Partage international no 363 – novembre 2018
Winston Churchill a confié un jour qu’il était optimiste parce qu’il était illogique d’être autre chose. Il semblerait que la jeune génération du monde soit d’accord avec lui, malgré la menace du changement climatique, le fossé grandissant entre les personnes vivant dans l’opulence et la pauvreté, et l’imprévisibilité des affaires du monde.
En septembre 2018, l’institut Ipsos a publié un nouveau sondage pour la Fondation Bill & Melinda Gates, concluant que les jeunes sont plus optimistes face à l’avenir que les générations précédentes. Etonnamment, l’étude a également conclu que les jeunes des pays en développement sont plus optimistes que ceux des pays développés.
Entre le 9 juillet et le 22 août 2018, environ 40 000 jeunes de 12 à 24 ans ont été sondés dans 15 pays différents. Ils forment deux sous-groupes : les jeunes 12-15 ans dans la majorité des pays, plus rarement 12-17 ans ; et les jeunes adultes (16-24 ans ou 18-24 ans).
L’étude a conclu que les jeunes croient plus que les adultes en un avenir meilleur pour eux-mêmes et pour le monde ; en d’autres termes, ils croient que leur avenir sera meilleur que leur présent. Il n’est pas forcément surprenant que les jeunes soient optimistes, mais les résultats révèlent que les jeunes des pays à revenus faibles ou intermédiaires – en particulier l’Inde, le Nigéria, le Kenya, le Brésil et le Mexique – sont plus optimistes que ceux des pays riches. Leur optimisme dérive en partie du fait que la moitié de ces jeunes pensent qu’à l’avenir, ils pourront participer à la gouvernance de leur pays. Cela montre que ceux qui sont optimistes pour l’avenir sont ceux qui veulent contribuer à l’avènement d’un monde meilleur.
Le sondage a également montré que 63 % des jeunes adultes et des jeunes des pays à revenus faibles ou intermédiaires pensent que leur génération aura des effets plus positifs sur le monde que celle de leurs parents. Ils n’étaient que 39 % à être de cet avis dans les pays riches.
Une autre différence se révèle dans la priorité à donner aux objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies. Dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires, 41 % des personnes interrogées souhaitaient donner la priorité à l’amélioration de l’éducation (contre 21 % dans les pays à revenus élevés), tandis que 24 % des personnes interrogées originaires de pays riches ont jugé plus important de se concentrer sur le changement climatique (contre seulement 9 % dans les pays aux revenus faibles et intermédiaires).
Deux conclusions sont à retenir : premièrement, les jeunes des pays à revenus faibles ou intermédiaires sont plus optimistes face à l’avenir que leurs homologues des pays riches. Deuxièmement, les jeunes femmes des pays à revenus faibles et intermédiaires considèrent que la vie va s’améliorer pour les femmes au cours des 15 prochaines années.
[https://www.ipsos.com/en-us/news-polls/Gates goalkeepers-youth-optimism]
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