Le point de vue d’un lecteur en 1982

Partage international no 417mai 2023

Cher Monsieur,

Comme toute personne sensée en conviendra, il n’y a rien à reprocher au message de Share International. Je ne crois pas à la présence du Christ dans le monde, mais je serais plus enclin à y croire si votre Christ se montrait audacieux et indiquait le seul moyen d’obtenir un monde meilleur : c’est-à-dire se débarrasser de cette effroyable course aux armements. Si nous et d’autres nations arrêtions de fabriquer des armes nucléaires, la pauvreté du tiers monde pourrait être éradiquée du jour au lendemain. Je m’étonne que le Christ, s’il est une réalité, ne proclame pas haut et fort qu’il s’agit là du plus grand mal que ce monde ait jamais connu. Si vos messages comprenaient cette idée, je serais peut-être un peu moins sceptique. Ce qui importe le plus dans le monde d’aujourd’hui, c’est d’abolir ces armes de destruction massive, qui sont profondément immorales, scandaleusement coûteuses et terriblement dangereuses.

Je vous prie d’agréer, cher Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

J. B., Devon, Royaume-Uni

 

Réponse de Benjamin Creme : Vous avez tout à fait raison. Les armes sont immorales, coûteuses et dangereuses. Il ne fait aucun doute que Maitreya serait d’accord avec cette opinion. Mais la manière dont nous pensons que la course insensée aux armements pourrait être stoppée est différente. Les armes, aussi coûteuses, dangereuses et immorales qu’elles puissent être, ne sont pas la cause du problème mais son résultat. Elles sont le résultat du fait que l’humanité est dangereusement divisée et piégée dans des structures cristallisées, et qu’elle s’est abandonnée à la sécurité illusoire du matérialisme. Appeler les grandes puissances à mettre fin à la course aux armements n’aura que peu ou pas d’effet tant que chaque partie se méfiera profondément de la bonne volonté de l’autre.

D’où la recommandation de Maitreya de rechercher la racine du problème : il préconise la mise en œuvre du principe de partage car, de cette manière, les nations actuellement en guerre et hostiles pourraient parvenir à un changement total de perspective. Les divergences politiques sur lesquelles se fondent les besoins en armement dépendent dans une large mesure de facteurs économiques. Les problèmes économiques sont essentiellement des problèmes de répartition et de redistribution. En acceptant le principe du partage, ces différences économiques seraient résolues. Dans cette nouvelle situation, il serait possible de mettre fin à la course aux armements et la guerre. A notre avis, la division entre riches et pauvres constitue une menace aussi grande pour la stabilité du monde que la course aux armements nucléaires. Nous ne sommes pas les seuls à partager ce point de vue : il est au cœur du rapport de la Commission Brandt. Même s’ils sont bien intentionnés, ceux qui prônent un simple désarmement sans l’acceptation du partage mettent, selon nous, la charrue avant les bœufs et seront déçus.

Il y a aussi une deuxième raison de souligner que le principe du partage est plus fondamental qu’une condamnation unilatérale des méfaits de l’armement nucléaire : tout individu peut commencer à appliquer l’idée du partage dans son propre environnement, avec les moyens limités dont il dispose, et contribuer ainsi, progressivement, à un changement social immédiat. En revanche, les résolutions visant à arrêter la course aux armements ne peuvent être prises – dans les démocraties – que si plus de la moitié de la population y adhère ; alors que dans les pays soumis à des régimes dictatoriaux, il faudrait beaucoup plus que cela pour obtenir un changement dans la politique d’armement, changement que nous attendons déjà depuis des décennies. Le partage est donc un instrument beaucoup plus direct et efficace pour atteindre l’objectif que nous souhaitons, avec vous, voir se réaliser : un monde libéré de la faim et de la pauvreté, dans lequel il n’y a pas de place pour les armes. (Share International, octobre 1982)


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Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)