Combattre la criminalité avec... des arbres
Partage international no 376 – décembre 2019
Diverses études ont montré que planter des arbres dans les villes pouvait avoir de nombreux effets bénéfiques. Une équipe dirigée par le Dr David Nowak du Service des forêts du Département de l’agriculture des Etats-Unis (USDA) a calculé par exemple combien d’économies généraient les arbres dans les grandes villes. Pour chaque dollar investi dans la plantation, les villes enregistrent un retour sur investissement moyen de 2,25 dollars par an. Chaque kilomètre carré de couvert arboré permet d’économiser environ 967 000 dollars par an en réduisant la pollution de l’air, les coûts des soins de santé, et les coûts liés au chauffage et à la climatisation des bâtiments.
D’autres effets bénéfiques associés à la présence d’arbres dans les villes incluent un impact positif sur la santé mentale et la diminution de la criminalité.
En 2019, une étude majeure menée sur près d’un million de Danois a montré que les enfants qui grandissent là où il y a le moins d’espaces verts courent jusqu’à 55 % plus de risques de troubles psychiatriques plus tard dans la vie. Leurs conclusions confirment que l’intégration des environnements naturels dans la planification urbaine est une approche prometteuse pour améliorer la santé mentale et réduire le fardeau croissant des troubles psychiatriques dans le monde.
La criminalité diminue avec la végétation
En 2001, des chercheurs en environnement de l’Université de l’Illinois ont publié une étude sur les taux de criminalité dans la cité dortoir Wells à Chicago. Cette étude a examiné des rapports de police pour établir une relation entre la végétation et la criminalité dans un quartier défavorisé. Les résidents vivant dans un environnement « plus vert » font état d’un niveau d’anxiété plus faible, de moins d’incivilités et de moins de comportements agressifs et violents. Plus l’environnement d’un bâtiment était vert, moins il y avait de crimes. En outre, cette tendance s’applique tant aux crimes violents qu’aux atteintes aux biens.
Certaines villes commencent à explorer la question du verdissement urbain afin d’améliorer la sécurité des résidents, en particulier dans les zones sinistrées et à faible revenu.
En 2018, les chercheurs ont étudié les effets de l’aménagement peu coûteux des terrains urbains vacants à Philadelphie. Les résidents qui habitent à proximité de terrains vagues récemment végétalisés, d’allées verdoyantes ou de logements sociaux entourés d’arbres signalent un sentiment de sécurité personnelle accru. D’autres analyses lient les espaces verts urbains, les arbres des rues et la végétation à des niveaux de violence et de criminalité inférieurs. L’étude conclut que l’écologisation d’une zone est beaucoup plus efficace pour un coût moindre que la prévention conventionnelle de la criminalité, comme engager plus de policiers et incarcérer des personnes.
Les chercheurs ont relevé une tendance similaire à Cincinnati, où l’agrile du frêne, un coléoptère envahissant, a obligé les autorités à enlever 646 frênes morts ou mourants entre 2007 et 2014. Les statistiques policières de la ville ont montré que la perte des arbres était associée à une augmentation des atteintes aux biens, des agressions et des crimes violents.
Des villes comme La Nouvelle-Orléans, Camden, Jersey City et Flint tentent également de mesurer la façon dont le verdissement urbain peut les rendre plus sûres.
Qu’est-ce qui fait que les arbres dissuadent la délinquance ?
Les chercheurs ont tenté d’expliquer comment les arbres réduiraient la criminalité. Certains avancent que les arbres pourraient signaler que la zone est bien entretenue, du même ordre que la théorie des « fenêtres brisées », qui suggère que le désordre invite au crime. Certains proposent que les espaces verts rendent les lieux attrayants et peuvent mener à une surveillance informelle ou à un voisinage vigilant. D’autres suggèrent que la végétation favorise la confiance au sein d’une communauté.
Des études soulignent l’effet calmant de la végétation. Au Japon, il a été établi que le fait de pénétrer dans l’atmosphère d’une forêt de feuillus (les résineux ont un effet tonifiant) Shinrin-yoku, littéralement le bain de forêt, diminue le pouls des sujets et le cortisol salivaire, qui est un indicateur du niveau de stress.
Pour obtenir une explication plus profonde de ce phénomène, se référer au livre : Enseignements de Maitreya : Les lois de la vie.
Sources : motherjones.com ; theconversation.com
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
