Les agroglyphes et le mystère de leur création

Partage international no 208décembre 2005

par Adam Parsons

Depuis que l’attention du public a été attirée par les mystérieux cercles apparus dans les champs de céréales dans les années 1980, plus de 10 000 pictogrammes, dénommés « crop circles » ou « agroglyphes », ont été découverts, un peu partout à travers le monde. Des centaines apparaissent chaque année, plus particulièrement dans la région du Wiltshire au sud de l’Angleterre, pendant les nuits d’été, et ils sont souvent si complexes qu’ils intriguent même les professeurs de mathématiques. Ils expriment des lois géométriques précises et sont souvent accompagnés d’étranges phénomènes paranormaux.

Le gouvernement britannique les a officiellement dénoncés comme des supercheries, de nombreux documentaires et journaux les ont dénigrés, mais des milliers de visiteurs continuent à parcourir chaque année dans le Wiltshire pour constater par eux-mêmes ce phénomène particulier.

Le long de la route A 345, après le rond-point de Beckhampton et le Wagon and Horses pub, se trouve le Silent Circle Cafe. Pour ceux qui visitent le Wiltshire chaque été, c’est un arrêt obligatoire sur la route des agroglyphes. Dès que les portes s’ouvrent dans la fraîcheur piquante du petit matin, on peut voir des passionnés de crop circles, venus d’aussi loin que la Nouvelle-Zélande, le Danemark ou les Etats-Unis, perchés sur des minibus de location, de grandes cartes d’état major et des thermos de café à la main. Ce jour particulier de l’été 2005, j’en faisais partie.

Vers 10 h, le café était rempli de gens portant des bonnets et des chaussures de marche, en train de boire des tasses de thé, avant le premier départ pour la chasse aux agroglyphes.

Sur une grande carte affichée au mur on pouvait voir des épingles marquant l’emplacement d’au moins vingt agroglyphes situés dans les champs voisins et de dizaines d’autres plus loin dans la campagne. Se pouvait-il que cela soit si facile ? Je m’étais préparé à passer une nuit ou deux au sommet des collines, à scruter le ciel avec des jumelles dans l’espoir de voir de brillantes lumières dans le ciel, mais selon Charles Mallet, le jeune propriétaire du café, la chasse aux « crop circles » est aujourd’hui plus active et plus populaire que jamais.

Le terme de « crop circle », fut inventé à la fin des années 1980 par Colin Andrews et Pat Delgado, qui furent les premiers à attirer l’attention du public sur ce qui arrivait dans la campagne anglaise. Dans leur best-seller paru en 1989, Circular Evidence, C. Andrews et P. Delgado faisaient le point sur les différents types de pictogrammes apparus dans les champs de céréales, depuis les simples cercles de la fin des années 1970, jusqu’aux motifs magnifiques et d’une étonnante complexité de la fin des années 1980.

L’orientation radiale des tiges, les couches multiples, les tourbillons en forme de « g » ou de « s » de certains agroglyphes laissaient à penser que l’ensemble du pictogramme ne pouvait être réalisé qu’en une seule fois. Il y avait aussi leurs limites extérieures ornées de détails d’une précision chirurgicale, les cercles et les sentiers, les différents centres entourés de tourbillons, et tout cela sans qu’une seule tige soit cassée.

Pat Delgado parla d’objets dorés en forme de disques observés dans le ciel, de magnétophones relevant des sons inconnus, de forces de radiesthésie, de motifs sur le sol qui « défiaient toute possibilité de reproduction par des êtres humains », d’un « champ de force inconnu et d’une intelligence inconnue ». Dans la seule année 1988, deux cents cercles furent signalés en l’espace de huit semaines, dont cinquante et un au voisinage de Silbury Hill, l’un des plus anciens tertres édifiés de main d’homme, situé près d’Avebury, dans le Wiltshire.

Puis, au cours de l’été 1990, quelque chose d’extraordinaire se produisit. Dans les East Fields, à Alton Barnes, aujourd’hui l’endroit le plus célèbre dans le monde pour ses agroglyphes, un cultivateur stupéfait découvrit une formation aussi longue qu’un jumbo jet. Le terme de crop circle, bien que quelque peu inapproprié pour un motif allongé, s’empara soudain de la conscience du public.

La première vague de passionnés de crop circles commença à visiter le Wilt-shire jusqu’à ce qu’un élément humain vienne s’ajouter au phénomène : les faussaires. En 1990, au moment où l’intérêt des médias atteignait un sommet, la BBC et la télévision japonaise organisèrent une veille de vingt-quatre heures sur vingt-quatre à Bratton Castle, dans le Wiltshire, sous le nom d’opération Black-bird, afin d’essayer de saisir sur le vif la formation d’un crop circle. Le projet devait s’étaler sur trois semaines, et s’accompagner d’une surveillance constante, d’une couverture médiatique massive, ainsi que d’une importante présence militaire avec un équipement infrarouge pour la vision nocturne et un équipement radar.

Chose surprenante, un crop circle fut découvert dès le deuxième jour. Colin Andrews, devenu la personne faisant autorité en la matière, fut immédiatement contacté pour qu’il fasse une déclaration, mais il commit la grave erreur de parler d’un événement d’une « grande signification » avant que lui-même et Pat Delgado ne soient allés voir le pictogramme. C’était un faux, et qui plus est, un faux de la pire espèce – avec un sinistre jeu de société occulte et des signes du zodiaque minables. A l’heure du déjeuner C. Andrews était devenu la risée de tous. Le public fut alors amené à associer les crop circles à de stupides supercheries, et une sérieuse question fut soulevée : pourquoi le gouvernement et les médias dépenseraient-ils tant d’argent pour discréditer un mystère aussi innocent ?

Le dixième jour de la veille, C. Andrews affirme qu’un authentique pictogramme avait été découvert, mais une D-notice (un avis permettant au gouvernement britannique d’interdire tout reportage médiatique) fut placée sur les caméras de télévision pendant les quatre jours suivants, et les autorités donnèrent plus tard à C. Andrews une cassette vierge du tournage. Cela suscite une nouvelle question : qu’est-ce que le gouvernement essayait de cacher ?

En septembre 1991, le lendemain de la première rencontre internationale sur les crop circles à Glastonbury, les deux plus célèbres faussaires Doug Bower et Dave Chorley, aujourd’hui décédés, furent mis en vedette. Sous le titre : Les hommes qui ont fait marcher tout le monde, un tabloïde cita ces deux sexagénaires excentriques comme étant à l’origine du mystère des crop circles. C’étaient eux qui soi-disant réalisaient les pictogrammes en utilisant de simples planches, des cordes et une casquette de base-ball modifiée pour cet usage.

Ce que D. Bower et D. Chorley ne réussirent cependant pas à expliquer, c’est comment ils pouvaient se trouver dans plusieurs endroits à la fois, en train de créer des crop circles dans le monde entier, et comment leur méthode rudimentaire pouvait être utilisée pour réaliser des pictogrammes dans l’herbe, dans les orties, dans les récoltes d’hiver comme les betteraves et les choux, dans les rizières comme c’est arrivé au Japon et même dans les feuilles des arbres, ou sur un lac légèrement gelé, ou encore dans les montagnes enneigées de l’Afghanistan, à 4 200 mètres d’altitude ? Pour une grande partie du public, ce fut la fin de la plaisanterie de deux cultivateurs ivres, mais pour ceux, quels qu’ils soient, qui continuent à réaliser des pictogrammes de plus en plus compliqués, ce n’était que le commencement.

En 1996, plus de 8 000 pictogrammes avaient été répertoriés à travers le monde, chaque année plus complexes et dépassant toutes les attentes. Puis un nouveau pas fut franchi et il eut des répercussions dans le monde entier. En juillet 1996, à 17 h 15, un pilote de la RAF volait au-dessus de la campagne, non loin du site historique de Stonehenge, près de la route très fréquentée qui traverse le Wiltshire. Utilisant Stonehenge comme point de repère pour un circuit aérien, il fit demi-tour à 18 h et il enregistra officiellement l’apparition soudaine d’un pictogramme particulièrement étonnant, dans le champ qui se trouvait au-dessous de lui, un pictogramme de plusieurs centaines de pieds de long et d’une complexité stupéfiante. Désigné plus tard sous le nom de Julia Set (en raison de sa ressemblance avec les formes fractales connues sous le nom de Julia sets), il battait tous les records : le pictogramme le plus long, le plus complexe jamais vu et le premier à être réalisé en plein jour – en l’espace d’environ quinze minutes, selon un des gardiens de Stonehenge. D’après des mathématiciens et des géomètres, il représentait une image fractale générée par ordinateur, un motif qui se répète indéfiniment en devenant à chaque fois plus petit.

On a raconté que le cultivateur avait interdit l’accès aux visiteurs et s’en était pris aux « faussaires ivres » qui avaient réalisé le pictogramme, jusqu’à ce que quelqu’un lui montre une photographie aérienne et qu’alors il s’exclame : « Aucun homme n’est capable de faire cela ! » Cet agroglyphe est considéré à ce jour par de nombreuses personnes comme le plus beau de tous, même si un peu plus tard, un triple Julia Set fut découvert, et ensuite l’extraordinaire Catherine Wheel composée d’un amalgame des deux autres, avec plus de 400 cercles parfaits et une longueur battant tous les records, plus de 1 000 pieds (328 mètres).

Des changements cellulaires

Mais, ce que de nombreuses personnes ne réalisaient pas encore, c’était que les découvertes faites à l’intérieur des agroglyphes pouvaient être aussi impressionnantes que l’ensemble du motif vu d’avion. Le Docteur William Levengood, un scientifique de renom aux Etats-Unis, a étudié pendant longtemps les plantes à l’intérieur des agroglyphes avant de parvenir à des conclusions étonnantes. Il a découvert de nets changements cellulaires dans les pictogrammes « authentiques » qui n’apparaissent pas dans les faux ; la taille et la résistance des céréales augmentent de 40 pour cent et leur grain est nettement plus sain. Par ailleurs, leur croissance est très rapide ou d’une lenteur inexplicable.

W. Levengood a découvert une expansion des nœuds sur les tiges des céréales et souvent des cavités qui ne peuvent se produire qu’à la suite d’une chaleur rapide et intense. C’est le test le plus décisif dont on dispose pour distinguer un authentique agroglyphe d’un faux. Par ailleurs, dans les formations authentiques les tiges des plantes sont mystérieusement courbées, mais restent indemnes et continuent à pousser, alors que les tiges des céréales dans les faux pictogrammes sont invariablement écrasées par les planches.

W. Levengood découvrit également à l’intérieur de certains pictogrammes des substances magnétiques qu’auparavant on avait seulement découvertes dans des météorites. Sa supposition controversée fut qu’une énergie inconnue à micro-ondes était à l’origine des authentiques pictogrammes et que « la formation de crop circles implique des énergies venant d’ailleurs ».

Pour mieux comprendre cette histoire extraordinaire, je me suis rendu à Dorchester afin de rencontrer l’un des premiers chercheurs à s’être intéressé aux agroglyphes en Angleterre. David Kingston, âgé aujourd’hui d’une soixantaine d’années, a travaillé en tant qu’ufologue dans les services secrets de la Royal Air Force, à partir de la fin des années 1950, un travail qui l’a amené à assister personnellement à plusieurs apparitions d’ovnis à travers le monde.

Contrairement à C. Andrews et P. Delgado qui sont devenus la proie de reporters malveillants, D. Kingston a choisi de rester loin des médias et de continuer tranquillement son travail. Néanmoins, en tant qu’ancien membre des services de renseignements, toujours tenu à l’obligation du secret, il a raconté que son téléphone avait été mis sous écoute, sa voiture suivie et qu’il avait dû subir d’autres sinistres formes d’intimidation au début de ses recherches.

Son intérêt s’est éveillé en 1976, pendant une surveillance de nuit consacrée à l’observation d’éventuels ovnis sur le site de Clay Hill, à Warminster – un endroit connu pour ses « phénomènes paranormaux », situé au milieu d’un terrain militaire. Cette nuit-là, D. Kingston observa trois sphères séparées de lumière colorée qui se déplacèrent devant lui pendant environ trois heures. Soudain une sphère descendit à environ 100 m au-dessus de lui, puis elle s’approcha de la surface d’un champ situé sur la base militaire de Clay Hill. En examinant les choses de plus près à l’aube, D. Kingston découvrit un cercle parfaitement aplati d’environ 100 m de diamètre, et cette découverte d’un lien entre les agroglyphes et les ovnis fut le début d’une véritable fascination. D. Kingston organise maintenant des conférences, des ateliers, et des rencontres annuelles et il a créé un site Internet avec des cartes et des informations sur les agroglyphes les plus récents découverts en Angleterre, tout en se livrant depuis de nombreuses années à des recherches en collaboration avec le laboratoire du Dr Levengood aux Etats-Unis.

Dans son bureau bien rangé, avec des photographies d’agroglyphes accrochées au mur et une immense base de données sur ordinateur, D. Kingston commença à me raconter les hauts et les bas de la recherche depuis les années 1970. La première explication plausible, dit-il, vint d’un scientifique nommé Terence Meaden qui postula la théorie des vortex de plasma – selon laquelle les agroglyphes seraient créés par des mini tornades inattendues formant des spirales en rencontrant des sols surélevés. Mais les agroglyphes commencèrent alors à apparaître loin de collines sur des terrains plats.

Lorsque des ballons d’air chaud furent cités comme possibilités de fraude, les agroglyphes commencèrent à apparaître sous des pylônes électriques. Lorsque les nappes d’eau souterraines furent désignées comme une cause possible, les agroglyphes apparurent dans des plaines calcaires, sèches. Et lorsque les satellites militaires et la technologie de la défense furent mis en cause, les agroglyphes apparaissaient déjà sur des routes principales, sur des sites sacrés et sur des centaines de champs appartenant à des particuliers. Certaines personnes se contentèrent d’expliquer leur formation comme étant les traces d’accouplements de hérissons. Un chercheur l’attribua à des rayons laser transmis depuis la lune.

« C’est l’un des grands problèmes en ce qui concerne cette recherche, a déclaré D. Kingston. Chaque fois que l’on pense approcher du but, on trouve quelque chose de complètement différent qui vous dit « échec et mat » et vous renvoie à la case départ. Et je pense que c’est ce qui a soutenu mon intérêt pendant si longtemps. C’est comme retourner au jardin d’enfants – très bien, tu es arrivé à ce résultat, maintenant recommence et étudie encore un peu plus. »

La femme de D. Kingston fit cette remarque : « Les cultivateurs à qui David a donné des conférences sont venus dans un état d’esprit très sceptique, mais, après avoir regardé les différents pictogrammes, ils ont dit : « Comment tout ceci a-t-il pu être fait en si peu de temps ? Avant la tombée de la nuit nous étions dehors et il n’y avait rien, et en l’espace de quelques heures tout était terminé, et cette magnifique création symbolique était là. »

David Kingston a déclaré : « Une des formations que je suis allé voir avait quinze couches séparées – c’était comme du tissage. C’est absolument impossible de faire cela avec une planche. »

Plus tard, en roulant le long d’une rangée de champs, j’aperçus du coin de l’œil mon premier agroglyphe. Avec une touche d’excitation et de doute, car je m’étais presque attendu à rentrer chez moi sans avoir vu un seul pictogramme, je m’approchai pour vérifier si je n’étais pas victime de mon imagination. C’était un crop circle traditionnel, complexe mais circulaire, avec des ailes à l’intérieur, comme une drôle d’abeille aux ailes repliées, et il y avait dans son aspect, net et parfaitement marqué dans les céréales comme par un gigantesque couteau à pommes de terre, quelque chose de curieusement futuriste, face à une rangée de vieilles maisons anglaises.

Après avoir marché longtemps dans un champ voisin, je découvris une formation plus récente cachée à l’intérieur des céréales. Un Allemand tenait une perche d’environ trois mètres de long, où était ingénieusement fixé un appareil photo. Assise au centre, il y avait également une famille hollandaise qui venait de photographier une boule de lumière, un phénomène fréquemment observé au-dessus des agroglyphes, et souvent pris en photo ou même en vidéo.

Cette nuit-là je me demandai comment des motifs aussi complexes pouvaient être créés en l’espace d’une nuit d’été qui ne dure que quatre heures. Des essais faits aux Etats-Unis ont montré qu’il fallait une semaine pour simplement esquisser certaines des formations les plus complexes et que cela coûtait des milliers de dollars. Mais de nombreux motifs sont créés simultanément le même jour. Pourquoi des faussaires se donneraient-ils tant de mal et feraient-ils de telles dépenses sans la récompense de voir leur travail reconnu, en supposant qu’ils puissent le faire sans être vus, sans laisser de traces, et sans faire la moindre faute ? Et comme le faisait remarquer un cultivateur, où peuvent-ils s’entraîner ?

La chercheuse Nancy Talbot, qui travaille avec le Dr Levengood, a déclaré  : « La plupart des gens pensent qu’en appliquant la science aux mystères on les éclaircira. Dans ce cas particulier, le mystère est devenu plus grand qu’il ne l’était au départ. »

Lorsqu’il fut confronté à l’évidence après toutes ces années, le gouvernement britannique prit une position quelque peu confuse. Quand une question à ce sujet fut posée pour la première fois au parlement, à la fin des années 1980, le principal conseiller scientifique du premier ministre, qui était alors Margaret Thatcher, nia toute implication du gouvernement et imputa la formation des crop circles à des mini tornades subites. Quelques jours plus tard, chose ironique, un beau pictogramme apparut à Chequers, la résidence du premier ministre, à cent mètres à peine de sa maison et à l’intérieur du périmètre de sécurité.

Le lendemain de ma découverte, j’avais hâte de retourner à la chasse aux agroglyphes. J’arrivai donc au Silent Circle Cafe de bonne heure. Le propriétaire était en train d’ouvrir et Dave Thompson, un jeune étudiant de l’Iowa (Etats-Unis), attendait près de la porte avec un sac à dos et une tente. Il avait assisté la veille au Symposium de Glastonbury sur les agroglyphes et il devait assister le lendemain à une autre rencontre, dans les Devizes. Sans aucun doute, il s’agissait de quelqu’un manifestant un réel enthousiasme pour les agroglyphes et je fus particulièrement heureux de le prendre dans ma voiture.

Un peu plus loin, dans Avebury, où une nouvelle formation avait récemment été découverte, Dave et moi-même marchions en suivant les traces laissées par les tracteurs afin d’éviter de piétiner le champ du cultivateur. On était en train de tourner un film, un épisode d’un DVD annuel sur les agroglyphes et il y avait un petit rassemblement de personnes qui écoutaient le présentateur. « Ceci est un magnifique exemple de la variété que peut présenter une seule section, expliquait-il, dix-neuf volutes séparées à l’intérieur d’un tourbillon radial central. » Je me retournai, embrassant tout l’ensemble du regard et confondu d’admiration. Même un spécialiste d’arrangements floraux n’aurait pu composer avec les tiges de petits tourbillons aussi précis.

En me rendant avec Dave à Alton Barnes, un petit village où l’on a découvert une proportion record de pictogrammes, nous tombâmes par hasard sur une « Crop Circle Fayre », dans une salle communale. Là nous rencontrâmes Michael Glickman, professeur d’architecture à l’Université de Californie du Sud, à Los Angeles, qui s’intéresse depuis longtemps aux crop circles. Je l’interrogeai sur le « culte » qu’il voue aux agroglyphes et il me répondit que c’était comme si on avait donné un ordinateur Macintosh à un mécanicien de l’époque victorienne, et qu’il avait essayé d’en trouver le sens en utilisant ses outils rudimentaires. « Personne ne comprend comment quelqu’un peut nous offrir quelque chose d’aussi beau et d’aussi extraordinaire, sans rien demander en retour, dit-il. Je pense que lorsque l’humanité regardera en arrière dans le prochain siècle et découvrira que ceci était la chose la plus importante sur la planète, elle sera horrifiée de la manière dont notre espèce, notre tribu, a ignoré, ridiculisé et banalisé ce qui sera, je n’en doute pas, l’événement le plus significatif du millénaire. »

En bas de la route se trouvait la fameuse Barge Inn, « la Mecque des fans de crop circles du monde entier », comme venait de l’affirmer le Western Daily Press dans son édition du jour. Le pub était rempli et une salle de billard au fond était consacrée au mystère : une grande carte avec des étiquettes auto collantes et des murs couverts d’articles et d’étonnantes photographies aériennes et même de poèmes inspirés par les agroglyphes.

Non loin de là, dans les East Fields, je m’arrangeai pour trouver le cultivateur Tim Carson qui détient le privilège de posséder le domaine où il y a eu le plus d’agroglyphes dans le monde. T. Carson accepta d’enfiler ses bottes en caoutchouc et sur le trajet menant à son bureau, il me parla. « J’en ai vu des crop circles, racontait-il, tandis que nous montions le sentier. Trente ans que cela dure et ce n’est toujours pas terminé. » Dans son bureau, il y avait sur le mur de nombreuses photographies encadrées des formations les plus étonnamment complexes, apparus sur ses terres d’East Fields, à Alton Barnes, et une image du fameux Torus Knot perchée sur le haut de son ordinateur.

Depuis la découverte d’un premier crop circle sur ses terres en 1990, il a organisé de nombreux échanges, des conférences et des interviews pour la télévision. Je lui demandai s’il savait comment les crop circles étaient réalisés. « Je n’en ai pas la moindre idée, répondit-il, mais j’aimerais vraiment le savoir. Deux équipes sont venues pour essayer de créer dans le champ un motif ressemblant à une voiture Mitsubishi. Je n’y voyais pas d’inconvénient car ils m’ont payé trois fois le prix de la récolte, mais il leur a fallu deux jours et à la fin je les ai vus se disputer. Alors comment les « autres » font-ils cela dans mes champs en une seule nuit sans que personne le sache ? » Et il me montra l’agroglyphe Torus Knot sur le mur, en hochant la tête.

En quittant Alton Barnes, je réfléchissais à cette question de « messages » dont parlent tous les livres exaspérants et les documentaires qui m’ont fait une grosse tête ces dernières semaines. De nombreux motifs montrent ce que certains considèrent comme d’indéniables communications, par exemple une réponse au message binaire d’Arecibo envoyé dans l’espace par le SETI, the Search for Extra-Terrestrial Intelligence (la recherche d’intelligence extraterrestre). Les recherches et les anecdotes semblent interminables, les preuves apportées par la bande de matérialistes enragés, qui persistent à affirmer que tout cela n’est que supercherie, sont pratiquement inexistantes et après avoir visité une demi-douzaine d’agroglyphes, il est difficile de garder le sens du normal.

Et on en apprend toujours plus : des histoires de témoins qui ont vu des céréales se coucher en silence, instantanément, tandis qu’ils se tenaient non loin de là, les cheveux dressés sur la tête ; des histoires de crop circles apparus en l’an 800, puis en 1687 et dans tout le courant du XIXe siècle.

Donnez à ce phénomène le nom que vous voulez : une pseudo-science, un signe de Mère Gaïa, du terrorisme vert, ou utilisez le vieux charabia spirituel, mais quoi que nous pensions de ces agroglyphes, n’oublions pas ce qui fait l’objet de nos questions – les extraordinaires motifs trouvés dans les champs de blé, d’avoine, de colza et de maïs.

[Voir les photographies dans la version imprimée de la revue Partage international.

  • East Field, Wiltshire, 3 juillet 2005
  • Marden,Wiltshire, 21 août 2005
  • Le Julia Set, Stonehenge, Wiltshire, 1996
  • Silbury Hill, Wiltshire, 9 juillet 2005
  • Silbury Hill, Wiltshire, 9 juillet 2005
  • Aldbourne, Wiltshire, 24 juillet 2005
  • Torus Knot, Alton Priors, Wiltshire, 1996
  • Wayland’s Smithy, Oxfordshire, 9 août 2005]

Cet article est publié sous une forme abrégée avec l’autorisation de l’auteur. Voir également : La réalité des frères de l’espace et leur œuvre, une interview de Benjamin Creme (Partage international, janv.-fév. 2005), un article de Leslie Kean (Partage international, déc. 2003) et une interview de Steve Alexander (Partage international, janv.-fév. 2004)
The Crop Circle Year Book 2005 de Steve Alexander et Karen Douglas (IS-BN : 0-9537446-7-1 ; Temporary Temple Press, UK) inclut des photographies des plus beaux agroglyphes apparus en Grande-Bretagne, en 2005. Pour davantage d’information consulter le site www. temporarytemples.co.uk.

Q. Comment sont créées les formations géométriques dans les champs de céréales ?
R. Les occupants des ovnis visualisent la forme qu’ils souhaitent créer. Focalisés sur le plan mental, ils choisissent une forme précise, à laquelle ils ajoutent quelque chose comme une « pensée supplémentaire », au gré de leur inspiration.
Puis ils approchent leurs engins de la surface du champ et, grâce à leur technologie, le motif est créé par un acte mental. Il s’agit de la combinaison d’une technologie avancée et du pouvoir de la pensée ; les machines répondent à leur pensée. L’ensemble du processus ne prend que quelques secondes, même pour les motifs les plus complexes. [Partage international, janvier-février 1998]

Auteur : Adam Parsons,
Thématiques : Ovnis
Rubrique : Divers ()