Partage international no 331 – mars 2016
par Naoto Ozutsumi
Le séminaire international de l’Unesco sur l’éducation aux changements climatiques, intitulé Faire face au changement climatique : la réponse des écoles du réSEAU, s’est tenu les 7 et 8 décembre 2015 au siège de l’organisation, à Paris. Ce qui suit est le compte-rendu d’un participant, l’enseignant et auteur Naoto Ozutsumi, écrit du point de vue d’un éducateur impliqué dans la création de contenus pour les programmes scolaires visant à « préparer les élèves au changement climatique. »
Le réseau des écoles associées de l’Unesco (réSEAU) a apporté une contribution phare à la Conférence 2015 des Nations unies sur les changements climatiques (Cop21). C’était aussi un exemple de la mise en œuvre de l’article 6 de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, lequel concerne l’éducation, la formation et la sensibilisation du public. Le séminaire s’est focalisé sur le Programme d’action global pour l’éducation au développement durable de l’Unesco, qui fait suite à la Décennie des Nations unies pour l’éducation au service du développement durable, qui couvrait la période 2005-2014.
Le réSEAU met en lien plus de 10 000 écoles dans 181 pays. Le colloque a réuni les coordinateurs nationaux, des professeurs et des élèves de 55 écoles du réSEAU, venus de onze pays : Allemagne, Brésil, Danemark, France, Grèce, Indonésie, Japon, Liban, Namibie, République Dominicaine et Sénégal. Une centaine de personnes ont participé au séminaire, en comptant les modérateurs et les experts des sessions plénières.
Le changement climatique et les sujets corrélés doivent être abordés partout dans les écoles. Ce séminaire doit initier à l’intégration des questions relatives au changement climatique dans les écoles du réSEAU, à commencer par celles des pays participants.
Dans son discours d’accueil, la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, a déclaré : « Le développement durable commence à l’école. C’est pourquoi le réseau d’écoles associées de l’Unesco est si important. Les écoles du réSEAU prennent le pouls, étant sensibles aux besoins des communautés et de la société. »
Lors des sessions plénières avec les experts de l’éducation au développement durable (EDD) et avec les spécialistes du changement climatique, nous avons discuté la façon de mettre en œuvre à l’école l’éducation au changement climatique par une approche globale.
Nous avons également assisté à des présentations de projets, des débats et des ateliers afin de partager les bonnes pratiques et de développer des stratégies pour élargir notre action.
Prise de parole depuis la salle
Lors d’une session plénière, j’ai pu faire la déclaration suivante : « Je suis un enseignant au lycée de commerce d’Akita, au Japon. Notre lycée a publié cinq livres pour les lycéens, qui concernent l’EDD. Ce sont des livres à propos de la coopération internationale, du système des Nations unies, de la compréhension de l’Afrique, des problèmes environnementaux globaux et de l’EDD dans ses divers aspects. J’ai souligné le besoin de partager les ressources du monde.
Comme le montrent les discussions de la Cop21, il existe un affrontement entre les nations en développement et les nations développées. Pour résoudre cela, il faut instaurer de la confiance. Pour créer cette confiance, je pense que nous devons réaliser que l’humanité est une, que nous appartenons à la même famille humaine et donc que nous devons partager les ressources du monde équitablement.
Pour mettre en œuvre le partage des ressources, nous aurons peut-être besoin d’une nouvelle agence des Nations unies qui sera spécialisée dans la redistribution de ces ressources. Si nous nous montrons capable de partager les ressources et de créer la confiance entre toutes les nations, grâce à la coopération internationale nous pourrons planter des milliards d’arbres de par le monde, comme mesure contre le changement climatique. J’aimerais que vous réfléchissiez aux possibilités de cette entreprise.
Notre école a été invitée à ce séminaire international alors que dans notre quatrième livre (Un guide aux problèmes environnementaux mondiaux pour les lycéens – Arte, 2012, non traduit), j’ai abondamment critiqué l’énergie nucléaire, en expliquant les dangers des radiations nucléaires aux niveaux éthériques. J’ai même ajouté que des ovnis venus de Mars et de Vénus aident l’humanité en neutralisant cette pollution. De plus, dans le cinquième livre, La pratique de l’éducation au développement durable par une école associée à l’Unesco : à la recherche des nouvelles possibilités d’éducation – Arte, 2013, il est fait le lien entre la spiritualité et l’EDD. Nous avons recouru aux réflexions pédagogiques de Jiddu Krishnamurti et d’Alice Bailey et nous les avons examinées. Dans mon article, j’ai même décrit comment un monde durable pourrait être instauré avec l’aide de Maitreya, l’instructeur mondial, et les Maîtres de Sagesse. »
Pendant ce colloque de deux jours, les étudiants ont également pris la parole. Anthony Sanchez Rodriguez, du lycée Gerardo Jansen, en République Dominicaine, s’est montré extrêmement concerné par les impacts du changement climatique. « Nous [les jeunes] sommes les héros. Ils [les décideurs ou les enseignants] ne sont pas des super-héros. Nous sommes les héros. Si nous sommes indifférents, nous allons mourir. Nous allons tout détruire et personne n’aura ni futur ni rien à sauver. »
Auteur : Naoto Ozutsumi, collaborateur de Share International. Il habite à Akita (Japon).
Thématiques : environnement
Rubrique : Divers ()
