Le pape François s’exprime

Partage international no 355mars 2018

Depuis le début de son pontificat, le pape François n’a pas reculé devant la controverse et a abordé de front de nombreux problèmes, ce qui lui a valu le respect des réformateurs partout dans le monde et la profonde hostilité des forces conservatrices au sein de l’Église et dans le monde.

Pour chaque problème qu’il aborde, le pape pose les questions que l’humanité devrait certainement se poser, en particulier dans le climat actuel de tension engendré par une polarisation extrême  « Qu’est-ce que l’humanité doit affronter ? Quelles sont les forces en jeu dans notre monde ? »

Parmi les questions sur lesquelles le pontife s’est prononcé figurent la corruption, qui, selon lui, est au cœur du pouvoir et d’une « culture de la mort ». En février 2018 dans un message vidéo, le pape exhorte ses fidèles : « Dites non à la corruption. Qu’est-ce qui est à la racine de l’esclavage, du chômage et du mépris de la nature et des biens communs ? La corruption, un processus de mort qui nourrit la culture de la mort. Parce que la soif du pouvoir et des possessions ne connaît pas de limites. On ne combat pas la corruption par le silence. Nous devons en parler, dénoncer ses méfaits, essayer de la comprendre pour montrer notre volonté de faire régner la miséricorde sur la mesquinerie, la beauté sur le néant. Prions pour que ceux qui ont le pouvoir matériel, politique ou spirituel puissent résister à tout appât de la corruption. »

Le pontife a également mis l’accent sur les « fausses nouvelles » : « Les fausses nouvelles sont souvent virales, se propageant si vite qu’il est difficile de les arrêter, non pas à cause de l’esprit de partage qui inspire les médias sociaux, mais parce qu’elles font appel à l’insatiable avidité si facilement attisée chez les êtres humains. Les objectifs économiques et manipulateurs qui nourrissent la désinformation sont enracinés dans une soif de pouvoir, un désir de possession et de jouissance, qui finissent par nous rendre victimes de quelque chose de beaucoup plus tragique : le pouvoir trompeur du mal qui passe d’un mensonge à l’autre pour nous priver de notre liberté intérieure. C’est pourquoi l’éducation à la vérité consiste à enseigner aux gens comment discerner, évaluer et comprendre nos désirs et nos penchants les plus profonds, de peur que nous ne perdions de vue ce qui est bon et que nous succombions à toutes les tentations. » [Source : vaticannews.va]

Et aux délégués réunis à Davos à l’occasion du Forum économique mondial de 2018, le pape François a déclaré :« Les instabilités financières récurrentes ont engendré de nouveaux problèmes et de sérieux défis auxquels les gouvernements doivent faire face, tels que la croissance du chômage, l’augmentation des diverses formes de pauvreté, le creusement des écarts socio-économiques et de nouvelles formes d’esclavage, souvent enracinées dans des situations de conflit, de migration et de divers problèmes sociaux. » Il a exhorté les délégués à considérer « l’impératif moral » de créer des conditions inclusives qui profitent au bien de la société, par opposition à l’individualisme égocentrique d’aujourd’hui. « Nous ne pouvons pas rester silencieux face aux souffrances de millions de personnes dont la dignité est bafouée, et nous ne pouvons pas continuer à avancer comme si la pauvreté et l’injustice n’avaient pas de cause. »

Le pontife a également appelé les dirigeants du monde entier à agir au nom de la planète : « Il est temps maintenant de faire preuve de courage et d’agir avec audace pour notre planète bien-aimée. C’est le bon moment pour mettre en action notre responsabilité de contribuer au développement de l’humanité. » [Source : catholicnewsagency.com]


Thématiques : religions
Rubrique : Divers ()