Partage international no 146 – octobre 2000
Plus de 1 000 représentants des différentes religions et spiritualités venus du monde entier se sont réunis aux Nations unies, à New York, à la fin du mois d’août dernier. Les débats et les discours ont porté sur le rôle des différentes croyances dans la recherche de la paix mondiale. Les organisateurs espèrent établir un conseil permanent des leaders religieux qui donnerait son avis aux Nations unies sur la manière de prévenir et de régler les conflits.
Le Dalaï Lama, chef spirituel en exil du bouddhisme tibétain et lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1989, n’était pas invité. Le secrétariat du Dalaï Lama a déclaré qu’il semblait que ceci soit dû à la pression du gouvernement chinois sur les Nations unies. Dans une interview sur CNN, le Dalaï Lama a affirmé que la paix est plus que jamais auparavant accessible : « Le concept de paix, de non-violence […] devient de plus en plus réel », a-t-il dit.
En commentant cette exclusion, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan a déclaré : « J’ai souligné qu’il aurait été préférable que tout le monde soit présent. » Et l’archevêque Desmond Tutu, également lauréat du Prix Nobel de la Paix, a déclaré dans une lettre adressée aux Nations unies que l’on semblait avoir « cédé à la pression du gouvernement chinois. Et s’il en est ainsi, cela sape totalement l’intégrité des Nations unies et la crédibilité de ces sommets. » Dans une lettre du Dalaï Lama adressée au Sommet et remise par un représentant tibétain à l’Assemblée générale, le chef tibétain s’exprime ainsi : Je suis également convaincu que si le XXe siècle fut un siècle de guerres et d’indicibles souffrances, le XXIe siècle sera un siècle de paix et de dialogue. Alors que les progrès permanents de la technologie font de notre monde un véritable village planétaire, je suis persuadé qu’il viendra un moment où la guerre et les conflits armés seront considérés comme des moyens dépassés et obsolètes de régler les différences entre les nations et les communautés. Les différents pays du monde réaliseront bientôt que le dialogue et le compromis sont les meilleurs moyens de régler les différences, pour le bien de tous, pour notre avenir et l’avenir de notre planète tellement ravagée et si fragile. »
La lettre du Dalaï Lama au Sommet se termine par une prière composée au XIe siècle par un maître bouddhiste indien, Shanti Deva :
« Si longtemps que l’espace durera,
Et si longtemps qu’il demeurera des êtres sensibles,
Puissé-je aussi jusqu’alors rester présent
Afin de dissiper la misère du monde. »
Sources : Bureau tibétain, Genève
Thématiques : politique, religions
Rubrique : Tendances (Dans le monde actuel s’affirme une tendance de plus en plus prononcée à la synthèse, au partage, à la coopération, à de nouvelles approches et avancées technologiques pour la sauvegarde de la planète et le bien-être de l’humanité. Cette rubrique présente des événements et courants de pensée révélateurs d’une telle évolution.)
