Les enfants sont touchés par une pandémie chimique généralisée et silencieuse

Partage international no 308avril 2014

par Andrea Germanos

Des produits chimiques comme certains pesticides et solvants seraient à l’origine d’un nombre croissant de cas de désordres neuro-développementaux chez les enfants, comme l’autisme ou les troubles d’hyperactivité et de déficit d’attention.

Cette découverte, publiée en février 2014 dans Lancet Neurology, est présentée dans une étude réalisée par Philippe Grandjean, professeur adjoint de santé environnementale à l’Ecole de Santé publique de Harvard et Philip Landrigan, doyen pour la « Santé mondiale » à Mount Sinai (Etats-Unis).

« Le plus préoccupant, c’est le grand nombre d’enfants touchés par des troubles de développement du cerveau causés par des produits toxiques en l’absence de tout diagnostic formel. Ils souffrent de troubles de l’attention, de retards dans leur développement et ont de mauvais résultats scolaires. Des produits chimiques industriels pourraient en être la cause », déclare P. Grandjean.

Cette nouvelle étude fait suite à celle de 2006 réalisée par les mêmes auteurs, dans laquelle ils avaient passé en revue des études cliniques et épidémiologiques et identifié cinq produits chimiques industriels qui seraient à l’origine de troubles neuro-développementaux : le plomb, le méthylmercure, les biphényles polychlorés, l’arsenic et le toluène.

Dans leur dernière étude, P. Grandjean et P. Landrigan mettent à jour leur liste avec six nouveaux produits chimiques toxiques pouvant causer des troubles neuro-développementaux : le manganèse, le fluorure, le chlorpyrifos et les DDT (pesticides), le tétrachloroéthylène (un solvant) et les éthers diphényliques polybromés (souvent utilisés en tant que retardateurs de flamme).

Selon les auteurs, le manganèse est associé à la dégradation des fonctions intellectuelles et aux troubles moteurs, et les solvants sont associés à l’hyperactivité et aux comportements agressifs.

« La présomption que les nouveaux produits chimiques et les nouvelles technologies sont inoffensifs jusqu’à preuve du contraire représente un problème fondamental, écrivent les auteurs, ajoutant : Les contrôles volontaires ne sont pas significatifs. »

Afin de faire face à cette « pandémie généralisée et silencieuse », les auteurs soulignent l’urgence de mettre en place une stratégie internationale qui évaluerait exhaustivement la dangerosité des nouveaux produits chimiques avant de les mettre sur le marché. Ils ajoutent que les produits chimiques industriels et pesticides présents sur le marché devraient être testés.

« C’est un problème d’envergure internationale et sa résolution doit donc s’effectuer à ce niveau, explique P. Grandjean. Les méthodes pour tester les produits chimiques industriels existent et permettent de vérifier si ces produits ont des effets néfastes sur le développement du cerveau des enfants. Le moment de rendre ces tests obligatoires est maintenant arrivé. »

Auteur : Andrea Germanos, journaliste à Common Dream.
Sources : commondreams.org
Thématiques : Sciences et santé, environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)