Partage international no 333 – mai 2016
Partage international présente ci-dessous des extraits de conférences récentes du pape et du dalaï-lama.
Pape François
Un message d’espoir
En prononçant la traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi le dimanche de Pâques, le pape François a prêché l’espoir, exhortant les gens à ne pas se laisser emprisonner par la peur et le pessimisme. S’adressant à une foule de plusieurs milliers de personnes, il a vivement poussé le monde à user « des armes de l’amour » pour combattre la « violence brutale » du terrorisme : « Ne laissons pas l’obscurité et la peur nous distraire et contrôler nos cœurs », a-t-il déclaré. « Puisse-t-il [Jésus], en cette fête de Pâques, nous rapprocher des victimes du terrorisme, cette forme aveugle et brutale de violence qui continue à répandre le sang en différents endroits du monde […].
Le message pascal du Christ ascensionné, un message de vie pour toute l’humanité, résonne encore à travers les siècles et nous invite à ne pas oublier ces hommes et ces femmes cherchant un avenir meilleur, la foule toujours plus nombreuse des migrants et des réfugiés – parmi lesquels de nombreux enfants. Ils fuient la guerre, la faim, la pauvreté et l’injustice. Beaucoup trop souvent, ces frères et sœurs, rencontrent en chemin la mort ou du moins le rejet de ceux qui pourraient leur offrir un accueil et de l’aide. »
Le pape a également appelé au dialogue entre Israéliens et Palestiniens et à prendre des mesures pour en finir avec les conflits et les tensions politiques au Yémen, en Syrie et dans beaucoup d’autres pays en conflits. Il a exprimé de l’espoir envers les politiques avant-gardistes capables d’assister et de protéger les victimes de conflits et autres urgences, et spécialement ceux persécutés pour des raisons ethniques ou religieuses.
[Place Saint-Pierre, 27 mars 2016. Sources : bbc.co.uk ; fr.radiovaticana.va/news]
Notre conscience indifférente et anesthésiée
S’adressant à des dizaines de milliers de catholiques lors de la messe du Vendredi saint, au Colisée de Rome, le pape a mentionné la situation désespérée des milliers de réfugiés risquant leur vie pour rejoindre la Grèce : « O Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dans notre Méditerranée et dans la Mer Egée devenues un cimetière insatiable, image de notre conscience indifférente et anesthésiée », a-t-il déclaré.
Plus tôt dans la journée, dans un refuge près de Rome, il a lavé les pieds de réfugiés, musulmans y compris – un geste de bienvenue, à une époque où les sentiments anti-musulmans et anti-immigrés ont bondi suite aux attaques de Bruxelles et Paris.
Le pape a critiqué « le terrorisme des adeptes de certaines religions qui profanent le nom de Dieu et l’utilisent pour justifier leurs violences inouïes. Il a ajouté que c’étaient les vendeurs d’armes qui alimentent la fournaise des guerres avec le sang innocent des frères et s’est emporté contre les traîtres qui, pour trente deniers, livrent n’importe qui à la mort. »
[Rome, 25 mars. Source : w2. vatican.va]
Le dalaï-lama
L’unité humaine
« Nous parlons du futur de l’humanité. Peu importe le faible impact que peut avoir notre discussion ici, il est essentiel que nous parlions […]. Nous faisons face à de nombreux problèmes. Pendant ma vie j’ai été témoin de conflits continuels et de massacres, au cours desquels des millions de personnes ont été tuées. Nous devons nous demander où nous nous sommes trompés, de quelles qualités nous manquons et pourquoi les violations des droits de l’homme se produisent. Répondre à ces questions et créer la paix demandera sagesse et compassion. Bien que je sois un moine bouddhiste, je ne pense pas que les prières seules amènent la paix dans le monde. Nous devons au contraire être enthousiastes et confiants dans l’action. »
Le dalaï-lama a parlé des problèmes du changement climatique et de l’économie globale, soulignant qu’ils ne sont pas confinés à des frontières nationales. S’attarder sur des différences mineures, comme la race, la religion, la nationalité ou le genre, excite notre inclination à diviser le monde en « nous » et « eux », ce qui devient facilement un terrain de conflit. Il a mis en évidence que si nous nous souvenons de l’unité de l’humanité et pensons aux autres en termes de frères et sœurs, nous pouvons vaincre cette propension à la violence.
[Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, Genève (Suisse), 11 mars 2016. Source : dalailama.com]
La paix : il nous faut agir pour l’obtenir
« Rechercher la paix ne signifie pas qu’il n’y aura plus de conflits : nous aurons toujours des difficultés, mais nous devons apprendre à les gérer par le dialogue. C’est important si nous voulons que notre siècle évite les massacres du précédent. Il semble que nous ayons prié pour la paix pendant des centaines d’années, sans beaucoup de résultats. Il nous faut agir pour l’obtenir. Je suggère parfois en plaisantant que si nous rencontrions Jésus ou le Bouddha aujourd’hui, et leur demandions de l’aide pour créer la paix dans le monde, ils demanderaient peut-être qui a créé les problèmes auxquels nous faisons face. La réponse est : nous avons créé ces problèmes et c’est notre responsabilité de les régler. Avec une motivation sincère, de l’intelligence et de la compassion, prenant en compte les conséquences à court et à long terme, nous devons être prêts à discuter. Cette approche, je pense, est réaliste. »
[Université du Wisconsin-Madison, E.-U., 9 mars 2016. Source : dalailama.com]
Nous pouvons bâtir un monde plus paisible
« Je pense que si nous nous y efforçons, nous pouvons rendre le monde plus paisible d’ici la fin du siècle. La population humaine croît et le changement climatique agit déjà. Par dessus tout cela, nous avons créé plus de problèmes. La violence explose parce que nous n’avons pas le contrôle de nos émotions négatives. Les violations des droits de l’homme, par exemple, résultent de causes et nous devons réfléchir à ce que ces causes sont. Elles sont liées à la colère et au manque de respect. Nous pouvons les contrer si nous cultivons notre bonté et le souci de l’autre. Apporter le changement dans le monde dépendra de ceux d’entre vous qui êtes jeunes actuellement et qui feront un effort sur la base de cette vision.
[Ecole de l’ambassade américaine, New Delhi (Inde), le 8 avril 2016. Source : dalailama.com]
