Partage international no 3 – novembre 1988
Ceux qui prennent au sérieux l’information concernant la présence de Maitreya restent le plus souvent perplexes devant le refus des journalistes d’assurer une couverture médiatique plus large à cet événement étonnant. Le silence relatif de la part des médias amène en effet à se poser la question suivante : n’existe-t-il aucun journaliste ouvert à cette idée ? S’il en existe, pourquoi n’enquêtent-ils pas ? Pourquoi n’écrivent-ils aucun article sur ce sujet ?
A première vue, cette réticence des médias semble ne pas être réellement fondée. Les journalistes ne sont-ils pas constamment tenus au courant des plus récentes informations ? Ils ont eu ainsi la possibilité d’avoir connaissance des espérances et des prédictions de Maitreya, publiées dans Share International ces derniers mois. Grâce à un communiqué de presse qui leur avait été adressé personnellement, les représentants des médias étaient donc informés que, selon Maitreya, et en dépit de tous les signes contraires, une trêve entre l’Iran et l’Irak allait être signée.
Lorsqu’une prédiction s’avère exacte, et ce fut ici le cas, il semblerait logique que se manifeste un intérêt concernant la provenance de l’information. Selon le Maître de Benjamin Creme, cet intérêt s’est d’ailleurs manifesté dans une certaine mesure, puisqu’un certain nombre de journalistes ont lu les différents communiqués de presse avec la plus grande attention. Qui plus est, après les avoir rangés dans un tiroir de leur bureau, ils les relisent avec fascination dès qu’un événement mondial leur rappelle l’exactitude de ces communiqués.
Il serait donc surtout judicieux de se demander pourquoi ces journalistes restent inactifs face à de telles informations. La réponse est que le climat psychologique entourant ce genre de sujets au sein des rédactions laisse peu de place à des réactions autres que cyniques ou ironiques. De nombreux journalistes ont pris l’habitude de toujours s’attendre au pire. Cette attitude est considérée comme empreinte de « réalisme » et de « sens critique », et on la retrouve dans pratiquement tous les commentaires analysant la situation mondiale.
De telles analyses, portant sur les multiples événements positifs qui se déroulent actuellement dans le monde entier, ont été publiées en grand nombre récemment. Authentiques quant au contenu des événements, elles ont tendance à conclure par l’avertissement que les choses vont sans aucun doute bientôt se détériorer ; que les discussions qui se poursuivent actuellement avec succès vont néanmoins capoter ; que la paix qui semble à portée de main est en fait improbable. Personne ne prend l’auteur de l’article à partie si de telles assertions sont ensuite démenties par les événements. Par contre, une prédiction prématurément optimiste fait perdre inévitablement la face à l’auteur de l’article en question. Ses collègues estiment qu’il doit alors confesser son manque de « réalisme » et de « sens critique ».
Cette mentalité prévalant jusque dans les domaines politiques et économiques constitués de faits et de chiffres, on imagine les terribles conséquences que peuvent avoir des histoires que les médias considèrent comme ne tenant pas debout » — ce qu’est justement la réapparition du Christ pour beaucoup de personnes. C’est la raison pour laquelle les journalistes enclins à prendre cette histoire au sérieux — et il y en a — n’osent la plupart du temps pas l’admettre publiquement. Ils y perdraient certainement leur réputation, et seraient rejetés par leurs collègues. Ils préfèrent donc garder le silence et attendre la suite des événements.
Les journalistes ont bien entendu pleinement conscience des sujets qui plaisent à leur rédacteur en chef, et de ceux qui leur déplaisent. Ces rédacteurs, à leur tour, savent précisément quels sujets les propriétaires du journal trouveront impopulaires — ce qui est souvent le cas des articles concernant des projets de réforme politique, économique ou sociale. Imaginez donc la défiance que les journalistes auraient à surmonter s’ils étaient disposés à donner à l’information concernant la présence de Maitreya une chance réelle d’atteindre le public.
Qu’il soit difficile d’échapper à ces lois non écrites est évident si l’on se réfère à l’expérience d’un journaliste qui travaillait, il y a plusieurs années, pour un hebdomadaire manifestant un grand intérêt pour les histoires à sensation. Lors d’une conférence de rédaction, il proposa de « mettre sous la loupe le groupe entourant Creme, afin de savoir où se trouvait la faille et, avant tout, où allait l’argent ». Il s’attendait à trouver « un esprit mercantile, une affaire lucrative ou un groupe d’idiots ». A son propre étonnement, sa rencontre avec Benjamin Creme eu pour conséquence un certain nombre d’expériences positives et il en conclut que l’histoire était cohérente — ce qu’il eut le courage de dire à ses rédacteurs. Ainsi qu’il était prévisible, leurs réactions furent négatives. L’article fut néanmoins publié, accompagné du désaveu suivant : « La rédaction tient à déclarer qu’elle considère tant le sujet de l’article que l’histoire présentée comme complètement ridicules. Nous avons toutefois décidé de publier cet article : nous estimons qu’il s’agit d’un avertissement destiné à montrer que, dans cette époque troublée, même les personnes les plus intelligentes peuvent tomber dans un délire mystique ».
Cette histoire véridique fera peut-être mieux comprendre le genre de résistance que les journalistes ont à surmonter, et éclaire la réaction des médias jusqu’à maintenant. Elle fait comprendre pourquoi les médias manifestent si peu d’intérêt devant un événement aussi étonnant que l’apparition d’un homme en plein jour à Nairobi devant des milliers de personnes qui, immédiatement, le reconnaissent comme ‘Jésus-Christ’ (cf. Partage International vol. 1, n° 1, septembre 1988). Elle fait comprendre pourquoi les croix lumineuses qui sont soudain apparues dans au moins une douzaine de maisons de Los Angeles n’ont fait l’objet d’aucun commentaire dans les médias aux États-Unis (sans mentionner les médias internationaux), et pourquoi certains journalistes américains, qui n’ont même pas pris la peine d’aller constater sur place, ont qualifié ces croix de lumière « d’absurdités ». Elle fait comprendre pourquoi les gens préfèrent ne pas se compromettre avec nos communiqués de presse rapportant les prédictions de Maitreya, même si ces derniers contiennent des affirmations qui, bien que défiant la raison au-delà de toute attente, se révèlent en fait exactes peu de temps après.
Nous irons peut-être à l’encontre des pratiques journalistiques brossées ici en finissant cet article sur une note optimiste, mais peu importe : les médias ne pourront pas continuer à ignorer plus longtemps ni le discernement qui va croissant, ni le processus de paix et de coopération qui est en train de gagner du terrain. Puisque, de Son côté, Maitreya continue à Se manifester de plus en plus ouvertement, il est inévitable que les principaux moyens de communication soient contraints, dans un futur proche, à abandonner leur attitude de réserve et de scepticisme. Les journalistes qui ne perçoivent pas encore qu’ils peuvent manifester leur intérêt propre, ainsi qu’un certain nombre d’autres, qui ont été personnellement entraînés par Maitreya en vue des événements à venir, auront alors toute liberté de s’exprimer. Cette nouvelle attitude préparera finalement le terrain pour le Jour de la Déclaration.
