Partage international no 195 – novembre 2004
Anders Berntell, directeur de l’Institut international de l’eau (IIE), à Stockholm, affirme que « le monde court vers la pénurie d’eau ». Les mangeurs de viande sollicitent trop les réserves d’eau. L’IIE a récemment publié un rapport demandant aux gouvernements de « persuader les gens de manger moins de viande » afin de réduire la sollicitation des réserves d’eau.
Les agronomes s’accordent sur le fait qu’il est virtuellement impossible que les générations futures continuent de suivre les régimes alimentaires actuels de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord sans détruire l’environnement.
Les repas à base de viande et de végétaux, que la plupart des gens consomment s’ils peuvent se l’offrir, demande plus d’eau que ne le requièrent des céréales comme le blé ou le maïs. En moyenne, il faut 1 790 litres d’eau pour faire pousser 1 kg de blé, mais 9 680 litres pour produire 1 kg de viande.
Environ 840 millions de personnes dans le monde sont sous-alimentées et les prévisions de croissance prévoient deux milliards de naissances d’ici vingt ans. Dans ces circonstances, la recherche de l’eau nécessaire à la production de la nourriture sera l’un des défis majeurs des gouvernements. Aujourd’hui, 90 % de l’eau consommée est utilisée pour produire la nourriture. David Molden, responsable de recherche à l’IIE déclare qu’« en moyenne d’ici vingt ans, il y aura assez de nourriture pour tout le monde, mais si nous ne changeons pas la manière de la produire, il y aura bien plus de personnes sous-alimentées ».
Selon l’IIE, la meilleure approche serait de combiner les méthodes traditionnelle et hi-tech de préservation de l’eau. Des variétés de céréales mieux sélectionnées, de meilleures méthodes de cultures et une irrigation plus précise réduirait la consommation d’eau et augmenterait les rendements.
L’IIE suggère que les fermiers utilisent davantage l’eau usée urbaine pour l’irrigation. On estime que seulement 10 % de la population mondiale mange une nourriture produite en utilisant les eaux usées.
Mais le point le plus important souligné par les auteurs du rapport presse les gouvernements occidentaux à modifier leurs politiques, vu le déséquilibre des échanges et des niveaux technologiques entre les pays développés et ceux en développement. « Les subventions agricoles [en Occident] maintiennent les prix bas dans les pays pauvres et découragent le fermier d’investir [dans des techniques économisant l’eau] car ils n’auraient aucun retour sur leurs investissements. Des législations sur la terre et l’eau sont également nécessaires, afin que les gens investissent sur le long terme. »
Sources : The Guardian, Grande-Bretagne
Thématiques : Sciences et santé, Société, environnement, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
