Le voyage d’Apollonius dans le nord de l’Inde

Partage international no 431juillet 2024

Sous le pseudonyme de Joséphine Saint-Hilaire, Helena Roerich écrivit en 1929 une collection de courts récits populaires sur la vie des grands enseignants. Elle existe en français sous le titre Au carrefour de l’Orient : légendes et prophéties d’Asie (1930)1.

Certes, le récit consacré à la vie d’Apollonius décrit avec précision les villes, sites et populations de la partie du nord de l’Inde qu’il a visitée, mais l’importance réelle de son voyage semble avoir totalement échappé aux lecteurs. Apollonius de Tyane passait pour un grand amateur des voyages lointains, mais là n’était pas sa principale motivation.

Encore jeune, il avait appris l’existence de la Demeure de la Fraternité de la bouche d’un collectionneur de récits étranges. Il n’y avait alors guère prêté attention, mais plus tard, ayant grandi en savoir et en sagesse, il s’en était souvenu, et quelque chose de très profond en lui l’avait poussé à entreprendre ce voyage dans le nord de l’Inde.

Il avait demandé conseil à un grand scientifique de ses amis, qui avait reçu plusieurs degrés d’initiation. Après avoir réfléchi et s’être informé pendant une année entière, cet homme vénérable répondit à Apollonius : « Mon ami, la chance est vraiment avec toi. On m’informe que tu peux préparer ton voyage. Un de mes amis t’attend au Kashmir : il te fournira toutes les indications nécessaires. »

Le voyage d’Apollonius fut long, car, chemin faisant, il fit de nombreuses rencontres. L’une de ces personnes, semblant deviner son intention profonde, lui dit : « Je peux t’être utile. Je connais celui vers qui tu chemines. Lorsque tu atteindras l’ancienne Gandhara, ajouta-t-il en donnant un coffret à Apollonius, je te prie d’accepter mon hospitalité et d’utiliser ma demeure. » Apollonius ne sut jamais le nom de cet étranger.

Arrivé à Taksila, Apollonius trouva la demeure de l’étranger, et frappa la porte d’entrée avec le marteau. Un jeune hindou lui ouvrit, l’invitant à entrer. Se souvenant alors que le nom de l’hôte lui était inconnu, Apollonius montra le coffret au portier, qui introduisit le voyageur dans une pièce garnie d’une table et de deux fauteuils.

Un homme de grande taille ne tarda pas à entrer dans la pièce, vêtu d’un caftan décoré des insignes d’un commandant de cavalerie.

Il se présenta comme le frère de l’hôte, et, semblant déjà connaître l’objet de la visite d’Apollonius, il ajouta : « Mes gens vous accompagneront demain. »

Le lendemain matin, Apollonius vit dans la cour plusieurs guerriers et chevaux. Il se hâta de les rejoindre. Ils conduisirent Apollonius dans les montagnes du nord, où ils le quittèrent.

 

Le trépas d’Apollonius

Dans la biographie d’Apollonius, le récit de son trépas a été tronqué, mais le témoignage de son disciple, Callicratus, nous est parvenu.

Apollonius se mit à entendre des voix lui ordonnant de retourner sur les rivages qu’il connaissait déjà, pour le plus grand enrichissement de son esprit. En compagnie de son disciple, le Maître, sans révéler le but de son voyage, appareilla aussitôt.

Alors qu’ils approchaient de la caverne où le Grand Maître avait conféré l’initiation aux Arhats, un homme grand et âgé vint à leur rencontre. Longtemps, il conversa avec Apollonius, mais Callicratus n’entendit que les derniers mots du vieil homme : « Si tu as décidé d’accepter le calice de l’apostolat de l’enseignement, ne tarde pas. »

Lorsque le vieil homme eut disparu dans les profondeurs de la caverne, Apollonius ordonna à son disciple de rassembler rapidement une grande quantité de bois parfumé dans ce lieu et d’en faire un lit ; ensuite, lorsqu’il entendrait une voix émanant de la voûte de la caverne, il lui faudrait allumer le bois sans se retourner, avant de se hâter de gagner les côtes de la Grèce en oubliant ce qui s’était passé.

Ayant prononcé ces paroles, le Maître sembla s’abandonner à un profond sommeil.

Callicratus, immobile, veilla sur le feu jusqu’au milieu de la nuit. Soudain, du haut de la voûte de la caverne, la voix du Maître, renforcée d’un écho puissant, retentit : « Voici : je ne suis pas mort, car je vais accepter le calice de l’apostolat. »

Plus tard, ayant accompli tout ce qui lui avait été ordonné, Callicratus demanda que l’on dépose ce témoignage dans sa propre tombe, à ses côtés.

1 – Voir également notre numéro de mai 2024, page 17.

 

Jésus se réincarna rapidement en tant qu’Apollonius de Tyane, devint un Maître dans cette vie-là et travailla en Inde du Nord où il fut enterré. Ces faits sont à l’origine de la légende, dont plusieurs auteurs se sont inspirés, selon laquelle Jésus ne serait pas mort sur la croix, mais se serait rendu en Inde du Nord, où il aurait été enterré.

Le Maître Jésus, comme il s’appelle maintenant, a eu deux autres corps physiques depuis celui d’Apollonius, et possède maintenant un corps syrien depuis 640 ans.

Il se fait appeler le Maître Jésus plutôt qu’Apollonius, car ce nom parle tout spécialement aux Églises chrétiennes. Historiquement, bien sûr, le Maître Jésus et Apollonius de Tyane furent deux manifestations différentes de la même individualité, mais il continue à se faire connaître au sein de la Hiérarchie comme le Maître Jésus et c’est sous ce nom que nous le connaîtrons dans la période qui vient.

[Source : La Mission de Maitreya, tome I]

Inde
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Rubrique : Divers ()