Partage international no 106 – juin 1997
« L’environnement deviendra la question prioritaire à travers le monde. » (juin 1989)
D’après un éminent scientifique travaillant en étroite collaboration avec le gouvernement des Etats-Unis, l’environnement est devenu un enjeu national en matière de sécurité pour les diplomates à travers le monde. Thomas Lovejoy, biologiste de la vie sauvage, cite quatre types de dossiers diplomatiques dans lesquels les questions d’ordre écologique jouent un rôle croissant :
– La sécurité économique. Il s’agit notamment des discussions entre des sociétés de biotechnologie et des pays en voie de développement sur la protection et l’utilisation des ressources génétiques.
– La prévention des guerres et le rétablissement de la paix. L’année dernière, l’un des principaux enjeux diplomatiques entre les communautés grecques et turques de Chypre concernaient les droits sur l’eau.
– La protection de la santé des personnes. Grâce à l’importation d’un insecte parasite provenant du Paraguay, une grande famine causée par une punaise destructrice des farineux à été enrayée en Afrique de l’Ouest.
– Sensibilité croissante aux questions d’ordre écologique. Selon T. Lovejoy, au cours de ces trois dernières années, l’environnement est devenu une préoccupation majeure de la diplomatie des Etats-Unis. D’après lui, le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright « considère déjà l’environnement comme une question majeure dans le domaine des affaires étrangères ».
T. Lovejoy nous avertit que la destruction de l’environnement est « désastreuse, que c’est évidemment un problème d’ampleur nationale et même de sécurité », même s’il peut sembler « banal » tant il est répandu. Il cite Jessica Matthews, experte en matière d’environnement : « Parfois, l’urgence masque ce qui est important. »
Sources : San Francisco Chronicle, E.-U.
Thématiques : environnement
Rubrique : Faits et prévisions


