, il sillonne le monde, afin de faire connaître les prophéties de son peuple et ses propositions pour instaurer un avenir positif.
Voici l'essentiel du texte de son allocution.
Les chefs spirituels hopis connaissaient une vieille prophétie qui affirmait que les leaders mondiaux se réuniraient un jour, dans un grand bâtiment de mica, où ils trouveraient les moyens politiques et juridiques leur permettant de résoudre pacifiquement les problèmes planétaires. A mon grand étonnement, cette prophétie se réalise ici-même, aujourd'hui !
Je m'appelle Banyacya. Je suis du clan du Loup, du Renard et du Coyote et j'appartiens à la nation souveraine que forme le peuple hopi. Dans notre langue, «hopi» signifie le peuple pacifique, bon, doux et sincère. Les Hopis, fidèles à leur tradition, foulent le sentier spirituel que leur donna le Grand Esprit Massau'u. Ils ont fait le pacte sacré de suivre à jamais ce plan de vie, ce qui inclut, notamment dans le cadre de son dessein divin, d'accepter la responsabilité de veiller sur notre planète et sur la vie qu'elle contient. Pendant des siècles, les Hopis ont honoré ce pacte, même s'ils n'ont jamais signé de traité avec une nation étrangère, y compris les Etats-Unis. Leur but n'est pas de conquérir le pouvoir politique, d'obtenir la richesse matérielle ou la puissance militaire ; il est, au contraire, de prier, de promouvoir le bien-être de tous les êtres vivants et de préserver le monde en se conformant aux lois de la nature.
En 1948, l'ensemble des chefs spirituels et traditionnels hopis se réunit et discuta de sujets dont je sens qu'ils sont d'une importance primordiale pour les hommes. Afin de diffuser leur message, ils choisirent quatre interprètes, dont je suis aujourd'hui le seul survivant. Ils me donnèrent, à cette occasion, une plume de prière sacrée et je m'engageai alors, solennellement, à diffuser le message de paix hopi et à faire connaître les avertissements contenus dans des prophéties remontant à l'époque du déluge qui détruisit le monde précédant le nôtre et au cours de laquelle nos ancêtres vinrent s'établir sur ce territoire. J'avais également pour mission d'ouvrir les portes de cette grande maison de mica aux peuples indigènes du monde.
Lors de la réunion de 1948, les chefs hopis, âgés de 80, 90 et même de 100 ans, nous expliquèrent que le Créateur avait doté le premier monde d'un équilibre parfait où les hommes parlaient une langue commune. Mais ils se détournèrent des principes moraux et spirituels, ils utilisèrent leurs pouvoirs spirituels à des fins égoïstes et cessèrent de suivre les lois de la nature. Finalement, ce monde fut détruit par submersion, ainsi que par ce que vous appelleriez de gigantesques séismes qui fractionnèrent le monde en plusieurs parties. Ce fut une hécatombe: il y eut peu de survivants.
Cette poignée de rescapés pacifiques entra alors dans le deuxième monde, répétant les mêmes erreurs, jusqu'à ce que survint ce que vous nommez l'ère glaciaire qui ne laissa que de rares survivants. Ceux-ci immigrèrent, à leur tour, dans le troisième monde qui dura longtemps. Comme précédemment, ses habitants avaient une langue unique. Ils inventèrent toutes sortes de machines et des appareils d'une haute technologie, certains dépassant même nos possibilités actuelles. De plus, ils disposaient de pouvoirs spirituels qu'ils orientaient vers le bien. Mais peu à peu, ils se détournèrent des lois de la nature et ne recherchèrent plus que des satisfactions matérielles. Ils finirent par s'adonner au jeu et se mirent même à tourner en ridicule les principes spirituels. Nul n'ayant pu les arrêter sur cette pente fatale, il survint alors ce grand déluge dont tant de peuples conservent encore le souvenir, dans leurs traditions et dans leurs religions.
Toujours d'après les Anciens, seul un petit nombre survécut et inaugura notre monde actuel, le quatrième.
Ce monde est, à son tour, dans une situation alarmante et cela bien que le Grand Esprit nous ait donné différentes langues et nous ait dispersés aux quatre coins du globe, avec pour mission de prendre soin de la planète et de ce qu'elle contient.
Le Retour de Massau’u, le Grand Esprit
« Nous sommes, sur ce continent, » explique Thomas Banyacya, « les descendants des rares rescapés du troisième monde, venus s’installer dans le nôtre, celui qui lui succéda. A leur arrivée, le Grand Esprit Massau’u, qui est un être spirituel, les rassembla et les appela à partager cette planète, dont il assumait la responsabilité devant le Créateur. Il nous permit d’y vivre, nous la confia, mais il ne nous la donna pas.
Massau’u est un pur esprit qui peut nous apparaître sous n’importe quelle forme, que ce soit celle d’un homme, d’un animal ou d’un oiseau. Il nous surveille continuellement, même si nous ne le voyons pas. Lorsqu’il nous accueillit, il était sous la forme d’un être humain qui nous donna tous les enseignements spirituels qui sont les nôtres aujourd’hui, inscrits sur des tablettes de pierre sacrées qu’il créa à cette occasion. Les hommes de cette époque voulurent en faire leur chef, mais il refusa : « Choisissez vos chefs dans votre groupe, leur répondit-il, et je les instruirai de manière à ce qu’ils suivent ma voie. »
Tant que nous suivrons ses instructions, nous pourrons jouir d’une longue vie. Il ajouta : « Je vous laisse libres. Si vous souillez cette Terre, purifiez-la et alors je reviendrai. » Puis il disparut. S’il n’est pas encore revenu, c’est parce qu’il attend que nous réparions le gâchis que nous avons fait. Nous avons maintenant le choix, soit de nous détruire, soit de nous purifier, nous et notre environnement. Alors, il reviendra et accueillera près de lui tous ceux qui pourront lui prouver qu’ils ont suivi ses instructions à la lettre. Il nous instruira alors à nouveau, et la vie se poursuivra pour toujours. »
La crécelle de cérémonie hopie représente la Terre-Mère ; la ligne qui l'entoure symbolise le temps et indique que nous sommes aux derniers jours de la prophétie. Qu'avez-vous fait, vous, en tant qu'individus, nations et humanité dans son ensemble, de cette Terre qui vous a été confiée ? Aujourd'hui, la pollution est telle qu'elle empoisonne l'eau, l'air, et même nos aliments. Beaucoup d'entre nous ont faim, y compris des enfants. On se bat encore un peu partout sur la planète ; la cupidité et le matérialisme sont des maux communs.
Aujourd'hui nous sommes à l'heure du choix pour notre futur. Car nous avons le choix: si vous, nations de cette Terre, entrez une nouvelle fois en guerre, nos Anciens affirment qu'elle réduira l'humanité en cendres. C'est pourquoi ils demandent avec tant d'insistance que l'on ouvre toutes grandes et dès que possible, les portes de l'ONU aux chefs spirituels des peuples indigènes afin qu'ils soient entendus.
Car la voix de la nature n'est pas facile à comprendre ; pas plus que celle des animaux et des oiseaux que nous menaçons d'extinction. Qui donc, en ce monde, peut se faire le porte-parole de la nature et de l'énergie créatrice qui s'écoule dans toutes les formes de vie ? Sur chaque continent, il existe des êtres humains, semblables à vous, qui vivent encore en harmonie avec leur terre et la nature. C'est donc à travers leur voix que la nature peut s'adresser à vous. Aujourd'hui, vous les avez entendues, ces voix venues de tous les coins de la planète, vous délivrer de nombreux messages. L'étude des religions comparées m'a convaincu que vos nations et vos cultures connaissent, elles aussi, les conséquences qui découlent immanquablement d'une mode de vie ne respectant ni la nature ni l'esprit.
La nature, les premiers peuples et l'esprit de nos ancêtres vous donnent de sérieux avertissements. Aujourd'hui, vous voyez les inondations se multiplier et gagner en puissance, les ouragans devenir toujours plus destructeurs, des orages de grêle, des bouleversements climatiques et des tremblements de terre : tout cela est conforme à ce qu'annonçaient nos prophéties. Même les animaux et les oiseaux nous préviennent, par l'étrange modification de leur comportement, comme, par exemple, l'échouage des baleines. Pourquoi les animaux agissent-ils comme s'ils connaissaient les problèmes de la Terre, alors que la plupart des hommes se conduisent comme des ignorants ? Si ces avertissements ne suffisent pas à nous réveiller, la grande purification viendra détruire ce monde, comme ce fut le cas des précédents.
(Thomas, aidé d'un autre orateur indigène, montra la reproduction d'un dessin représentant un grand rocher du territoire hopi.) Ce dessin illustre une partie de la prophétie hopie. Il montre deux sentiers. Le premier est celui de la haute technologie ; ce sentier est séparé de la loi naturelle et spirituelle, et il conduit à ces lignes brisées figurant le chaos. Le second, le sentier inférieur, est celui qui reste en harmonie avec la loi naturelle. Ici, nous avons une ligne qui symbolise un choix ; tel un pont, elle relie les deux sentiers. Si nous revenons à l'harmonie spirituelle et vivons selon nos cœurs, nous pouvons faire de ce monde un paradis. Si nous continuons sur le sentier supérieur, nous serons détruits. Il ne tient qu'à nous, enfants de la Terre-Mère, de tout remettre en ordre avant qu'il ne soit trop tard.
J'espère que tous les membres de cette assemblée, qui connaissent quelque peu la voie spirituelle, ne se contenteront pas d'en parler; mais, qu'afin d'assurer la paix et l'harmonie, ils mettront en pratique cette formule, inscrite sur les murs des Nations-unies : « Ils transformeront leurs épées en socs de charrue et cesseront de préparer la guerre. » Faisons cela ensemble dès maintenant !
(Traduction partielle)
Etats-Unis
Auteur : Thomas Banyacya, Ancien de la nation Hopi, de l’Arizona.
Thématiques : peuples et traditions, sagesse éternelle
Rubrique : Signes des temps (Certains des « signes d’espoir » et des « signes des temps » que nous présentons ici n’ont pas été confirmés par le Maître de Benjamin Creme. Nous les soumettons à votre seule considération car nous ne sommes pas en mesure de vérifier leur nature « miraculeuse »)
