Partage international no 293 – février 2013
par Cat Johnson
L’économie de partage progresse et sa portée est devenue mondiale. Dans les cités et villes du monde, les gens créent des moyens pour tout partager, des vêtements de bébé aux bateaux, des équipements aux maisons de vacances. Il existe également des groupes émergents qui s’identifient consciemment avec le mouvement du partage. Ces groupes se concentrent sur l’éducation, l’action et le développement communautaire, et promeuvent un changement culturel vers le partage généralisé.
Des coopératives locales aux organisations mondiales, ces groupes cherchent à intégrer le partage dans le courant dominant. Ils considèrent le partage comme un nouveau paradigme, un moyen pour une société plus démocratique, et ils comprennent que le partage n’est pas juste une nouvelle tendance, mais une pratique ancienne revitalisée par la technologie.
La liste suivante, loin d’être exhaustive, présente des groupes militants pour le partage dans le monde. Il y en a certainement beaucoup d’autres. Idéalement, cette liste servira de tremplin pour contacter une communauté de partage près de chez vous, ou bien une communauté en phase avec votre vision d’un monde de partage.
Ouishare
Avec des centres à Paris, Londres, Berlin, Barcelone, Rome et Bruxelles, Ouishare est un réseau international d’entrepreneurs, de citoyens, de militants, de journalistes et de concepteurs qui travaillent au développement de l’économie collaborative. « Nous avons besoin de solutions complexes pour résoudre les problèmes mondiaux complexes, explique Antonin Leonard, cofondateur de Ouishare. Nous parions que c’est seulement en mettant en contact des individus avec des points de vue différents que nous serons en mesure d’apporter un changement durable. Le partage est une formidable occasion de construire une communauté et il faut construire une communauté pour faire fonctionner le partage. » (www.ouishare.net)
Shared Squared
Basée à New York, Shared Squared aide les gens à partager en organisant des événements, en fournissant des ressources pour encourager les innovateurs de l’économie du partage, faciliter l’implication des gens dans le mouvement. « Notre approche est simplement de donner aux gens la possibilité d’apprendre, de connaître, de rencontrer et de soutenir d’autres personnes dans le même secteur d’activité, explique Adam Berk, le fondateur de Shared Squared. S’il y a bien une industrie qui doit collaborer, c’est la nôtre. » (www.sharedsquared.org)
The People Who Share (Les gens qui partagent)
The People Who Share est une organisation basée au Royaume-Uni qui cherche à intégrer le partage dans le courant dominant. Engagés à reconstruire le monde par le partage, leur vision est une économie de partage prospère où tout le monde est fournisseur d’outils, de ressources, de biens, de temps et d’expérience. Le 14 novembre 2012, en partenariat avec Ouishare et Shareable (www.shareable.net), ils ont organisé la première journée mondiale du partage.
« Fondamentalement, nous vivons sur une planète aux ressources limitées et nous avons une population croissante, a déclaré Benita Matofska, partageuse en chef à The People Who Share. Nous devrons partager pour survivre [….] La différence entre l’économie de partage et le modèle économique actuel est que cette nouvelle économie est bâtie par, avec et pour les gens et la planète. Fondamentalement les gens s’unissent autour de l’idée que nous avons un potentiel de partage illimité, et le partage indique comment construire des communautés solides, durables, heureuses et connectées. » (www.compareandshare.com/thepeoplewhoshare)
Unstash
Unstash est une plate-forme peer-to-peer pour la consommation collaborative qui vise à faciliter l’expérience du partage en rendant celui-ci amusant, facile et social. « Le partage de choses peut paraître dérisoire, explique Lon Wong, co-fondateur de l’organisation basée à Toronto. Mais selon mon expérience, partager une chose, même petite et tangible, peut devenir une passerelle vers le partage de la vie d’une manière profonde et significative. » (http://unstash.com)
Let’s Collaborate ! (Collaborons !)
Let’s Collaborate ! est une série d’événements créés pour inspirer et relier la communauté de consommation collaborative à New York. « Mon objectif, déclare Melissa O’Young, fondatrice de Let’s Collaborate !, est d’abord de créer le noyau d’une communauté de personnes militants pour une économie du partage, ce qui nous l’espérons les incitera à ensemencer la société de comportements plus collaboratifs. » (http://signup.letscollaboratenyc.com)
Fondation P2P
La Fondation P2P est un « observatoire des activités ouvertes, du partage, P2P [peer-to-peer] et orientées vers les biens communs. » Elle héberge de nombreuses conférences et offre 18 000 articles sur le sujet. L’organisation est un centre d’informations précieuses pour les chercheurs et les praticiens de l’économie de partage. (http://p2pfoundation.net)
KoKonsum
KoKonsum est un réseau allemand destiné aux personnes intéressées par l’économie de partage. L’organisation cherche à donner de la visibilité à des entreprises existantes, mais aussi aux nouvelles start-up basées sur l’économie de partage, et aux initiatives où tout le monde peux participer. « Selon moi, l’économie de partage va être un facteur important du nouveau type d’économie vers laquelle nous nous dirigeons, explique Daniel Bartel, fondateur de KoKonsum. La consommation collaborative va perturber de nombreuses industries, aider à résoudre les problèmes environnementaux, permettre aux gens de réaliser leurs rêves et construire un nouveau sentiment de confiance. » (www.kokonsum.org)
Consumo colaborativo
Consumo colaborativo est une plate-forme de médias numériques qui diffuse des informations et bonnes pratiques pour la communauté de partage. Basée en Espagne, l’organisation agit comme un point de connexion pour différents projets et personnes, et constitue un centre d’information pour les militants du partage.
« L’économie de partage, c’est comprendre que la consommation et la propriété sont des moyens d’atteindre un but, mais pas le but final / l’objectif lui-même, indique Albert Canigueral, fondateur de Consumo colaborativo. Nous avons vécu de façon très inefficace pendant les dernières décennies et la consommation collaborative nous permet d’utiliser de manière plus rationnelle toutes les choses déjà en place et les nouveaux objets que les hommes continuer à créer. » (www.consumocolaborativo.com)
Share Tompkins
Basée à Ithaca, New York, Share Tompkins aiguille les gens vers les ressources qui existent déjà, comme les banques alimentaires et les écoles libres, ainsi que les plates-formes de partage qui émergent localement, comme le Carshare d’Ithaca et les coopératives de biocarburant. Elle aide également à organiser et à diffuser les messages sur le partage des compétences, les échanges, le troc et les autres événements liés au partage.
« Le partage n’est en aucun cas une idée nouvelle, explique Shira Evergreen, co-fondatrice de Share Tompkins, soulignant qu’Ithaca est le siège d’Ithaca Hours, la plus ancienne monnaie alternative locale aux Etats-Unis qui est toujours en activité. La période actuelle est particulièrement intéressante car nous assistons à la fusion du partage avec la technologie, le design et l’esprit d’entreprise. C’est comme si nous réapprenions collectivement à compter les uns sur les autres et pour cela, nous devons mettre à profit les outils de notre temps. » (http://sharetompkins.wordpress.com)
Collaborative Consumption
L’association Collaborative Consumption est un défenseur mondial de l’économie de partage qui fait la promotion de l’accès aux biens plutôt qu’à leur possession, et cherche à « déverrouiller les capacités latentes » des actifs de manière à offrir un énorme potentiel social, économique et environnemental. « Le principal avantage de l’économie de partage qui nous passionne le plus, est qu’il renforce le pouvoir des gens, explique Rachel Bots-man, fondatrice de l’association et auteur de Ce qui est à moi est à vous : Comment la consommation collaborative change notre manière de vivre. Elle permet aux gens de vivre de manière plus durable, d’offrir de nouvelles possibilités de développer la communauté, de gagner de l’argent avec leurs actifs existants et, surtout, de retrouver un lien humain que nous avons perdu le long du chemin. (www.collaborativeconsumption.com)
LETSLinkUK
LETSLinkUK, Les Systèmes d’échanges locaux (SEL) sont des réseaux communautaires au Royaume-Uni où les gens peuvent échanger des biens ou des services. LETSLinkUK teste et développe des modèles pour échanger des devises, fournit une plate-forme centrale pour les SEL existants et aide les communautés intéressées à développer leur propre monnaie d’échange locale. (www.letslinkuk.net)
Sharetribe
L’association Sharetribe, basée en Finlande, est un réseau de communautés en ligne qui échange des produits, des services, des promenades, des espaces et davantage, et qui facilite le partage dans un environnement de confiance.
« Nous sommes persuadés que l’accès triomphera sur la propriété, déclare Juho Makkonen, cofondateur de Sharetribe. C’était la manière dont le monde était organisé auparavant, et dans de nombreux domaines elle reviendra. La construction des communautés est le cœur même du partage. Les communautés nous aident à créer la confiance. Ce sont de puissants facteurs de motivation : les personnes qui s’identifient à une certaine communauté veulent en général contribuer à ses intérêts communs. » (www.sharetribe.com).
Post-Growth Institute
Avec le slogan : « Du toujours plus, au meilleur » , l’Institut post-croissance fournit des plates-formes pour donner un aperçu du partage dans le contexte économique. Défenseur de la réduction de la consommation et de l’empreinte écologique, l’institut basé en Australie soutient les communautés de partage et les défenseurs du partage, organise des manifestations comme la Journée sans argent. « En partageant plus, nous contribuons à l’émergence d’un modèle économique équitable, ex-plique Donnie Maclurcan, fondatrice de l’Institut. Le partage nous rappelle qu’il y a assez pour tous, et que nous n’avons pas besoin d’une concurrence malsaine. Par le partage les états dysfonctionnels causés par la jalousie et l’idée que la propriété privée est la quintessence d’une société civilisée peuvent être annulés d’une manière positive. (postgrowth.org)
Sharers of San Francisco
Créée pour relier les gens intéressés par la nouvelle économie de partage, l’association Sharers of San Francisco contribue à l’organisation d’événements, dîners et séminaires où les militants du partage peuvent se rencontrer, apprendre les uns des autres et créer des liens. (www.sharers.co)
School of Commoning
School of Commoning rassemble des membres du mouvement pour les biens communs au niveau local et mondial. Elle propose des ateliers, des séminaires et des cours, et met en contact les militants du partage et les facilitateurs. « School of Commoning vise à améliorer les compétences individuelles et collectives dans la création, la protection et la gouvernance des biens communs, déclare George Por, cofondateur de l’école. Les biens communs sont ce que nous partageons, non par la propriété à des fins privées, mais grâce à la gestion collective des ressources nécessaires à une vie saine. Alors que nous nous dirigeons vers une société basée sur les biens communs, nous voyons de plus en plus d’exemples de confiance, de réciprocité et de relations visant à remplacer la marchandisation des biens et des services. » (www.schoolofcommoning.com)
Las Indias
Coopérative basée dans la péninsule ibérique, Las Indias milite pour un modèle de relance économique utilisant les pratiques de pair à pair (peer to peer, P2P). A l’origine du livre Les modes de production Peer-to-peer : un manifeste indien, le groupe Las Indias éduque sur les avantages de l’économie de partage, la promotion des biens communs et relie les participants au mouvement de partage. (www.lasindias.com)
Collaborative Chats
A San Francisco, opération mensuelle en faveur du mouvement pour la consommation collaborative, elle réunit des dirigeants, des participants et des spectateurs curieux de l’économie de partage. (collaborativechats.com)
Share Exchange
L’un des premiers centre de l’économie locale du pays, Share Exchange, à Santa Rosa, en Californie, est un lieu de rencontre communautaire, un espace de travail collaboratif, un marché local et un centre à but non lucratif faisant la promotion de l’économie locale. (www.shareexchange.coop)
Mesh Labs
Construit autour des principes introduits par l’auteur et entrepreneur Lisa Gansky dans son livre Le maillage : Pourquoi l’avenir de l’entreprise est le partage, Mesh Labs aide les entreprises à réussir dans l’économie de partage. Avec une portée mondiale et une réputation de chefs de file au sein du mouvement du partage, L. Gansky et son équipe utilisent la technologie, les médias sociaux et les liens avec la communauté pour éduquer les start-ups et les entreprises existantes sur le bien fondé d’embrasser « la nouvelle vague du commerce facilité par l’information qui améliore aussi notre communauté et de notre planète » . (www.meshing.it)
Shareable Australia
Shareable Australia, antenne australienne du magazine Share-able, agit pour créer des liens entre les personnes au sein du mouvement pour le partage. Elle facilite la diffusion de messages sur les rencontres, les échanges, les marchés de partage et les rapports sur les mouvements et les événements locaux. « Le mouvement de partage fournit une vision alternative convaincante pour réussir au 21e siècle, en plaçant des modèles basés sur les biens communs au centre de nos politiques, de nos économies et de la société » , déclare Darren Sharp, rédacteur en chef de Shareable Australia. (www.shareable.net/tag/shareable-australia)
Les organisations pionnières
La plupart des groupes cités ci-dessus sont les petits nouveaux dans le monde du partage. Car il existe plusieurs organisations de partage pionnières et bien établies, qui ont depuis longtemps montré le chemin, notamment la Coopération des étudiants nord-américains (nasco.coop), le Centre pour une économie populaire (www.populareconomics.org), l’Institut de la nouvelle économie (neweconomicsinstitute.org) et la Fondation de la nouvelle économie (www.neweconomics.org).
Reproduit avec la permission de www.shareable.net.
