Partage international no 200 – avril 2005
Dans un article sans détours paru dans le journal The Guardian, le maire de Londres, Ken Livingstone, évoque sa haine du racisme et affirme que dénoncer les injustices dont sont victimes les Palestiniens n’est pas un acte antisémite mais une responsabilité morale. Il écrit : « Le racisme n’est rien d’autre qu’une idéologie réactionnaire utilisée pour justifier les plus grands crimes de l’Histoire. Une idéologie qui commence par affirmer qu’un être humain est inférieur à un autre mène à la pente dont l’aboutissement final est Auschwitz. »
Tout en qualifiant « d’extraordinaire et sans égal » la contribution du peuple juif à la civilisation et à la culture de l’humanité, il explique qu’il ne reproche rien au peuple juif mais qu’il critique le traitement que le gouvernement israélien impose aux Palestiniens : « L’expansion d’Israël a entraîné une purification ethnique. Par un recours systématique à la violence et à la terreur dont le but était le nettoyage ethnique d’un territoire qui allait devenir une grande partie de l’Etat d’Israël, des Palestiniens furent chassés de cette terre qui fut la leur pendant des siècles. Les méthodes de groupes tels que Irgun et le gang de Stern sont identiques à celles du leader serbe bosniaque Karadzic : chasser les gens grâce à la terreur.
A l’heure actuelle le gouvernement israélien poursuit sa colonisation des terres palestiniennes, ses incursions militaires dans les pays avoisinants et continue à rejeter toute demande palestinienne concernant leur retour sur les terres dont ils furent chassés par la terreur. Ariel Sharon, le premier ministre israélien, est un criminel de guerre qui devrait être en prison au lieu d’occuper son poste actuel. Selon la commission israélienne Kahan, A. Sharon aurait été impliqué dans les massacres de Sabra et Shatila. A. Sharon continue à organiser la terreur. Le nombre de Palestiniens tués dans ce conflit est de plus de trois fois supérieur au nombre d’Israéliens tués. Plus de 7 000 prisonniers palestiniens sont enfermés dans les prisons israéliennes.
Afin d’occulter ces faits, ceux qui forment le gouvernement israélien actuel diabolisent tout acte antisémite : ils cherchent à promouvoir en Europe une image complètement déformée du racisme et de l’intolérance religieuse consistant à faire croire que ce sont contre les juifs que sont dirigées les attaques raciales et les discriminations les plus graves.
Toute agression antisémite et raciste doit disparaître. Toutefois, la réalité est qu’actuellement en Europe ce sont les Noirs, les Asiatiques et les musulmans qui subissent la majorité des attaques racistes et ce sont eux les principales cibles de l’extrême droite. Pendant vingt ans, le gouvernement israélien a qualifié d’antisémite toute critique dirigée contre sa politique. La vérité est toute autre : les mêmes valeurs humaines universelles qui reconnaissent que l’Holocauste est le plus grand crime raciste commis au cours du XXe siècle exigent la condamnation de la politique menée par les gouvernements israéliens successifs – pas pour la raison absurde que cette politique serait équivalente à celle des Nazis et à l’Holocauste mais parce que la purification ethnique, la discrimination et la terreur sont immorales. »
