Les Nations unies cherchent à accélérer la réalisation des Objectifs du millénaire

Partage international no 197février 2005

Dans un rapport sur les Objectifs du millénaire, Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, affirme que les pays en voie de développement ont réalisé des progrès significatifs dans la réduction de l’extrême pauvreté, de la faim et des maladies. En même temps, il attire l’attention sur le fait que les progrès ont été les plus lents dans les 50 pays les moins développés, dont 34 se trouvent en Afrique sub-saharienne, ceux où l’on retrouve les plus
pauvres d’entre les pauvres.

L’année 2005 sera critique pour l’Afrique car « vaincre la pauvreté humaine nécessitera des efforts à une échelle sans précédent ». Les Objectifs du millénaire ont été approuvés en septembre 2000, à l’occasion d’un sommet entre les dirigeants mondiaux. Ils établissent des objectifs de progrès dans huit domaines : la pauvreté et la faim, l’éducation primaire, la condition de la femme, la mortalité infantile, la santé des mères, les maladies, l’environnement et une coopération globale en faveur du développement. L’année 2015 constitue le délai fixé pour la réalisation de ces objectifs, notamment la réduction de 50 % de la pauvreté et de la faim.

Pour Kofi Annan, la bonne nouvelle c’est que le nombre de personnes vivant dans une pauvreté extrême a été réduit de plus de 200 millions dans l’Est, le Sud-Est et le Sud de l’Asie ; de même les pays d’Afrique du Nord font également des progrès pour atteindre l’objectif d’une réduction de moitié de l’extrême pauvreté. Les taux d’inscription dans les écoles primaires dépassent 90 % en Amérique latine, dans les Caraïbes, dans la plupart
des pays d’Asie, d’Afrique du Nord ainsi que dans l’Union des Etats indépendants (l’ex Union soviétique) ; tous ces pays s’approchent ainsi des objectifs de scolarisation prévus pour 2015.

D’après Kofi Annan, ces informations s’accompagnent également de mauvaises nouvelles à savoir que dans les pays les moins développés, il n’y a pas de progrès significatif et parfois même des régressions. A titre d’exemple, le nombre de nouvelles infections au virus du sida s’accroît d’année en années, ce qui soulève d’énormes inquiétudes quant aux possibilités de développement de ces régions où résidents plusieurs centaines de millions de personnes. Dans son rapport, Kofi Annan ajoute : « Les Objectifs du millénaire restent réalisables même dans les pays les plus pauvres, mais les échéances critiques se rapprochent et les politiciens s’intéressent très peu à cette question. »

Eveline Herfkens, coordinatrice pour la campagne des Objectifs du millénaire, affirme que bien que le pessimisme soit croissant, les huit objectifs restent réalisables. Elle admet cependant que bien que l’on observe des progrès, ceux-ci ne semblent pas significatifs et que la situation en Afrique sub-saharienne et dans les pays les moins développés est inquiétante.

Cependant, selon elle, même en Afrique, des pays tels que le Rwanda et le Malawi ont atteint les objectifs en matière d’éducation et envoient tous leurs enfants à l’école. La Tanzanie est en voie d’atteindre ses objectifs en matière d’eau, l’Ouganda et le Sénégal ont été capables de freiner la pandémie du sida et le Mozambique est proche d’atteindre ses objectifs en matière de mortalité infantile. « Le fait que même certains des pays les plus pauvres de l’Afrique sub-saharienne soient en voie d’atteindre certains de leurs objectifs me porte à croire que ceux-ci sont réalisables dans tous les pays de l’Afrique sub-saharienne, ainsi que dans les pays les moins développés. »

Elle invite les organisations non gouvernementales à maintenir la pression sur les hommes politiques et les parlementaires de leur propre pays. « Nous avons besoin de volonté politique, affirme-t-elle, les parlements tiennent les cordons de la bourse et élaborent la législation nationale ; c’est là que la volonté politique peut et doit-être générée. »

Eveline Herfkens ajoute que les Nations unies offrent une plate-forme aux gouvernements qui peuvent venir y faire des promesses, mais que le monde ne pourra s’améliorer que si celles-ci sont tenues. « Le véritable problème est que les représentants des gouvernements viennent aux Nations unies pour y faire de beaux discours et y lancer des promesses, et ensuite retournent à leurs préoccupations ordinaires. »

C’est ce qui s’est passé avec la promesse faite par les responsables politiques de consacrer 0,7 % de leur PNB à l’aide au développement : sur les 24 pays donateurs, seuls la Suède, le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas et le Luxembourg ont atteint ou dépassé l’objectif de 0,7 %. Il en va de même pour les déclarations faites, il y a quatre ans, au sujet des Objectifs du millénaire. « Lorsque les présidents et les premiers ministres sont retournés chez eux après le Sommet du millénaire, combien de gouvernements se sont réunis pour étudier comment ils allaient réaliser les promesses faites aux Nations unies ? »


Sources : Inter Press Service
Thématiques : Société, environnement, politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)