Partage international no 370 – juin 2019
par Idina Le Geyt
Deux scientifiques de Cambridge de renommée mondiale ont récemment abandonné le courant dominant et défendent maintenant la pensée alternative.
Le professeur Huw Price, philosophe australien titulaire de la chaire Bertrand Russell à la faculté de Cambridge et membre du Trinity College de Cambridge (Royaume-Uni), et le gallois Brian Josephson lauréat du prix Nobel, ancien professeur de physique au laboratoire Cavendish, actuellement professeur émérite de physique à l’université de Cambridge, membre du Trinity College de Cambridge et membre de la Royal Society du Royaume-Uni.
Fusion froide
Le professeur Price est l’auteur d’un article intitulé Des Icebergs dans la pièce – La Fusion froide à 30°C (3 Quarks Daily, 4 mars 2019). Il y a trente ans, le 23 mars 1989, les docteurs Stanley Pons et Martin Fleischmann annonçaient lors d’une conférence de presse à l’Université d’Utah, qu’ils avaient provoqué une réaction de fusion nucléaire à température ambiante, ce qui serait susceptible de résoudre les besoins énergétiques de l’humanité. De son côté, H. Price défend la validité des expériences ultérieures dans ce domaine, malgré l’hostilité de la science traditionnelle qui a réussi à empêcher et à dénigrer toute tentative de poursuite des recherches. Il écrit : « Nous avons désespérément besoin de nouvelles alternatives aux combustibles fossiles… Pourtant, il existe une possibilité envisagée depuis trente ans, qui reste résolument ignorée par la science traditionnelle. C’est ce qu’on appelle la fusion froide ou réactions nucléaires à basse énergie (LENR). […] Elle est souvent traitée comme un exemple classique de pseudoscience peu recommandable. » Le Pr Price souligne toutefois que malgré les difficultés de reproduction, ses partisans ont poursuivi le travail.
H. Price cite un récent article signé par 17 scientifiques japonais qui rapportent avoir produit un excès d’énergie thermique par LENR, impossible à attribuer à une simple réaction chimique. Cependant « la fusion froide est bloquée dans un piège de réputation, explique-t-il. Son image est si mauvaise que nombre de scientifiques ont l’impression de mettre leur réputation en péril s’ils se montrent ouverts sur ce sujet. » Les conclusions japonaises sont donc ignorées, de même que les travaux de deux laboratoires américains, SRI International et le laboratoire SPAWAR (Space and Naval Warfare) à San Diego, ainsi que de nombreux autres documents techniques faisant état de résultats non explicables par des processus chimiques connus.
Il y a trois ans, H. Price avait prédit que d’ici 2019, un expérimentateur au moins fournirait des preuves convaincantes montrant que cette nouvelle technologie « génère un excès de chaleur substantiel par rapport aux intrants électriques et chimiques ». Mais ses pairs « avaient jugé sa prédiction si ridicule et si déshonorante pour la science qu’elle méritait de lui faire perdre sa réputation. Parfois, cette réaction était exprimée avec une véhémence considérable, de la part même d’amis » a-t-il ajouté. H. Price cite aujourd’hui le dispositif LENR de la société Brillouin Energy comme présentant des résultats prometteurs.
H. Price compare l’attitude scientifique actuelle à celle consistant à ignorer l’existence possible de l’iceberg qui a coulé le Titanic, ou les avertissements concernant les joints toriques qui ont provoqué l’explosion de la navette spatiale Challenger.
[Source : 3quarksdaily.com]
Homéopathie
Le Pr Josephson a la réputation d’épouser des causes impopulaires. Le 14 juillet 2018, il donnait une conférence sans précédent lors d’un séminaire intitulé Nouveaux horizons dans les sciences de l’eau – Des preuves pour l’homéopathie ?, organisé par la Société royale de médecine de Londres en mémoire du docteur Jacques Benveniste, immunologiste français décédé en 2004.
Parmi les intervenants figuraient deux lauréats du prix Nobel, les professeurs Josephson et Montagnier, ainsi que nombre d’éminents professeurs et scientifiques, qui mettent en doute la position dominante de la science selon laquelle il ne peut y avoir d’effet thérapeutique de l’eau diluée au point qu’il ne reste plus aucune molécule de la substance d’origine.
Les orateurs ont illustré la poursuite des recherches, malgré les pressions exercées par la communauté scientifique. Rob Verkerk, intervenant lors d’un séminaire, a déclaré sur le site de l’Alliance internationale pour la santé naturelle : « J’ai été un témoin attentif des attaques sauvages et injustes menées contre l’homéopathie. C’est pourtant un système de médecine dont les homéopathes et les patients ont constaté les avantages évidents. »
Le professeur Luc Montagnier a expliqué que les signaux électromagnétiques peuvent être transduits dans des solutions aqueuses hautement diluées contenant à l’origine de l’ADN bactérien ou viral. L. Montagnier a découvert que l’agitation des préparations au cours de leur dilution (« succussion » en homéopathie) était essentielle pour cette transduction.
Dans sa présentation, le Pr Josephson fait référence à une « affirmation énoncée comme un dogme par un chercheur bien connu en médecine complémentaire, dont je vais épargner les rougeurs en ne le nommant pas, qui a déclaré : pas de molécules, pas d’effet. Si tel était le cas, il n’y aurait pas d’enregistrement magnétique, ni de formes cristallines différentes de la même substance. La mémoire de l’eau est insensible à cet argument. » Il a illustré le travail de John Stuart Reid, dont le CymaScope révèle des structures induites acoustiquement dans l’eau. « Ce n’est pas simplement un nouvel instrument scientifique, mais aussi une nouvelle science et je soupçonne un nouveau domaine des mathématiques », a-t-il déclaré.
Le professeur Josephson a la réputation de soutenir des causes peu orthodoxes. Quand le pionnier de la fusion froide, Martin Fleischmann, est décédé en 2012, il avait rédigé une notice nécrologique favorable parue dans The Guardian.
[Sources : greenmedinfo.com/blog ; anhinternational.org ; theguardian.com, Royaume-Uni]
Auteur : Idina Le Geyt, collaboratrice de Share International basée à Londres, au Royaume-Uni.
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Divers ()
