Partage international no 43 – mars 1992
par Aart Jurriaanse
L’importance du rôle joué par le service dans le développement spirituel du disciple a été souligné à de nombreuses reprises. En fait, la distance parcourue sur le Sentier de la Lumière dépendra étroitement de la nature et de la qualité du service rendu par le disciple à ses frères humains, ainsi que de sa capacité de contribution à la réalisation du Plan Hiérarchique. Ce critère devrait toutefois être utilisé avec précaution, car le véritable service est souvent rendu sans ostentation, voire sans aucune manifestation extérieure.
La beauté du service réside dans son aspect gratifiant pour toutes les parties prenantes. Ainsi, l’importance de l’avantage reçu par le bénéficiaire du service variera selon le niveau d’évolution du serviteur, son degré de qualification pour la tâche en question, l’énergie et le dévouement avec lesquels est entrepris le travail, ainsi que le degré d’amour et de compréhension ayant engendré l’effort. En temps voulu, le serviteur s’apercevra à son tour que sa propre récompense se trouve fonction de l’importance du service rendu aux autres. Il y aura gagné une expérience de valeur, étendant sa capacité de discernement et le conduisant inévitablement à des expansions de conscience supplémentaires et à de nouvelles opportunités de service d’ampleur toujours plus grande. Sa Lumière intérieure resplendira davantage, illuminant non seulement son propre chemin, mais irradiant également le sentier pour son jeune frère, à qui il sert de guide. Ainsi obtiendra-t-on de plus grandes récompenses en servant les autres qu’en étant soi-même servi.
La Hiérarchie se trouve gênée dans la mise en œuvre du Plan du fait que les Maîtres, pour la majeure partie de leur tâche, dépendent des hommes qui leur servent d’instruments, et que ces instruments se révèlent dans l’ensemble irréguliers et peu fiables. En règle générale, les disciples ont conscience des besoins du monde, et leur désir de les satisfaire est authentique et sincère. Ils éprouvent également une véritable soif de se lever et de servir mais, du point de vue de la Hiérarchie, leurs caractères et leurs tempéraments sont souvent source de difficultés quasi-insurmontables.
Ces traits de caractères perturbateurs se trouvent généralement à l’état latents. Ils ne font leur apparition qu’après le lancement de quelque tâche, et peuvent entraîner l’échec, la tragédie ou une souffrance inutile. A ce propos, il convient de répéter que le disciple doit s’efforcer de conserver son équilibre en toutes circonstances, et se garder de toutes stimulations excessives lorsque le contact est établi avec les forces spirituelles intérieures. En outre, le disciple se trouvera placé en relation avec des hommes de tous les milieux, avec leur cupidité égoïste, leur flagornerie, leurs éloges, et leurs critiques, qui tendront à obscurcir le mental du disciple et son action, s’ils ne sont pas approchés avec un détachement suffisant. Sous la pression de la tâche, la faiblesse latente de la personnalité du disciple tendra à émerger et réveillera des inclinations partiellement surmontées, telles l’orgueil, l’ambition, et l’amour du pouvoir. Une tension mentale continuelle peut entraîner un état de confusion et voiler la vision et la vérité. Dans d’autres cas, la personnalité s’impose trop fortement, engendrant des attitudes empreintes de vanité, de séparatisme et d’orgueil, compromettant tout travail de valeur.
Le disciple ne devrait pas se mettre à la poursuite du service. Celui-ci constitue en réalité une attitude instinctive de l’âme, une aspiration impossible à réfréner, qui doit s’exprimer d’une manière ou d’une autre. Il ne s’agit pas de quelque chose qui puisse être enseigné ou imposé à un individu, mais d’une impulsion qui se manifeste spontanément, et qu’il convient seulement de guider vers un objectif approprié.
Des obstacles se tiendront toujours sur le Sentier du serviteur du monde, mais la joie de la réalisation, la satisfaction du travail accompli au mieux de ses capacités, et par-dessus tout la connaissance, demeureront à jamais, malgré tous les soucis et toutes les difficultés. De plus, le serviteur prendra parfois conscience que le Grand Maître, le Christ, observe, avec sympathie et compréhension, pour avoir également parcouru le même Sentier escarpé. En outre, il est surprenant de constater à quel point l’homme qui sert avec désintéressement et concentration dans une seule direction se verra déchargé de difficultés dans son labeur, et à quel point sa tâche sera souvent allégée par une assistance inattendue, rendant également son travail plus efficace. Cette aide ne sera toutefois prodiguée qu’envers ceux qui ont transcendé toute aspiration personnelle et, dans leur désir de servir, ont abandonné tout souci de progrès personnel.
Pour que le service soit réellement efficace, il doit être rendu avec total désintéressement, c’est à dire en oubliant le passé avec ses peines et ses joies, en oubliant le soi personnel avec tout ce qu’il veut offrir ou retenir, en oubliant les paroles des spectateurs bienveillants, encourageants ou critiques. Ainsi, dans le service, soyez prêts à sacrifier le soi, le temps, l’argent et les intérêts personnels, en un total oubli de soi. Servez simplement, avec joie, de tout votre cœur, et avec tout ce que vous avez à donner !
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : sagesse éternelle
Rubrique : Esotérisme ()
