Partage international no 199 – mars 2005
Un soldat israélien jugé pour le meurtre de Briton Tom Hurndall, en avril 2003, dans la bande de Gaza, a admis qu’il a menti sur les circonstances des coups de feu – mais il a affirmé qu’il avait l’ordre de tirer, même sur des gens désarmés.
Tom Hurndall était à la limite de Rafah, essayant d’abriter des enfants palestiniens terrorisés par les tirs de l’armée israélienne, lorsqu’il a été atteint à la tête par le sergent Idier Wahid Taysir, et est mort de ses blessures. W. Taysir a d’abord affirmé aux enquêteurs de l’armée qu’il avait tiré sur T. Hurndall car celui-ci était au bord de la zone de sécurité, portait un fusil et une veste de camouflage. Il a ensuite avoué à la cour que T. Hurndall n’était pas entré dans la zone fermée, était non armé, et portait une veste orange clair.
Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il avait tiré sur T. Hurdall, W. Taysir répondit : « Auparavant, j’ai déjà tiré sans autorisation. Tout s’est produit sous la pression et était le résultat de la peur. Ils nous demandent toujours de tirer et que nous y sommes autorisés. Toutes les troupes [à Rafah] tirent sans autorisation sur quiconque traverse la ligne rouge. »
La mère de T. Hurndall, a bien accueilli les aveux du sergent Taysir, et dit que cela confirmait le fait qu’il n’exécutait que la politique de l’armée israélienne qui permet le tir sur des civils non armés : « Nous restons extrêmement préoccupés par le climat dans lequel le soldat vivait. Il suivait des ordres, appliquait ce qui lui était demandé, comme aux autres soldats. »
Les Israéliens croient avec fierté que leur armée est « la plus morale du monde ». Mais les aveux du sergent Tayir sont intervenus le même mois que celui où la confiance du public israélien dans son armée a été ébranlée par la diffusion d’un enregistrement audio du meurtre manifeste d’une Palestinienne de 13 ans, Imam Al-Hams, égarée dans la zone de sécurité de Rafah. Bien que son corps soit manifestement inerte, il était toujours criblé de balles par un officier israélien, qui n’a été accusé que d’une erreur mineure.
Maintenant, les mères israéliennes demandent à leurs soldats de ne plus perpétrer de tels actes. Le groupe de paix israélien, l’institut Arik, fait paraître des encarts dans les journaux exhortant les « patriotes juifs d’ouvrir les yeux et de regarder autour d’eux » les souffrances des palestiniens. B’Tselem, groupe israélien militant pour les droits de l’homme, a critiqué « le climat d’impunité » qui règne au sein de l’armée, citant 1 656 Palestiniens non combattants, dont 529 enfants, tués par l’armée pendant l’intifada, mais un seul soldat accusé de la mort d’un Palestinien non combattant.
Israël
Sources : The Gardian, Grande-Bretagne
Thématiques : Société, politique
Rubrique : Regard sur le monde (Dans cette rubrique, Partage international met en lumière certains problèmes urgents qui nécessitent une nouvelle approche et des solutions durables.)
