L’énergie cachée : l’espoir d’un monde propre et sain

Partage international no 397septembre 2021

Interview de Jeane Manning par Felicity Eliot

Jeane Manning est une auteure et investigatrice de domaines novateurs de la science, liés aux secrets de l’univers. En voulant découvrir ce qui se cache derrière les apparences, elle a eu l’intuition que la vie et la nature ont beaucoup plus à offrir que ce qu’un regard superficiel pourrait laisser penser. Son approche de la vie consiste à observer attentivement, puis à oser demander « Pourquoi… ? ». Elle rend la science accessible au profane. Dans son dernier livre, Hidden Energy [L’énergie cachée, non traduit] elle ouvre au lecteur de nouveaux horizons, en montrant que nous pourrions nettoyer notre planète et créer une nouvelle civilisation brillante, saine et harmonieuse en quelques années. Felicity Eliot l’a interviewée pour Partage international au mois d’avril 2021.

Copyright © Jeane Manning (reproduit avec autorisation)
Jeane Manning et Susan Manewich, co-auteures du livre Hidden Energy.

Partage international : Vous faites des recherches dans le domaine des « énergies cachées » depuis des décennies.
Jeane Manning : Oui, j’ai commencé il y a 40 ans, lorsque j’ai rencontré un chercheur dans ce domaine de l’énergie cachée de l’univers, aussi appelée la Force de vie.

PI. Comment est-ce arrivé ? Etiez-vous sceptique au début ?
JM. J’ai d’abord essayé de conserver un certain scepticisme, mais j’ai vite été convaincue et enthousiaste parce que je voyais que les inventeurs que je rencontrais touchaient vraiment à quelque chose d’important. Il était clair que ma vie m’avait conduite jusqu’à ce point. Je m’étais trouvée assez souvent au bon endroit, au bon moment.
J’ai eu la chance de naître dans un endroit magnifique de l’Alaska – une région qui a ensuite été souillée par la marée noire de l’Exxon Valdez en 1989 –, qui a fait naître en moi un amour profond de la nature.
Plus tard, ma famille a déménagé dans une ferme de l’Idaho et, là encore, j’étais entouré de magnifiques paysages naturels. Je pouvais jouer dans les bois, m’asseoir au bord d’un ruisseau et m’émerveiller de la magie de l’eau. Je sentais vraiment la force vitale de la forêt, même si à cet âge je ne pouvais encore l’exprimer par des mots.

PI. Mais vous pouviez le ressentir ?
JM. Oui, je vibrais lorsque ma mère nous lisait les poèmes des poètes naturalistes, comme Wordsworth. J’ai mémorisé certains de ces poèmes, et plus tard, ses longs poèmes plus spirituels m’ont également attirée. La recherche spirituelle a toujours fait partie de ma vie, et mes expériences personnelles sont la source principale de ce que j’apprends, pas les sermons ou les livres. Si je vis une expérience spirituelle, je sais qu’elle est réelle. Personne ne peut m’enlever ça ; et ne me parlez pas de substances chimiques que le cerveau sécrèterait et qui créeraient telle ou telle expérience !
L’écologie et la justice sociale sont également des sujets qui me tiennent à cœur. C’est ce qui m’a amenée à faire une spécialisation en sociologie à l’université.
Le premier inventeur que j’ai rencontré a été comme un professeur ; il m’a beaucoup inspirée, sur les possibilités d’exploiter une forme d’énergie qui n’est pas encore reconnue par la science, mais qui est bien réelle. Quiconque s’est immergé dans la nature a pu ressentir l’influence de cette énergie sur toute vie.

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Le dernier livre de Jeane Mamming

PI. Je retiens ce que vous avez dit ; cette convergence de divers facteurs qui se réunissent pour nous faire franchir une étape, puis une autre : on rencontre des gens, on lit des livres et soudain, on comprend intuitivement quelque chose. Je crois que de plus en plus de gens vivent ce genre d’expériences et que nous devenons plus sensibles aux intuitions – qu’elles viennent pendant le sommeil, dans nos rêves, ou à l’état de veille. On a l’impression que l’humanité a commencé à développer une nouvelle sensibilité. Nous semblons recevoir davantage de « suggestions d’immortalité », pour citer Wordsworth. Nous sommes de plus en plus conscients d’être guidés. Est-ce que tout ça évoque quelque chose pour vous ?
JM. Tout à fait. On constate que les inventeurs reçoivent leurs intuitions par des moyens qui ne figurent pas dans les manuels scolaires : par le biais de rêves et de rêves éveillés, ils ont soudain un déclic, une révélation qui ne peut s’expliquer par la logique. En fait, c’est le résultat d’un saut vers un autre niveau de conscience ou de compréhension. Nous sommes peut-être davantage conscients de ce genre d’intuition parce que de plus en plus de gens passent du temps seuls actuellement, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent.

PI. Comme vous le savez peut-être, Benjamin Creme a été le rédacteur en chef et le fondateur de Partage international. Notre revue présente les informations qu’il donne sur le retour dans le monde d’un groupe de personnes très évoluées qui sont les inspirateurs de l’humanité dans tous les domaines – les sciences, la médecine, les arts, les nouvelles technologies, etc., tout ce qui aide notre civilisation à progresser. Notre revue se veut aussi la plus diversifiée et ouverte que possible : elle réunit la politique, l’économie et la spiritualité pour donner un sens nouveau à ces divers domaines de la vie. Ce que vous dites dans votre livre correspond tout à fait à ce que dit notre revue. Votre travail est fascinant et vous avez rendu tout cela tellement accessible et clair pour le lecteur. Les implications de vos recherches sont extraordinairement importantes pour nous tous. Pouvez-vous nous parler de l’inventeur qui vous a donné votre première inspiration ?
JM. Cet inventeur expliquait les diverses façons d’utiliser le magnétisme pour aboutir à des inventions révolutionnaires ; en exploitant simplement l’énergie fondamentale de l’univers. Quelqu’un m’a présenté à lui en disant que cet homme avait la réponse aux besoins du monde en matière de technologies propres. Et son approche impliquait le magnétisme. A cette époque, les nouveaux aimants superpuissants commençaient tout juste à sortir.
Ce qui m’a intéressé n’était pas seulement l’écologie et le nettoyage de l’environnement ; il y avait aussi toute cette dimension spirituelle. Cet homme cherchait un moyen de décrire l’énergie de l’univers qui semblait pénétrer dans sa machine pour y produire plus d’énergie que celle qu’il avait fournie grâce au réseau électrique ou des batteries. Il s’est adressé à des philosophes pour voir s’ils avaient des réponses. Un groupe ésotérique lui a parlé du prana, la force vitale qui circule dans tout l’univers et pas seulement dans notre corps.
J’ai une curiosité insatiable ; j’ai beaucoup lu et étudié, pour acquérir les bases. Au fil des ans, j’ai rencontré des inventeurs qui ont construit des machines tout à fait originales. Mais notre société continue de construire essentiellement des moteurs et des générateurs électriques avec les bonnes vieilles méthodes, ce qui sert toujours des intérêts privés, car les utilisateurs de ces moteurs n’ont aucun contrôle sur l’énergie qu’ils produisent. Résultat : nous vivons dans la peur de ne pas avoir assez d’argent pour payer nos factures d’électricité.

PI. Il existe donc quelque chose que l’on peut appeler « énergie libre » ou « énergie cachée » ou encore prana, champ éthérique…? Une source d’énergie infinie, vitale, qui est disponible partout et pour tous, si nous pouvions trouver un moyen de l’exploiter de façon « propre », pour l’utiliser dans notre vie quotidienne ?
JM. Oui. Le titre de mon livre a plusieurs significations. Il peut s’agir, comme vous l’avez dit, d’une référence à l’énergie fondamentale de l’univers, ce que les anciens appelaient « l’éther », mais il peut aussi faire référence à l’énergie cachée qui circule dans notre corps, ce qui ouvre des perspectives dans le domaine de la santé.
L’énergie cachée est également cette énergie à laquelle sont sensibles des personnes qui travaillent ensemble et réalisent qu’elles sont interconnectées, créant une synergie. Elle fait également référence au pouvoir caché qui réside en chacun de nous et qui va au-delà de ce qui est reconnu par la vision matérialiste du monde. Mon expérience m’a prouvé que nous avons beaucoup plus de pouvoir que ce que l’on a voulu nous faire croire. En particulier, le pouvoir de nos pensées est énorme.
Vous avez parlé d’injustice sociale ; or celle-ci résulte le plus souvent de nos technologies énergétiques et des idées qui sous-tendent l’utilisation que nous en faisons : la croyance qu’il n’y aurait pas assez d’énergie pour tout le monde, amène un trop grand nombre de personnes à conclure que l’injustice sociale est inévitable, car si nous devions donner à tous les pauvres du monde, la même quantité d’énergie que nous les riches utilisons, cela diminuerait forcément notre niveau de vie. Or, cette idée est totalement erronée.
L’univers est avant tout abondance. Mais nos pensées limitées nous empêchent d’y puiser. C’est l’état d’esprit du manque qui créé les antagonismes avec « l’autre ». Nous voyons l’autre comme une menace, un concurrent, alors qu’en réalité, il y en a assez pour tout le monde. L’univers regorge de ressources amplement suffisantes pour satisfaire aux besoins de tous si on les utilise de façon responsable.

PI. Le problème est que tant que les idées de rareté de la ressource et donc de pénurie potentielle, qui engendrent la compétition, la concurrence et la cupidité, seront à la base de tout le système, la possibilité de coopérer et d’établir des synergies avec pour seul objectif le bien commun, semble bien éloignée. L’autre paradoxe est que nos systèmes économiques actuels reposent sur un credo bizarre : le mythe d’une croissance illimitée dans un monde fini. Un concept totalement illogique.
Et maintenant l’idée se développe que nous pourrions aller sur une autre planète et exploiter ses ressources. Vous proposez une autre vision, exactement opposée : produire sur Terre une énergie propre et illimitée.
JM. C’est cela. Nous devons d’abord adopter une nouvelle façon de penser, avant de chercher à développer de nouvelles technologies. Nous devons également trouver un remède à cette folie qui consiste à produire toujours plus. Cette abondance illusoire que nous créons ainsi ne nous met pas en phase avec la nature et l’univers. La croyance que le produit national brut doit continuellement augmenter est insensée. Elle entraîne une utilisation erronée des ressources et de la technologie. Les biens de consommation recouvrent la planète de matières plastiques. Notre responsabilité est totale. Ce que nous faisons subir à la planète me brise le cœur. Je vis en Colombie-Britannique, où les services gouvernementaux responsables de la gestion des forêts sont devenus un outil de l’industrie forestière, qui elle, n’a d’autre objectif que l’extraction des ressources. Nous sommes encore victimes de cette mentalité coloniale qui consiste à se servir, plutôt que de trouver des moyens de vivre en harmonie avec la nature et les peuples autochtones. L’économiste Milton Friedman porte une grande part de responsabilité, depuis qu’il a déclaré que la priorité d’une entreprise est le profit de ses actionnaires.

PI. Oui, et ça limite considérablement le travail des chercheurs. Vous en parlez dans votre livre. Nous avons un problème avec nos systèmes économiques et politiques et la façon dont les gouvernements financent la recherche. Lorsque l’argent et les intérêts privés sont en jeu, les chercheurs sont contraints de penser en termes de brevets, de financement et de rentabilité, alors que leurs travaux pourraient déboucher sur des avancées importantes au bénéfice de tous. On voit très bien aujourd’hui comment les choses peuvent mal tourner dans la recherche sur les vaccins : des entreprises font des profits mirobolants en gardant pour elles les découvertes sur les vaccins. La question des brevets et de l’argent qui s’immisce dans la politique et la science est un gros problème, comme vous l’avez mentionné dans votre livre.
JM. De nos jours, les scientifiques ne sont plus aussi indépendants qu’avant. Ils ne peuvent pas se consacrer uniquement à la science pure, car les sociétés qui financent les universités imposent leur point de vue et leurs objectifs.
J’aimerais revenir sur ce que vous disiez à propos d’une approche universelle des soins de santé. Si nous avions eu l’intention commune de développer des technologies en harmonie avec la nature – y compris dans le domaine des soins de santé – et s’il n’y avait pas eu cette ignorance de la force vitale de l’univers, le système immunitaire des gens serait beaucoup plus fort. Si nous n’avions pas abattu toutes ces forêts et libéré des maladies dans des zones qui auraient dû être laissées intactes, nous n’aurions peut-être même pas connu la pandémie actuelle. J’ai vu les résultats obtenus par des praticiens de santé qui travaillent avec la force vitale au lieu de la combattre. J’ai personnellement bénéficié de ce type d’approche de la santé.

PI. Peut-être pourrions-nous nous pencher sur la façon dont les nouveaux inventeurs produisent de l’énergie ?
JM. Le premier inventeur que j’ai rencontré utilisait le magnétisme pour créer un mouvement, faisant tourner un arbre d’entraînement pour produire de l’électricité. D’autres travaillent sur des dispositifs « à l’état solide ». Un circuit à l’état solide peut être construit de telle sorte qu’il fonctionne selon les principes de la résonance électrique. Des chercheurs ont démontré que leurs dispositifs peuvent générer plus d’électricité qu’ils n’en consomment. L’un d’entre eux, le regretté Floyd Sweet, a réussi à produire une quantité étonnante d’énergie.
Selon un témoin crédible, le dispositif de Sweet pouvait produire 4 fois plus d’énergie qu’il n’en consommait. F. Sweet affirmait lui avoir mesuré un million de fois plus d’énergie à la sortie qu’à l’entrée. Je mentionne aussi dans mon livre les expériences plus récentes de Manelas, qui a réussi à charger les batteries d’une voiture électrique avec son générateur.
Il existe encore d’autres technologies : les réactions plasmatiques ; le travail avec l’eau, non pas avec une électrolyse standard, mais plutôt un fonctionnement similaire à celui d’un nuage d’orage, avec des implosions microscopiques qui attirent l’énergie éthérique. C’est assez technique, mais les inventeurs se heurtent à un problème de base : l’idée de « la conservation de l’énergie gratuite », qu’on ne peut créer de l’énergie à partir de rien. Cette idée nous a été profondément inculquée. Pourtant, des inventeurs – et des scientifiques qui travaillent sur la théorie afin de comprendre ce que font les inventeurs –, utilisent des systèmes ouverts, par opposition à des systèmes fermés qui ne peuvent produire plus que ce qu’ils consomment.
L’énergie solaire fonctionne comme un système ouvert ; on ne met pas les cellules photovoltaïques dans une boîte pour les isoler de l’environnement. C’est de l’environnement que provient l’énergie, des rayons du soleil. L’énergie éolienne fonctionne également comme un système ouvert où l’énergie provient de l’environnement. Mais le soleil et le vent ne sont pas parfaitement fiables comme sources d’énergie. Les convertisseurs d’énergie éthérique n’ont besoin ni de la lumière du soleil ni du vent, et fonctionnent jour et nuit. Et ils ne requièrent pas tous les métaux nécessaires à la création des éoliennes, par exemple.
Il y a tellement d’ignorance aujourd’hui, que ce soit dans le domaine des soins de santé ou des sciences de l’énergie. Et le pire de tout, à mon avis, c’est la tendance actuelle à promouvoir l’énergie nucléaire, au motif qu’elle ne libère pas de carbone dans l’atmosphère. On voit même des écologistes qui y voient la solution aux problèmes qui assaillent notre environnement. Mais ce n’est pas le cas ! Ce n’est pas la réponse ! Même s’ils utilisent les petits réacteurs nucléaires modulaires qui sont à la mode en ce moment. C’est tellement irresponsable pour les générations futures, sans parler de la nôtre. La fission nucléaire engendrera toujours des matières radioactives. Nous ne pouvons laisser un tel héritage à nos enfants et petits-enfants.

PI. Vous avez observé que bon nombre des anciennes technologies et des anciennes façons de produire de l’énergie portent un préjudice grave à l’environnement. En particulier l’énergie nucléaire bien sûr. Vous savez peut-être que Benjamin Creme et ceux qui sont la source de son message, que nous appelons les Maîtres de Sagesse, ont un discours très clair sur l’énergie nucléaire. La fission nucléaire est une calamité pour la planète et pour la santé des êtres humains. Selon Benjamin Creme, les effets des radiations nucléaires sur le plan éthérique et le corps éthérique d’une personne – qui sont toujours ignorés de la médecine , se manifestent par des maladies du système immunitaire avec des conséquences graves sur le système nerveux. C’est pourquoi on assiste à une augmentation des cas de maladie d’Alzheimer à un âge de plus en plus jeune.
Je crois que nombre des scientifiques avec lesquels vous avez travaillé et avec qui vous avez étudiés s’intéressent à la fusion, à l’utilisation de l’eau et à d’autres méthodes pour produire de l’énergie.
JM. La fusion qui est étudiée actuellement par certains chercheurs est également néfaste. C’est aussi une méthode violente. Les accélérateurs de particules utilisent la violence contre l’atome. Le problème est que la science officielle profite seule de la manne du financement. Pourtant, les réactions de fusion à petite échelle découvertes par des chercheurs marginaux sont-elles, plus en harmonie avec la façon dont la nature fonctionne.
Je suis heureuse que vous soyez consciente des effets sur la santé de l’énergie nucléaire telle qu’elle est produite aujourd’hui. Lorsque j’ai pris conscience que nos technologies nucléaires pouvaient même affecter la force vitale dans l’atmosphère, ça a été un choc. J’ai su intuitivement que cet effet nocif était réel et faisait partie de ce qui affecte la météo et le climat en général. Ce n’est pas le seul facteur, mais il contribue à la détérioration du climat. Les tenants de la théorie de l’orgone [terme utilisé par Wilhelm Reich pour la Force vitale] affirment que même des réacteurs en bon état, dits sûrs, émettent cette forme d’énergie radioactive en excès. Ils disent aussi qu’elle détériore la Force vitale dans l’atmosphère.

PI. Oui, c’est aussi ce qu’affirmait Benjamin Creme : que toutes les centrales électriques devraient être fermées immédiatement parce qu’elles sont la source de beaucoup de toxicité.
Benjamin Creme ajoutait que toutes ces nouvelles technologies sont prêtes à être « données » à l’humanité, mais que nos systèmes politique, économique et financier, la pensée scientifique dominante et les intérêts privés, tout cela constitue encore un obstacle à cette révélation. Tant que nous n’aurons pas progressé davantage dans le sens du changement de politiques et donc de nos modes de pensée, il y aurait un risque à diffuser librement les idées étonnantes de ces scientifiques et chercheurs avant-gardistes. C’est une question de timing. Il faudra d’abord que l’humanité se libère de son obsession pour la croissance économique, la raréfaction des ressources, la concurrence, etc. De nombreux plans qui ont proposé toutes sortes d’innovations ont été jetés aux oubliettes, parfois après avoir été achetés pour les faire disparaître, ou pire encore. Pourtant, nous n’avons que quelques pas à faire pour revenir dans la bonne direction.
JM. Il y a là un énorme défi sur le plan éducatif, pour susciter une prise de conscience généralisée et je suis très heureuse de voir que vous faites un bon travail. Nous devons atteindre les décideurs dans tous les domaines – économistes, éducateurs, planificateurs régionaux et nationaux – afin qu’ils expriment une nouvelle vision au lieu de laisser les grandes entreprises imposer leur vision en pesant sur les lois et les réglementations avec l’aide de leurs lobbyistes, pour maximiser leurs profits. La conséquence est que la recherche non conventionnelle ne reçoit aucun financement. J’entends de grandes annonces de la part de certains ministères dans différents pays, affirmant qu’ils sont vraiment intéressés par la recherche sur les énergies nouvelles. Pourtant, d’après la façon dont ils rédigent leurs appels d’offres, il n’y a aucune place pour la recherche dans des domaines non conventionnels.
C’est business as usual, rien ne se passe. Même les énergies solaire et éolienne sont devenues de grosses sources de profit, même si, évidemment, elles sont préférables aux énergies fossiles. Mais ces alternatives ne sont pas non plus naturelles. Regardez les fermes solaires, qui recouvrent des hectares et des hectares de terres avec leurs panneaux voltaïques ; ça n’a rien de naturel.
Il y a environ 150 ans, ceux qui aspiraient à devenir des scientifiques considéraient que le top du top était d’être un philosophe de la nature. Cela signifiait être capable d’avoir une pensée indépendante en observant le fonctionnement des systèmes naturels. C’est ainsi que des chercheurs comme Nikola Tesla ont pu faire de grandes découvertes ; les scientifiques étudiaient la nature et observaient les vortex de l’eau et de l’air. Il y a encore beaucoup à apprendre, car les nouveaux scientifiques observent maintenant ces vortex dans tout le cosmos. La science émergente progresse grâce à des chercheurs indépendants qui enroulent des bobines électriques par exemple, de manière à ce qu’une force ne s’oppose pas à une autre – ce qu’on appelle la « symétrie bilatérale » ou « de réflexion » – parce que c’est naturel. Il n’est pas utile de faire s’opposer les éléments, comme lorsqu’un courant électrique se heurte à un autre courant.
Il y a aussi la question de l’eau : qu’est-ce qui renforce la vitalité de l’eau ? C’est ce genre de question qui alimente la recherche sur les énergies nouvelles. C’est vraiment magnifique. Tout cela fait partie de l’interconnexion, comme vous le dites, de toute vie. Et les nouvelles connaissances sont interconnectées. Souvent, dans les conférences auxquelles j’ai assisté au cours des 30 dernières années – j’ai assisté à des dizaines de conférences sur les énergies nouvelles – j’ai pu écouter des orateurs parler des progrès réalisés dans le domaine de la santé, car lorsqu’ils voient la force vitale que génèrent leurs appareils électroniques, ils commencent à comprendre comment on pourrait influencer le fonctionnement de notre corps et des chakras.
Ce qui me passionne, c’est la perspective de ce qui pourra être réalisé lorsque nous n’aurons plus peur de pénuries imaginaires, ou peur les uns des autres au prétexte que certains pourraient venir nous voler nos ressources. L’humanité pourrait au contraire mettre ses ressources et ses connaissances en commun pour créer de nouveaux matériaux. On a déjà observé la transmutation d’éléments dans certains de ces nouveaux appareils. Imaginez ce que nous pourrions construire si nous disposions d’un matériau très solide, mais translucide et beau…
N’oublions pas l’importance de la beauté. En nous reconnectant à la nature, nous nous nourrissons de sa beauté, bien plus qu’avec un tas de jouets en plastique. La beauté est importante, en architecture et dans tout ce qui nous entoure.

PI. J’apprécie votre vision de l’avenir. Vous avez parlé de beauté, de responsabilité, et je pense à la phrase bien connue attribuée à Gandhi : « Il y a assez sur Terre pour satisfaire les besoins de chacun mais pas la cupidité de tous. » Vous esquissez les contours d’un avenir qui pourrait être glorieux, qui pourrait emmener notre civilisation vers les plus grands accomplissements et qui pourrait être encore plus beau que nos rêves les plus fous. C’est très encourageant – le travail que vous avez fait, les recherches en cours. Peut-être la percée viendra-t-elle lorsque nous apprendrons à vivre plus simplement, plus sobrement, et à apprécier et prendre soin de nos ressources. Peut-être apprendrons-nous à instaurer des relations différentes avec la nature et à vivre comme les anciens et les peuples indigènes l’ont toujours fait, en pleine conscience. Peut-être la percée viendra-t-elle avec l’effondrement de nos structures économiques. Peut-être nous réveillerons-nous alors…
JM. Oui, la percée exigera qu’une masse critique d’êtres humains se réveillent.
Et chacun d’entre nous, peut et doit contribuer à cette réalisation, en posant clairement ce que nous voulons, au lieu de continuer à créer une dystopie. Des scientifiques comme William Tiller ont prouvé à quel point nos pensées sont puissantes et créatives. L’appel à l’action dans Hidden Energy consiste à participer au changement global de conscience, et soutenir la transition vers une énergie propre. Le livre se termine par un appel : « Comme première étape, imaginez simplement – en détails et avec une gratitude sincère  que vous vivez au sein d’une civilisation harmonieuse sur une Terre régénérée. »

Pour plus d’information : https://JeaneManning.com
Certains livres de l’auteure ont été traduits en français.

Auteur : Felicity Eliot, rédactrice en chef de Share International, basée à Amsterdam (Pays-Bas).
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Entretien ()