Le pape et le dalaï-lama se font l’écho des priorités de Maitreya

Partage international no 327novembre 2015

Partage international reproduit ci-dessous quelques extraits des discours et des écrits récents du pape (qui s’est adressé dernièrement aux Nations unies et au Congrès américain) et du dalaï-lama, deux grandes figures mondiales influentes et vénérées, dont les déclarations contribuent à diffuser et à soutenir les priorités de Maitreya. D’après Benjamin Creme, ils travaillent tous les deux pour Maitreya et inspirent l’opinion mondiale par leur exemple infatigable. Leurs paroles reprennent les enseignements de Maitreya sur la paix, la compassion, et, avant tout, sur les implications du caractère unique de toute vie.

Le pape François

La maison commune de tous les hommes doit s’ériger à partir d’une juste compréhension de la fraternité universelle et du respect du caractère sacré de chaque vie humaine, de chaque homme et de chaque femme : des pauvres, des personnes âgées, des enfants, des malades, des enfants à naître, des chômeurs, des abandonnés, de tous ceux qui n’apparaissent que comme des chiffres dans les statistiques. Notre maison commune doit aussi s’édifier sur la compréhension que la nature, telle qu’elle a été créée, est d’une certaine façon sacrée.

Cette compréhension et ce respect nécessitent un niveau supérieur de sagesse, qui accepte la transcendance de soi-même, qui renonce à la constitution d’une élite toute puissante, et qui reconnaît que le vrai sens de la vie individuelle et collective se révèle dans le service altruiste et dans l’utilisation prudente et respectueuse de la création pour le bien commun1.

[… ] Il faut affirmer qu’il existe un vrai « droit de l’environnement », et ce, pour un double motif. D’abord, parce que les êtres humains que nous sommes faisons partie intégrante de l’environnement. […] L’homme a un corps composé d’éléments physiques, chimiques et biologiques, et il ne peut survivre et se développer que si l’environnement écologique lui est favorable. Toute atteinte à l’environnement, par conséquent, est une atteinte à l’humanité. Ensuite, parce que chaque créature, en particulier la créature vivante, a une valeur intrinsèque dans son existence, sa vie, sa beauté et son interdépendance avec les autres créatures.

Les gouvernants doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que tous les hommes disposent d’un minimum de moyens spirituels et matériels pour vivre dans la dignité, fonder et entretenir une famille, cellule de base de tout développement social. Ce minimum absolu a trois noms : toit, travail et terre ; et, sur le plan spirituel, un seul et même nom : liberté spirituelle – qui comprend la liberté religieuse, le droit à l’éducation et tous les autres droits civiques1.

Si la politique doit vraiment être au service de la personne, il en découle qu’elle ne peut être l’esclave de l’économie et de la finance. Bien au contraire, la politique est l’expression de notre impérieux besoin de vivre dans l’unité, avec pour but d’instaurer comme un le bien commun supérieur : celui de la communauté qui sacrifie les intérêts particuliers pour partager, dans la justice et la paix, ses biens, ses intérêts, sa vie sociale2.

La guerre est la négation de tous les droits et une agression contre l’environnement. Si nous voulons un vrai développement humain intégral pour tous, nous devons travailler inlassablement à éviter la guerre entre les nations et les peuples. A cette fin, il nous faut garantir un état de droit incontestable et un recours inlassable à la négociation, à la médiation et à l’arbitrage, comme cela est proposé par la Charte des Nations unies, qui constitue bel et bien la norme juridique fondamentale.

Le préambule et le premier article de la Charte des Nations unies établissent les fondements du cadre juridique international : paix, résolution pacifique des conflits et développement de relations d’amitié entre les nations. La prolifération des armes, spécialement celles de destruction massive comme l’arme nucléaire, s’oppose à ces principes, et en constitue la négation dans la pratique. Une éthique et un droit fondés sur la menace de destruction mutuelle – et possiblement de toute l’humanité – sont contradictoires et constituent un affront à l’institution des Nations unies, qui risquent de n’être plus que des « Nations unies par la peur et la méfiance ». Il est urgent d’œuvrer pour un monde sans armes nucléaires, dans le respect le plus complet – dans la lettre et dans l’esprit – du Traité de non-prolifération, en vue d’une prohibition totale de ces armements1.

Notre monde est confronté à une crise des réfugiés d’une ampleur inconnue depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette crise nous met face à de grands défis. Nous ne devons pas nous laisser déconcerter par leur nombre, mais les considérer comme des personnes, et agir d’une manière juste et fraternelle. Souvenons-nous de la Règle d’Or : « Ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le vous aussi pour eux » (Mt 7, 12)2.

La pauvreté dans le monde est un scandale. Dans un monde où il existe tant de richesses, tant de ressources pour nourrir tout un chacun, il est incompréhensible qu’il y ait tant d’enfants affamés, qu’il y ait tant d’enfants privés d’éducation, tant de pauvres. Nous devrions tous penser à devenir un peu plus pauvres, nous devrions tous faire cela. Comment puis-je devenir un peu plus pauvre pour ressembler davantage à Jésus, qui était le Maître pauvre3 ?

Je demanderais à chacun d’entre vous, quelle que soit votre compétence, de vous soucier les uns des autres. Respectez-vous les uns les autres, et donnez corps entre vous à l’idéal de cette Organisation d’une famille humaine unie, vivant en harmonie, travaillant non seulement pour la paix, mais dans la paix ; travaillant non seulement pour la justice, mais dans un esprit de justice4.

Le dalaï-lama

Mon rêve est que le 21e siècle nous mène à un monde meilleur, plus pacifique et davantage fondé sur une humanité considérée comme une5.

Nombre des problèmes que nous rencontrons proviennent de nous. Pourquoi ? Parce que nous avons tendance à trop prêter attention aux différences secondaires qui existent entre nous. Nous mettons l’accent sur les différences de race, de couleur et de foi, sur la question de savoir si nous sommes riches ou pauvres. Nous négligeons le fait que nous sommes tous fondamentalement des êtres humains qui veulent tous mener une vie heureuse. Et, de ce fait, nous devrions tous nous aider les uns les autres.

Par le passé, lorsque des nations se faisaient la guerre, elles cherchaient à remporter la victoire et à détruire leur adversaire. Mais ce type d’attitude est dépassé parce que nous sommes tous devenus totalement interdépendants. En vainquant notre voisin, c’est nous-mêmes que nous vainquons. Dans notre monde de plus en plus globalisé, le changement climatique et l’économie mondiale ne sont pas arrêtés par les frontières nationales qui nous séparent6.

Des amis musulmans m’ont dit que si l’on verse le sang, on n’est plus un authentique musulman, car les musulmans sont tenus de respecter toutes les créatures d’Allah. Ils m’ont dit également que le mot « djihad » est mal compris. Il n’a rien à voir avec le fait de combattre d’autres personnes, mais fait allusion à notre combat intérieur contre les émotions qui nous perturbent7.

Le danger de loin le plus important qui menace l’humanité – et en fait tous les êtres vivants sur cette planète – est le risque de destruction nucléaire. Sans m’étendre davantage sur le sujet, je voudrais lancer un appel à tous les dirigeants des puissances nucléaires qui tiennent littéralement l’avenir du monde entre leurs mains, aux scientifiques et aux techniciens qui continuent de créer ces armes de destruction épouvantables et, plus généralement, à tous ceux qui sont en mesure d’influencer leurs dirigeants. Je les conjure de faire preuve de bon sens et de commencer à démanteler et à détruire toutes les armes nucléaires. Nous savons qu’en cas de conflit nucléaire, il n’y aura pas de vainqueurs parce qu’il n’y aura pas de survivants ! Le simple fait d’envisager une destruction si inhumaine et si cruelle n’est-il pas effrayant ? Et ne serait-il pas logique d’éliminer la cause éventuelle de notre propre destruction, maintenant que nous l’avons identifiée et que nous avons le temps et les moyens de le faire?

Si nous perturbons l’équilibre de la nature, l’espèce humaine en souffrira. De surcroît, en tant qu’humains vivant aujourd’hui, nous devons songer aux générations futures : un environnement propre est un droit comme les autres…

C’est là que, en tant que moine bouddhiste, j’ai le sentiment que le concept de karma est très utile à la conduite de la vie quotidienne. Une fois que l’on croit dans le rapport entre la motivation et ses effets, on devient plus éveillé aux conséquences de ses propres actions sur soi-même et sur autrui par la pratique de l’altruisme, de l’amour et de la compassion, ainsi que par l’élimination de la colère, de l’égoïsme et de l’avidité.

Cela peut sembler naïf à certains, mais j’aimerais leur rappeler que, de quelque partie du monde que nous venions, nous sommes tous, en essence, les mêmes êtres humains. Nous aspirons tous au bonheur et nous efforçons d’éviter la souffrance. Nous avons les mêmes besoins et préoccupations de base. De plus, nous tous, êtres humains, aspirons à la liberté et au droit de décider nous-mêmes de notre destin individuel. Telle est la nature humaine. Les changements majeurs qui ont lieu partout dans le monde, de l’Europe de l’Est à l’Afrique, témoignent de cet état de fait.

Dans le même temps, les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui – conflits violents, destruction de la nature, pauvreté, faim, etc. – sont pour l’essentiel d’origine humaine. Ils peuvent donc être résolus – mais seulement par l’effort humain, la compréhension et le développement du sens de la fraternité. A cette fin, il nous faut cultiver notre sentiment de responsabilité les uns à l’égard des autres et envers la planète que nous partageons, de bon cœur et en toute conscience9.

Notre monde est de plus en plus interdépendant, mais je me demande si nous comprenons vraiment la nécessité pour notre communauté humaine de faire preuve de compassion – compassion dans le choix de nos objectifs, compassion dans nos méthodes de coopération et dans la poursuite de ces objectifs.

Le pouvoir terrifiant qu’ont acquis les institutions économiques dans notre société et les ravages que la pauvreté continue de causer devraient nous inciter à trouver le moyen de faire en sorte que notre économie soit désormais fondée sur la compassion. Cette forme de compassion proclame les principes de dignité et de justice pour tous qui sont inscrits dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme10.

Avec le temps, cette vérité gagne en force, tandis que le pouvoir des armes diminue. Un monde plus compassionnel est dans l’intérêt de tous les êtres sensibles. L’environnement lui-même en profitera. Ce type de compassion, de compassion dépourvue de préjugés, peut s’appliquer jusqu’à nos ennemis, et il est à la portée de nous tous. Nous sommes tous fils et filles de nos mères.

Nous avons tous une profonde expérience de l’affection – cela est vrai aussi de ceux que nous appelons « terroristes ». Devant cette grande assemblée, j’aimerais répéter que je ne suis qu’un humain parmi tant d’autres. Nous appartenons tous à l’humanité. Nous sommes tous les mêmes et notre avenir dépend des autres. Chaque jour, je dédie mon corps, mes paroles et mon esprit au bien-être de tous les êtres sensibles. Je dis ma prière préférée :

Tant que l’espace perdurera
Et tant que des êtres vivants subsisteront,
Jusque-là puissé-je moi aussi demeurer
Pour dissiper la souffrance du monde11.

En dernière analyse, la raison pour laquelle l’amour et la compassion sont sources du bonheur le plus grand est simplement que la nature les chérit par-dessus tout. Le besoin d’amour trouve ses racines dans le fondement même de l’existence humaine. Il découle de l’interdépendance profonde que nous partageons tous les uns avec les autres […] L’interdépendance, bien sûr, est une loi fondamentale de la nature12.

1. Discours à l’assemblée générale des Nations unies, New York (Etats-Unis), 25 septembre 2015.
2. Discours à la session conjointe du Congrès des Etats-Unis (Washington DC), 24 septembre 2015.
3. Discours du 7 juin 2013, cité dans The Wisdom of Pope Francis (La sagesse du pape François), compilé par David Birch.
4. Rencontre avec le personnel des Nations unies à New York (E.-U.), 25 septembre 2015.

5. George W. Bush Presidential Center, Dallas, E.-U., 1er juillet 2015
6. London Coliseum (Royaume-Uni), 20 septembre 2015
7. Réunion œcuménique de la Chambre des Lords, Royaume-Uni, 21 septembre 2015
8. Une approche humaine de la paix mondiale (Messages)
9. Un environnement propre est un droit humain (Messages)
10 Droits humains, démocratie et liberté (Messages)
11. Centre Honda, Anaheim, Californie (E.-U.), 5 juillet 2015
12. Compassion (Messages)


Sources : W2.vatican.va ; dalailama.com
Thématiques : religions, sagesse éternelle
Rubrique : Point de vue ()