Partage international no 386 – octobre 2020
par Aart Jurriaanse
Aart Jurriaanse (1907-2002) était un auteur dont les sujets de prédilections portaient sur l’ésotérisme, la spiritualité, l’occultisme et la religion. Il a autorisé Partage international à publier ses articles, initialement parus dans l’ouvrage Bridges (Ponts, non traduit). Source d’inspiration autant que d’information, ils présentent une perspective qui s’étire des anciennes archives des Maîtres à notre temps. Se référer aux numéros d’octobre 2019 et suivant de Partage international pour les articles de Aart Jurriaanse sur le disciple et ses qualités requises. De toute évidence, ces qualités sont souhaitables et importantes pour tous.
Le courage
Le disciple qui s’avance sur le Sentier se doit de cultiver une capacité à cheminer seul, ce qui exige un certain courage. Il lui faudra aller constamment à l’encontre de l’opinion de ceux qui l’entourent – relations, amis, compagnons, ceux avec qui il se trouve en rapport au niveau religieux, et l’opinion publique en général. Cela exigera souvent du courage, mais le disciple devra apprendre à faire les choses comme il l’entend, suivant sa conviction profonde ; et peu importe s’il s’oppose à l’opinion de ceux qui lui sont chers, ou aux autorités communément acceptées. Le disciple doit apprendre à parvenir à ses propres conclusions par l’étude et la méditation qui visent la communion spirituelle avec l’âme et l’illumination.
C’est là que beaucoup déçoivent – ils n’ont pas le courage de suivre strictement les ordres de la Voix intérieure et manquent du courage nécessaire pour parler franchement et affirmer ce que l’âme les pousse à exprimer. La seule solution pour le disciple sincère, consiste à s’accepter comme il est, au moment présent, dans la situation qui prévaut, et avec l’équipement dont il dispose ; puis, à soumettre aux nécessités de l’heure sa propre personne, ses affaires et son temps, et à servir en obéissance à son âme.
La persévérance
Pour atteindre son objectif, le disciple devra faire preuve d’une force de persévérance implacable, qui ne se soucie guère du temps ni des obstacles. C’est cette capacité à soutenir l’effort qui élève souvent le travailleur discret au-dessus de ses co-disciples les plus brillants, qui peuvent retenir davantage l’attention du public, mais sont incapables de s’en tenir à une dure progression sur la voie indiquée.
Souvenez-vous toujours qu’aucun échec n’interdit définitivement le succès, et que c’est grâce à la persistance ferme et déterminée que les difficultés seront surmontées et que l’âme s’affermira. La clé du succès réside dans la persévérance impersonnelle et impavide dans l’accomplissement de la tâche définie.
La force d’âme du disciple se détermine avant tout par le courage et la persévérance de celui-ci – son pouvoir d’endurance, de tenir bon résolument, de rester ferme, puis d’avancer sans détour vers son objectif.
Dans la vie de tous les disciples, il survient immanquablement des périodes d’obscurité, où s’affaiblit temporairement la force de son contact, où il ne reste plus qu’à supporter sans se plaindre, et à persévérer avec fidélité dans son travail, quelques soient ses inclinations, et l’étendue de son agitation intérieure. S’il suit cette méthode, et pour peu que ses efforts soient soutenus par une sollicitude aimante envers autrui, le disciple verra finalement ses difficultés surmontées, et rien ne pourra plus l’arrêter.
Le partage et le don
Tout disciple devrait apprendre à donner. En suivant le sentier du développement spirituel, l’aspirant se préoccupe encore trop souvent de ce qu’il peut s’attendre à obtenir, au lieu de s’intéresser aux opportunités de service que lui offriront le partage et le don de tout ce qu’il possède.
Le retournement de la tendance égoïste de l’homme constitue l’un des premiers signes de l’éveil de l’âme. Cela se manifeste par un sens des responsabilités accru envers les autres ; à certains égards, le disciple se pose comme le gardien de son frère, car il prend conscience du fait que son progrès, sa satisfaction, la paix de son esprit, et même sa prospérité, sont étroitement liés à ceux de son frère. Ce sentiment de cohésion ne se limite pas aux individus, mais se manifeste de plus en plus parmi les groupes, les organisations et même les nations, où divers mouvements émergent, ayant pour seul objectif d’améliorer le bien-être de l’homme. En outre, les individus, les groupes et même les nations, ont un sentiment de plus en plus précis de la notion de fraternité humaine, et réalisent qu’ils devraient donner et partager ce qu’ils ont, plutôt que de tout accaparer à leur seul profit.
Il n’existe pas de plus grande grâce pour l’homme que d’être guidé par un esprit purement désintéressé et aimant, et de disposer d’une aptitude qui le presse à donner et à partager de manière altruiste tout ce que la vie a placé à sa disposition avec prodigalité. « A ceux qui donnent tout, tout sera donné ». Le profane ne peut imaginer les joies auxquelles il renonce en ne partageant pas tout avec les autres.
Toutefois, les plus grands présents que le disciple puisse partager et donner ne sont pas avant tout de nature matérielle. En effet, un cœur aimant, la loyauté et l’amitié, la compassion et la compréhension, et finalement la capacité de servir l’humanité avec un esprit enrichi par l’étude, le service et le contact spirituel – c’est-à-dire un partage spirituel – sont des qualités d’une valeur bien plus grande.
L’innocuité
Pour déjouer les forces du mal, la première étape consiste à les affronter avec une attitude d’« innocuité ». Lorsque les pensées, les paroles et les actions quotidiennes sont positives, et basées sur l’amour et la bonne volonté, le mal ne peut en aucun cas parvenir à s’insinuer dans le mental, et tout ne peut être que constructif et inoffensif. Aussi faut-il bien comprendre que la personnalité tendra davantage à l’harmonie si l’innocuité, bien plus que toute autre forme de discipline, devient l’attitude dominante de la vie.
La vie de l’homme vivant consciemment en tant qu’âme, se caractérise par son innocuité. L’innocuité est une des forces les plus puissantes du monde d’aujourd’hui, qui se caractérise dans la vie quotidienne par le juste motif, la bonne volonté, la discrimination dans les jugements, la réserve en paroles, la capacité de refréner les actions impulsives, ainsi que l’expression d’un esprit dépourvu de critique. L’innocuité permettra aux forces de l’amour véritable et aux énergies spirituelles qui donnent vie à la personnalité, de jouer leur rôle, et donnera naissance à l’action juste et à la bienveillance dans les relations humaines.
L’innocuité dont il s’agit, ne se réfère nullement à cet aspect sentimental, négatif, issu d’un tempérament aimant mais empreint de faiblesse, qui refuse l’action, de peur des complications qui pourraient bouleverser l’harmonie existante et entraîner quelque inconfort. Au contraire, il s’agit de l’innocuité émanant d’une personnalité imprégnée par l’âme, et de la véritable compréhension des problèmes de son prochain qui en découle. Il s’agit d’une disposition d’esprit, qui peut même conduire à l’action énergique, si celle-ci se justifie. En effet, l’innocuité fait référence aux motivations et garantit que toute action se trouve motivée par la bonne volonté ; les actions ou les paroles, mêmes empreintes d’innocuité, peuvent parfois provoquer des réactions désagréables, mais si la démarche mentale sous-jacente est issue de l’innocuité et de la bonne volonté, la suite ne peut que se montrer positive. En observant l’innocuité, le disciple n’attirera que des forces bénéfiques, utilisables au profit des autres, qui en ont besoin. Il est également possible d’utiliser ces forces positives pour la neutralisation de toutes les expressions du mal.
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Divers ()
