Le partage est la clé

Partage international no 183novembre 2003

par Benjamin Creme

Le principe du partage est au cœur des enseignements de Maitreya et se trouve en toile de fond de la série des 140 messages qu’il a donnés à travers Benjamin Creme, lors de rencontres publiques qui se sont déroulées à Londres, entre 1977 et 1982. Ces messages, transmis grâce à un processus d’adombrement mental, montrent à l’humanité que la solution aux problèmes mondiaux peut être simple si nous adoptons un nouveau mode de vie basé sur le partage et la justice.

Nous présentons ici des citations sur le partage extraites des messages de Maitreya, un article du Maître de Benjamin Creme et les réponses de Benjamin Creme à des questions qui lui ont été posées sur ce thème.

Arguments en faveur du partage

Le moment viendra bientôt pour l’humanité de prendre une importante décision. Déchirée de toutes parts comme elle l’est par les divisions et les clivages, elle doit trouver une nouvelle approche aux nombreux problèmes qui l’assaillent. Sinon, il ne fait guère de doute qu’un avenir lourd de menaces l’attend.

Historiquement, il n’existe aucun précédent à la situation actuelle, ni aux conditions qui règnent sur la Terre. Jamais auparavant autant d’âmes n’ont coexisté sur la planète. Rarement, pour ne pas dire jamais, les divisions entre les groupes n’ont été si pénibles et si profondes. Jamais l’homme n’a eu le contrôle de forces de destruction aussi puissantes que celles dont il dispose aujourd’hui, et qui lui donnent le pouvoir de détruire la vie dans tous les règnes. Devant la menace d’une telle destruction, l’homme doit faire le bilan de la situation et inventer de nouvelles manières de procéder.

Parmi toutes les possibilités, une seule n’a jamais été essayée. Durant toute son histoire une réponse simple a échappé à la conscience de l’humanité, le principe du partage. Il est le seul qui puisse répondre à ses besoins et résoudre ses nombreux problèmes car c’est un principe fondamental du Plan divin. Sans partage, l’homme renie sa divinité et engrange tous les malheurs à venir. Sans partage, c’est le règne d’un impitoyable chaos et l’homme se voit refuser la justice qui lui revient de droit. Seul le partage fournit l’opportunité d’établir le Plan divin de Fraternité et d’extirper à jamais du monde l’hérésie de la séparation.

Comment, sans partager, l’homme pourrait-il poursuivre sa route ? Comment, en refusant le partage, pourrait-il espérer survivre ? Si grands sont les dangers inhérents au déséquilibre actuel entre les nations que la chance seule ne saurait suffire pour passer au travers. Une maladie mortelle, celle de la séparation et de la cupidité, prévaut sur la Terre et réclame des mesures drastiques pour assurer sa guérison.

La guérison est à portée de main en dépit du chaos extérieur. Les épreuves longuement endurées par l’humanité touchent à leur fin. Mobilisée contre les forces qui tiennent encore l’homme en esclavage, la Hiérarchie de Lumière revient sur ses pas et se tient réunie sous la bannière de la Vérité.

La mission de Maitreya commence par un appel en faveur du partage. Sa connaissance du cœur des hommes le rend certain de leur choix, et certain de leur bonne volonté à réaliser les changements nécessaires. « L’homme doit partager ou mourir », a-t-il déclaré, sachant bien que les hommes choisiront de partager et de vivre, et de créer avec lui un avenir meilleur.

Jusqu’à présent, tous les efforts visant à résoudre les problèmes de l’humanité ont été dirigés dans le sens du maintien des structures existantes, si injustes se soient-elles avérées. Les clivages qui se manifestent de tous côtés réclament une solution et attendent l’application de la Loi de Justice.

Nombreux sont ceux qui sont saisis de peur aujourd’hui en entendant leurs dirigeants se quereller ; mais le temps est proche où ils s’éloigneront d’eux. L’homme s’éveille à l’appel de la liberté et il a seulement besoin d’un véritable guide pour l’aider à redresser le monde. Maitreya est venu pour montrer la voie et conduire les hommes vers la fraternité et la justice. Une ère nouvelle s’ouvre sous sa sage direction, une ère où l’humanité manifestera sa véritable divinité et mettra en place les modalités du partage et de la coopération, réalisant ainsi le Plan de Dieu.[Share international, mars 1987]

A propos du partage

Question : Le Seigneur Maitreya nous enseignera-t-il le partage ? Il semble difficile d’aider des gens qui se trouvent à l’autre bout du monde, alors que nous vivons à Londres, par exemple.
Benjamin Creme : Ce n’est pas trop difficile à comprendre si vous vous souvenez qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’économie de l’Europe était complètement à genoux. Il fallait s’occuper, littéralement, de millions de réfugiés, et des millions de prisonniers venaient d’être libérés des camps de concentration. Un problème colossal se posait : l’Allemagne avait été ravagée par les bombardements, et la plupart de ses villes étaient en ruine. C’était également le cas de certaines régions en France, en Belgique et de certains endroits en Angleterre. Inutile d’entrer dans les détails. L’Europe – et l’Union soviétique – étaient en miettes, et que s’est-il passé ? De l’autre côté de l’océan, à des milliers de kilomètres, un américain nommé George Marshall proposa un plan excellent – le plan Marshall vit le jour et l’argent et les biens furent acheminés des Etats-Unis vers l’Europe sous forme de crédit-bail. Le plus grand exercice de partage au monde transforma l’Europe. En quelques années seulement l’économie se remit à tourner et les villes furent reconstruites.
Il est possible de partager au niveau mondial si nous en avons l’idée et la volonté. Il suffit de prendre conscience des besoins et de trouver un moyen de les satisfaire.
Les Maîtres ont un plan très simple, qui fut élaboré non pas par eux-mêmes, mais avec leur aide, par un groupe d’initiés, économistes et financiers de niveau international, qui appartiennent à la Hiérarchie spirituelle : on demandera à chaque pays de dresser un inventaire de ce dont il dispose et de ses besoins. Ainsi pourra-t-on évaluer le « gâteau » mondial. Chaque pays devra transférer à un fonds commun ses excédents, de quelque nature qu’ils soient. Une nouvelle Agence des Nations unies sera créée et se chargera exclusivement de la répartition des ressources, sous la supervision d’un Maître ou d’un initié au moins du troisième degré. Ainsi, sous forme d’un procédé simple de partage et d’échange, une sorte de troc sophistiqué remplacera le système économique actuel. Cela ne se produira pas à très court terme, mais pas non plus dans un futur trop lointain.
L’effondrement des marchés boursiers, en commençant par le marché japonais, contraindra les gouvernements à considérer certaines priorités énumérées par Maitreya :
a) un approvisionnement alimentaire suffisant et adapté pour chacun ;
b) la fourniture d’un logement et d’un abri correct ;
c) la mise à disposition d’une infrastructure éducative et médicale pour tous, en tant que droit naturel. Cela peut sembler peu – la nourriture, le logement, la santé et l’éducation – mais il n’existe aucun endroit au monde où cela soit systématiquement assuré. Cela ne fait pas partie des droits élémentaires, même aux Etats-Unis, qui se considèrent pourtant comme la nation la plus riche du monde – et indubitablement la plus puissante sur le plan militaire. Il existe officiellement aux Etats-Unis 33 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté. Lorsque ces simples priorités de base seront reconnues, le monde en sera transformé. Dès que nous reconnaîtrons notre responsabilité envers le tiers monde, nous commencerons à appliquer le principe du partage. [la Mission de Maitreya, tome II]

Q. Si l’on considère ce qui s’est passé il y a 2 000 ans en Palestine, ne pensez-vous pas que les pouvoirs en place résisteront au principe du partage et par la même occasion aux enseignements de Maitreya ?
BC. Il ne fait aucun doute que « les pouvoirs en place » – c’est-à-dire ceux qui ont des positions de privilège et de pouvoir – feront leur possible pour arrêter ou ralentir les changements que demandera Maitreya.
Les communautés internationales bancaire et financière seront probablement parmi les dernières à accepter la nécessité du partage, mais elles seront de moins en moins à même d’arrêter cette force de transformation, et le cri du tiers monde pour l’aide et la justice sera de plus en plus fort et de plus en plus difficile à ignorer.
Le monde aujourd’hui est très différent de celui d’il y a 2 000 ans. A l’époque, le Christ parlait à des paysans ignorants et superstitieux, totalement soumis à la domination des prêtres. Aujourd’hui, l’éducation et les moyens de communication ont préparé les peuples à prendre leurs propres décisions et à demander leur application. [la Mission de Maitreya, tome I]

Q. Pourtant beaucoup de gens ne s’estiment pas égoïstes, ici aux Etats-Unis. Lorsqu’une crise survient en Afrique ou ailleurs, nous fournissons aussitôt de l’aide et de la nourriture.
BC. Bien sûr, mais ce sont là des réactions individuelles. Dans chaque pays vous trouverez des personnes dont le cœur répond aux besoins des hommes. Mais il s’agit là d’interventions ponctuelles. L’humanité en tant que tout, à travers ses institutions et les différents gouvernements du monde, ne s’attaque pas à ces problèmes d’une manière globale. Nous n’élirions probablement pas un gouvernement dont la priorité serait de sauver les millions d’affamés, si ce programme entraînait une baisse du niveau de vie dans notre propre pays. ­Personne ne peut gagner des élections sur cette base, ou du moins, c’est ce que pensent les politiciens. Le temps approche où ils n’obtiendront plus aucun suffrage, s’ils n’affichent pas cette question en tête de leurs priorités.
Nous allons assister à la création, par Maitreya, d’une opinion mondiale focalisée, galvanisée, centrée sur le partage comme étant un droit divin. Maitreya déclare : « Lorsque vous partagez, vous reconnaissez Dieu en votre frère. » Il dit que les problèmes des hommes sont bien réels, mais qu’ils peuvent être résolus. La solution est entre nos mains. Il affirme : « Prenez les besoins de vos frères comme mesure de votre action et résolvez les problèmes du monde. Il n’y a pas d’autre voie. » Il galvanisera et renforcera l’opinion publique. Lorsqu’elle sera organisée, aucun gouvernement ne pourra lui résister. C’est cette opinion publique qui contraindra, finalement, tous les gouvernements du monde à accepter le principe du partage, car il deviendra évident que nous n’avons pas d’autre alternative. Nous devons partager ou mourir. C’est aussi simple que cela. [la Mission de Maitreya, tome III]


Je présenterai à l’humanité les deux lignes d’action qui s’offrent à elle ; de sa décision dépend l’avenir de ce monde.
Je lui montrerai que le seul choix possible passe par le partage et l’interdépendance.
De cette manière, l’homme prendra pleinement conscience de ce qu’il est, et de son but, ce qui l’amènera aux pieds de Dieu.
L’autre voie est trop horrible à envisager, car elle signifierait l’anéantissement de toute forme de vie sur cette Terre. [Message de Maitreya n° 17]

L’homme est un Dieu en émergence, et il lui faut créer de nouveaux modes de vie permettant à ce Dieu de s’épanouir.
Comment pouvez-vous vous satisfaire de votre manière de vivre actuelle, quand des millions d’êtres ont faim et meurent dans la misère, quand les riches font étalage de leur fortune devant les pauvres, quand chaque homme est un ennemi pour son voisin, quand nul ne fait confiance à son frère ?
Combien de temps devrez-vous vivre ainsi, mes amis ? Combien de temps pourrez-vous supporter cette déchéance ?
Mon projet et mon devoir sont de vous révéler une voie nouvelle, une voie qui permettra au divin en l’homme de s’exprimer. C’est pourquoi je parle avec gravité, mes amis, mes frères.
Soyez attentifs à mes paroles. Les hommes doivent changer ou disparaître : il n’y a pas d’autre possibilité.
Lorsque vous en prendrez conscience, avec joie vous soutiendrez ma cause, et montrerez que, pour l’homme, existe un avenir baigné de lumière.
Mon enseignement est simple : Justice, Partage et Amour sont des attributs divins.
Pour manifester sa divinité, l’homme doit les faire siens tous trois. [Message de Maitreya n° 81]

La clé de mon enseignement est, comme vous le savez, le principe du partage.
Tout ce que les hommes font ou feront dépend de cette vérité simple et élémentaire : de Celui que nous appelons Dieu, jaillit la providence pour tous les hommes. Acceptez ceci comme un fait, mes amis, et prenez possession de votre divinité.
En vous tous demeure un semblable Dieu et, à travers les hommes unis, ce Dieu peut se manifester. C’est la voie qui a été tracée pour vous depuis le commencement.
Lorsque les hommes comprendront cela, ils sauront ce qu’est la véritable fraternité. [Message de Maitreya n° 69]

Cela me brise le cœur de voir tant d’hommes mourir inutilement ; la faim et la pestilence règnent sur la Terre. Rien ne m’afflige autant que cette honte. Le crime de la séparation doit être chassé de ce monde. J’affirme que tel est mon dessein. [Message de Maitreya n° 93]

Auteur : Benjamin Creme, (1922-2016) : artiste et ésotériste britannique, ancien rédacteur en chef de Share International. Son contact télépathique avec un Maître de Sagesse lui permettait de recevoir les informations les plus récentes concernant l’émergence du Christ et de s’exprimer sur les enseignements de la Sagesse éternelle.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité, éducation
Rubrique : Divers ()