Le Prix mondial de l’alimentation récompense deux anciens présidents

Partage international no 278octobre 2011

Les anciens présidents du Ghana et du Brésil ont été nommés lauréats du Prix mondial de l’alimentation pour leurs efforts fructueux en vue de réduire sensiblement la faim et la pauvreté dans leur pays.

Sous la houlette de John Agyekum Kufuor, le Ghana est devenu le premier pays sub-saharien africain à réduire d’au moins de moitié la proportion de sa population souffrant de la faim ainsi que celle qui vit avec moins d’un dollar par jour. Le nombre de personnes souffrant de la faim au Ghana a été réduit de 34 % en 1990 à 9 % en 2004, et son taux de pauvreté de 51,7 % en 1991 à 26,5 % en 2008.

Entre 2001 et 2009, durant ses deux mandats présidentiels, A. Kufuor a entrepris des réformes économiques qui ont renforcé les investissements publics dans l’agriculture et l’alimentation. La production de cacao du pays a doublé entre 2002 et 2005 et celle des cultures vivrières comme le maïs, le manioc, l’igname et la banane plantain, ainsi que celle du bétail, ont augmenté considérablement.

Le Programme d’alimentation scolaire du Ghana lancé par le président Kufuor a fourni un repas par jour produit localement pour les enfants de la maternelle à l’école secondaire de premier cycle (de 4 à 14 ans). En procurant une alimentation nutritive à l’école, le programme a considérablement réduit le niveau de faim chronique et la malnutrition tout en améliorant la fréquentation scolaire. Fin 2010, plus d’un million d’enfants des écoles primaires ont pris part au programme.

En recevant sa récompense, l’ancien président Kufuor a déclaré que ce prix était une reconnaissance de ce qui peut arriver lorsque les gouvernements accordent la priorité à la réduction de la faim. « Je suis ravi qu’en cette période de crise alimentaire croissante dans le monde, j’ai été jugé comme méritant cette grande récompense pour le rôle que j’ai joué dans le renforcement de l’agriculture dans mon pays, le Ghana, au cours de mes mandats », a t-il déclaré.

Stratégie Faim Zéro

Avant même son entrée en fonction comme président du Brésil en 2003, Luiz Ignacio Lula da Silva avait indiqué clairement que la lutte contre la faim et la pauvreté serait une priorité de son gouvernement. Ses initiatives ont contribué à réduire le nombre de Brésiliens vivant dans la pauvreté de 12 % en 2003 à 4,8 % en 2009, avec 93 % des enfants et 82 % des adultes qui disposent de trois repas par jour.

Plus de dix ministres ont travaillé sur les programmes Faim Zéro, qui ont permis un meilleur accès à la nourriture, le renforcement des exploitations familiales et des revenus ruraux, l’augmentation des inscriptions des enfants à l’école primaire, et plus de pouvoirs en faveur des pauvres. Lula da Silva a encouragé la participation des Etats et des communes et la collaboration entre la société civile et le secteur privé ; cette stratégie s’est révélée essentielle à la réussite des programmes.

Faim zéro est rapidement devenue l’une des politiques de sécurité alimentaire des plus réussies dans le monde grâce à son vaste réseau d’initiatives, comme le programme Bolsa Familia, le Programme d’achat de nourriture, et le Programme d’alimentation scolaire.

Le programme Bolsa Familia, mis en place pour fournir une aide financière aux familles pauvres, a été un facteur important pour la réduction de la pauvreté à travers la nation. En 2009, plus de 12 millions de familles bénéficiaires ‑ près d’un quart de la population du Brésil ‑ ont obtenu une garantie de revenu minimum et un accès aux biens et services de base.

Le Programme d’achat de nourriture, a permis aux producteurs locaux de répondre directement à l’accroissement de la demande de produits alimentaires et a contribué au développement rural par l’accès direct à la nourriture via les petits producteurs. La distribution aux familles pauvres s’est faite via les écoles publiques, les restaurants communautaires, les centres de santé et autres organisations connexes.

Le programme national d’alimentation scolaire a eu un impact considérable sur la réduction de la malnutrition des enfants en fournissant des repas nutritifs dans toutes les classes des écoles publiques du Brésil. A la fin de l’année 2010, 47 millions d’enfants avaient bénéficié de ce programme, au moins 30 % de la nourriture étant fournie par les fermes locales. La malnutrition infantile a chuté de 61,9 % entre 2003 et 2009, et tous les groupes d’âge ont pu bénéficier d’un meilleur accès à une alimentation de qualité.

En recevant le prix, l’ancien président Lula da Silva a déclaré : « Je suis convaincu que c’est le partenariat avec la population brésilienne qui fut le plus important pendant ma présidence. Je suis vraiment ému de voir que le Brésil a été reconnu pour sa bonne politique en matière d’agriculture et de lutte contre la faim. Le Brésil a beaucoup à montrer dans le domaine de la sécurité alimentaire. Et nous voulons partager notre expérience avec d’autres pays, en particulier avec les pays africains et les pays pauvres d’Amérique latine, et ce dans le domaine des connaissances techniques mais aussi dans les questions de productivité et de distribution alimentaires. »

Le Prix mondial de l’alimentation a été créé en 1987 par Norman Borlaug, agronome américain et lauréat du prix Nobel, décédé en 2009, pour faire connaître les personnes qui ont contribué de manière marquante à l’augmentation de la qualité, de la quantité ou de la disponibilité des aliments dans le monde.


Sources : worldfoodprize.org ; Associated Press
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)