Le Plan Marshall du chancelier britannique

Partage international no 197février 2005

Gordon Brown, le chancelier de l’Echiquier britannique, veut utiliser les présidences britanniques du G8 et de l’UE comme tremplin pour enrayer la pauvreté et instaurer un nouveau Plan Marshall en faveur des pays les plus pauvres. Récemment, à Glasgow, le chancelier a énuméré ses objectifs pour les présidences et exposé les trois principaux engagements de son plan.

– Il souhaite l’effacement total de la dette des pays les plus pauvres, qui doivent 80 milliards de dollars au FMI, à la Banque mondiale et à la Banque africaine de développement. « Insister pour le remboursement de ces dettes est injuste – c’est une offense à la dignité humaine. Ce qui est moralement faux ne peut être économiquement juste », a-t-il déclaré.

– Il a promis « les premières négociations commerciales mondiales de l’Histoire en faveur des pays les plus pauvres ».

– Il s’est engagé à créer une nouvelle facilité financière internationale destinée à récolter 50 milliards de dollars supplémentaires, d’ici un an, auprès des marchés de capitaux internationaux.

Dans sa quête passionnée pour l’allégement de la dette, G. Brown s’est engagé auprès de nombreuses organisations non gouvernementales largement soutenues par le public. Ce faisant, il a identifié une nouvelle forme de politique qu’il appelle « consensus progressif ». Au cours d’une récente interview parue dans le journal britannique The Independent, il a expliqué que le soutien du public était vital pour ce consensus, citant l’exemple du public britannique qui est en faveur de l’allègement de la dette et de la nécessité de prendre des décisions au niveau local. « Les progrès dans ce domaine dépendent de la volonté populaire. Ils ne peuvent être accomplis par les seuls gouvernements ou par une élite politique », a-t-il ajouté.

Suite au désastre du tsunami de décembre 2004, G. Brown a négocié un accord avec les chefs des pays les plus riches en faveur d’un moratoire d’au moins un an sur les 3 milliards de dollars de dette dues par les pays frappés par le désastre. Evoquant l’immense soutien du public dans le monde entier et les implications de ce soutien sur le problème plus vaste de la pauvreté dans le monde, le chancelier a déclaré : « La solidarité mondiale de ces derniers jours n’exprime pas seulement de la sympathie, mais aussi un soutien montrant que même si nous sommes des étrangers, séparés et dispersés à travers le monde, même si nous sommes de races différentes, même si notre richesse et nos revenus nous différencient, même si nous sommes divisés par nos croyances et nos idéologies – même si nous sommes différents et souvent divisés – nous constituons un seul univers moral. Et le sens moral que nous partageons et qui nous est commun fait que nous savons où est notre devoir envers les autres. »


Sources : The Independent, G.-B.
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : La voix de la raison (« Hormis la guerre, rien ne compromet aussi gravement l’avenir de l’humanité que la pollution. Constatant qu’il en est ainsi, certains pays ont pris des mesures pour la réduire et pour limiter le réchauffement climatique. D’autres, parfois parmi les plus gros pollueurs, nient la réalité d’un tel réchauffement en dépit des preuves qui s’accumulent. A tout moment, dorénavant, les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade, qu’elle a besoin de soins immédiats et attentifs pour retrouver l’équilibre. Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Source : Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012)