Le langage vivant de l’eau

Partage international no 452avril 2026

Interview de Veda Austin par Megan Scherer

Veda Austin, chercheuse spécialiste de l’eau, autrice, conférencière et mère de famille, vit en Nouvelle-Zélande. Depuis quatorze ans, elle photographie les images et les symboles qui apparaissent dans l’eau à moitié gelée. Cette eau, dit-elle, se trouve en « état de création ». Décrivant son travail comme une combinaison entre science, art et spiritualité, elle a découvert que l’eau était réceptive aux pensées et aux émotions, ainsi qu’à la musique, aux mots et aux images. La méthode de V. Austin implique une technique simple de congélation dans laquelle est, par exemple, placé un mot ou une photo sous une boîte de pétri contenant de l’eau, pendant trente secondes avant qu’elle ne soit partiellement gelée.

Conjointement à sa recherche sur l’eau, Veda Austin conduit régulièrement des ateliers, participe à des séminaires en ligne, à des tournées de conférences et à des podcasts, et elle travaille actuellement sur un documentaire. Son livre The Living Langage of Water (Le langage vivant de l’eau) est le résultat de dix ans de recherches et contient 1 500 photos avec des commentaires.

Elle a été interrogée par Megan Scherer pour Partage international.

 

Partage international. Quelles influences, quelles expériences vous ont poussée à devenir chercheuse dans le domaine de l’eau ?
Veda Austin. Lévènement principal qui m’a aidée à comprendre que le domaine de l’eau est plus vaste qu’il n’y paraît est une expérience de guérison vécue suite à un très grave accident de la circulation dans lequel ma voiture s’est encastrée sous un camion de sept tonnes, puis a fait deux tonneaux et a été totalement détruite. En vingt ans, j’ai subi huit opérations chirurgicales, principalement des intestins, la ceinture de sécurité m’ayant écrasé les organes internes et la clavicule gauche. Après ma dernière intervention, je me suis réveillée entourée de médecins qui m’ont expliqué que je n’avais pas récupéré correctement et qu’en raison d’une multitude de caillots sanguins dans mes poumons, je pourrais avoir à prendre de la warfarine, un anticoagulant, pour le restant de mes jours. J’étais jeune, en forme et en bonne santé et cette annonce m’a choquée. J’ai suivi un traitement de warfarine pendant trois mois et demi, peut-être quatre, puis j’ai pris une décision. Mais je tiens à préciser que cette décision d’arrêter de prendre ce remède et d’avancer sur mon propre chemin de guérison est ma décision et que je ne la recommande pas. Une des raisons à l’origine de cette décision vient du diagnostic de trois médecins différents m’ayant annoncé que je ne pourrais jamais avoir d’enfants à cause de la quantité de tissus cicatriciels sur mes organes reproducteurs. J’ai eu par la suite trois enfants, et je savais que mon corps avait la capacité de faire des choses que peut-être les médecins eux-mêmes ne pouvaient envisager.

Un ami médecin, qui pratiquait également la médecine ayurvédique, m’a suggéré de boire une eau naturelle alcaline, pour aider mon corps à retrouver son équilibre. J’ai donc testé différentes eaux de source alcalines, ayant un PH au-dessus de sept, chacune pendant deux semaines, mais je n’ai rien remarqué de particulier.

Veda Austin

J’avais un don pour le soin et à cette époque je gérais un centre de bien-être. Un client me raconta qu’il connaissait une personne possédant une source d’eau naturelle, avec un PH de 9.9, et que cette personne en donnait uniquement à des malades atteints de cancer, obtenant semble-t-il des résultats incroyables. La personne m’a donné cette eau à boire pour une durée d’un mois. Au troisième jour je remarquai un changement dans les mouvements de mes intestins, signe important de santé interne. Au dixième jour sont apparus sur mon bras et ma mâchoire des boutons très douloureux. Entre le dixième et le douzième jour, à l’aide d’une pince à épiler, j’ai retiré de mon corps 27 morceaux de verre verdâtres qui étaient là depuis plus de vingt ans. Lors de l’accident, des caisses de bière se trouvaient à l’arrière de ma voiture, et le côté droit de mon corps avait donc reçu du verre verdâtre, tandis que mon côté gauche recevait des morceaux de pare-brise. J’ai trouvé cet évènement extraordinaire.

Cela m’a amenée à me questionner sur ce qui donne à certaines eaux des propriétés curatives. Une analyse que j’ai consultée indiquait que le bicarbonate et la chaux rendent l’eau naturellement alcaline et équilibrée, mais l’analyse n’évoquait pas l’origine curative. J’ai alors pensé à ce que disait Nikola Tesla : «  Si vous voulez trouver les secrets de l’univers, pensez en termes d’énergie, de fréquence et de vibration. »

Je suis devenue responsable de la recherche et du développement pour l’entreprise qui a été fondée pour étudier l’eau qui m’a aidée à guérir. Les dirigeants de l’entreprise souhaitaient réaliser des essais cliniques pour comprendre ce qui rendait cette eau si spéciale. Je possédais des boîtes de pétri en verre, et je projetais d’envoyer une pensée dans l’eau, puis de la congeler pour voir ce qui se passerait. C’était un projet quelque peu radical à l’époque. Les travaux du Dr Emoto¹ consistaient essentiellement à surgeler une goutte d’eau préalablement exposée à une pensée positive ou négative, un mot, une émotion, une prière, puis à photographier la structure qui s’était formée en gelant. La structure d’une pensée positive ressemblait passablement à un flocon de neige, alors que celle d’une pensée négative échouait en général à former une structure organisée.

Photo d’un visage sous une boîte de Pétri, à gauche, avec une réaction sous forme de cristaux de glace, à droite (Photo : Veda Austin)

Je tenais ma boîte avec l’eau et je remarquai un peu de peluche flottant autour du récipient. J’y mis alors la main pour la retirer en me demandant si elle pourrait avoir un impact quelconque sur la mémoire de l’eau. La première image que j’ai obtenue ressemblait à une radio de ma main, et elle recouvrait la moitié de la boite de pétri (photo ci-dessus), ce qui m’a amenée à me demander si c’était une coïncidence. Puis j’ai observé à de nombreuses reprises que l’eau ne partage pas seulement les informations liées aux pensées, mais souvent également l’information en lien avec son environnement et avec sur ce quoi vous portez votre attention lors de l’expérience.

Après quinze ans dans ce travail, je possède à présent plus de 85 000 photos d’eau répondant de manière incroyablement intelligente à la conscience. J’utilise sciemment le terme répondant et pas seulement réagissant.

P.I. Le Dr Masaru Emoto1 s’est concentré sur l’eau gelée. Pourquoi avez-vous décidé de travailler sur l’eau à moitié gelée ?
V.A. L’état de l’eau à moitié gelée est appelé cristal liquide. L’eau à l’état solide n’est pas très réceptive. D’infimes mouvements se produisent, mais une fois à l’état solide, elle ne transmet que peu d’informations.

Dans la boîte de pétri, l’état de semi-solidification survient lorsque l’eau est liquide en surface et gelée en dessous, et que l’on évacue l’eau liquide. Elle est gelée après cinq minutes environ, c’est un procédé très rapide, appelé état cristal liquide. L’état ou la phase qui correspond à la durée déterminée pour geler l’eau, ressemble plus au type d’eau se trouvant à l’intérieur des cellules qu’à l’eau du robinet. Cela s’explique par le fait que l’eau à l’intérieur de nos cellules se trouve en phase quatre. Elle contient un atome supplémentaire d’hydrogène et d’oxygène, elle absorbe plus de lumière que l’eau ordinaire et a une charge négative. Elle n’est pas aussi visqueuse que la sève de l’aloé vera ou d’un blanc d’œuf, mais elle a une certaine viscosité et agit comme une batterie.

Main sous un plat, à gauche, avec formation de cristaux de glace, à droite (Photo : Veda Austin)

Le Dr Gerald Pollack a écrit un livre à ce sujet : The Fourth Phase of Water : Beyond Solid, Liquid and Vapor (La quatrième phase de l’eau : au-delà du solide, du liquide ou de la vapeur). Il a découvert dans son laboratoire que l’eau ordinaire recèle une quatrième phase. On met de l’eau dans une éprouvette en incluant des microsphères pour permettre de voir le mouvement, on insère un petit tube Nafion et on observe au microscope. Lorsque l’eau de l’éprouvette contient de l’eau en quatrième phase, on voit les microsphères tourbillonner, et se propulser de part en part du tube. Pour que la quatrième phase de l’eau survienne, il est nécessaire qu’elle soit près d’une surface hydrophile comme du verre ou la membrane d’une cellule du corps. Lorsque la quatrième phase de l‘eau commence à se constituer, elle repousse vers l’extérieur tout ce qui est à l’intérieur d’elle-même. Ainsi tous les minéraux, les sels et les solvates sont expulsés, créant une zone microscopique et pure avec une charge négative. Tout ce qui a été expulsé a une charge positive, et lorsqu’il y a une charge négative et une charge positive, on obtient une batterie. C’est en quelque sorte la batterie des cellules.

La quatrième phase de l’eau survient également entre un liquide et un solide. J’ai commencé à ouvrir le congélateur de plus en plus tôt pour voir quand la structure commençait à se former. Lorsque j’ai vu le liquide à la surface et la glace en dessous, j’ai enlevé le liquide qui contenait en fait tous les solides, la charge positive, qui avaient été expulsés.

P.I. Dans votre livre vous mentionnez une autre personne qui travaille avec la glace et les cristaux de glace, le photographe français Laurent Costa. J’en déduis que vous admirez particulièrement sa philosophie ; il considère l’eau comme un enseignant spirituel, et plutôt que d’utiliser l’expérimentation, il invite l’eau à échanger à travers ses motifs formateurs. Cette approche sous forme d’invitation plutôt qu’expérimentale continue-t-elle à sous tendre votre travail ?
V.A. A cent pour cent. Je n’aime pas penser à mon travail comme étant expérimental. Une des multiples raisons à cela est que je ne considère pas l’eau comme une ressource. Je la considère comme une Source. J’ai constaté que l’eau n’est pas seulement sensible à l’environnement mais aussi aux sentiments, il y a donc là une intelligence vraiment remarquable. Mon père est un natif Maori de Nouvelle-Zélande (un pêcheur bien connu) qui a passé la majeure partie de sa vie en mer. Il y a plusieurs dictons dans la culture maorie, et l’un d’entre eux, que j’aime beaucoup, dit : « Je suis la rivière et la rivière est moi » (Ko au te awa, ko te awa ko au). Nous sommes un. En l’occurrence, j’appréhende donc l’eau sous une perspective différente.

Objet pyramidal à côté d’une assiette, à gauche, avec formation de cristaux de glace, à droite (Photo : Veda Austin)

N’importe qui peut faire ce travail. N’importe qui peut apprendre ma méthode pour congeler. Une des trois choses que l’on observe lorsqu’on commence la cristallographie est un schéma de signature qui permet de reconnaître le type d’eau avec lequel on travaille. On peut y voir également de l’art, et je dis toujours que l’art est le cœur de l’eau, comme lorsqu’on décèle un visage qui ressemble à la photo que l’on a placée sous le récipient. La troisième chose, les glyphes d’eau, sont des symboles dans la glace qui ont une ou plusieurs significations comme « escalier » ou « mariage ». L’eau absorbe l’énergie du mot écrit et le cristallise en un symbole. Pour confirmer qu’il s’agit bien d’un glyphe d’eau, la même expérience est répétée plus de 50 fois, en utilisant à la fois l’anglais et d’autres langues.

Chez de nombreuses personnes, le problème se trouve dans leurs attentes. L’eau est libre, elle ne fait pas toujours ce que vous voulez, mais plutôt ce dont vous avez besoin. Beaucoup prétendent que la répétition de l’expérience réussit parce que l’on s’y attend. Mais ce n’est pas ainsi que ça fonctionne, c’est exactement l’inverse. Pour obtenir un résultat, il ne faut pas être attaché à vouloir en obtenir un. Il s’agit véritablement de permettre à l’eau de faire ce qu’elle veut, non pas ce que vous voulez, mais de le faire avec une curiosité naturelle, qui est une des raisons pour lesquelles les enfants s’amusent autant avec cette expérience.

P.I. Les différences entre vos photos d’eau municipale du robinet et celles d’eau de source sont vraiment intéressantes. Quel type d’eau utilisez-vous dans vos recherches et avons-nous la possibilité d’améliorer la qualité de notre eau du robinet ?
V.A. On peut constater un changement structurel important, mais pas de modification chimique. Je ne peux donc pas prétendre que vous pouvez purifier votre eau. J’aime travailler avec de l’eau de source, mais également avec l’eau du robinet. Les gens sont déconcertés quand je dis cela, mais la raison réside dans le fait que l’eau est vraiment sensible.

J’ai constaté en effet qu’il y a beaucoup de dissonance dans l’eau du robinet, mais quand on la laisse fondre puis que l’on congèle à nouveau le même échantillon, après lui avoir transmis consciemment une énergie d’amour sincère, sa structure change radicalement et commence à ressembler nettement plus à ce que l’on voit par exemple dans un ruisseau. Pour citer un terme maori, il lui est essentiellement donné mana, la dignité, et en lui rendant sa dignité, sa santé énergétique se restaure.

A certains égards, l’eau se comporte largement comme les humains. Elle est très sensible aux émotions et elle passera outre ce que je pense pour me montrer ce que je ressens, raison pour laquelle je la considère comme réceptive, et non pas réactive.

P.I. Les sociétés modernes semblent généralement ignorantes de notre interconnexion avec l’environnement. Comment pensez-vous qu’il serait possible d’améliorer notre relation avec mère nature et avec l’eau ?
V.A. Si notre peau et nos organes étaient invisibles ou transparents, à quoi ressemblerions-nous ? Nous retiendrions que nous ressemblons plus à des rivières, des ruisseaux et des affluents. Nous sommes un système liquide, mouvant, intelligent. Lorsque nous nous voyons sous cet angle, nous commençons à réaliser que nous possédons les structures caractéristiques de la nature. Nous avons les branches des arbres, les ruisseaux. Les affluents qui partent du cristallin de l’œil sont à 99 pour cent hautement organisés en structure de quatrième phase. Nous voyons littéralement le monde à travers une lentille fluide, mouvante. Aussi, dans ce contexte, lorsque nous commençons à étudier notre reflet intérieur, nous voyons que nous sommes en fait connectés à notre reflet extérieur et que la séparation que nous ressentons est due à la forme.

Tout élément vivant contient de l’eau, des sels, et une forme de conscience, aussi la substance qui lie et parcourt toute vie est toujours l’eau mais pas seulement l’eau liquide. L’humidité présente dans l’air que nous expirons indique qu’il y a de l’eau dans l’air.

P.I. Traditionnellement les scientifiques accèdent à des découvertes grâce à l’expérimentation. Pensez-vous que la science en général pourrait tirer avantage d’un changement d’attitude, en développant un regard plus holistique, plus en forme d’invitation, sur ce qu’elle étudie ?
V.A. J’aime la science, tout mon travail consiste à réunir science, art et conscience. Je pense que l’art est le terrain intermédiaire, avec ses propres codes. Il permet d’inviter le monde de la science à devenir intuitif, et il permet également d’inviter les personnes tournées vers la spiritualité à devenir des observateurs lucides.

Photo d’un pigeon ramier sous un assiette en verre, à gauche, avec une réaction sous forme decristaux de glace, à droite (Photo : Veda Austin)

La physique quantique peut sans doute y contribuer. La science traditionnelle par exemple, déclare que l’eau ne peut stocker de la mémoire parce qu’elle est dans un chaos moléculaire. Elle actualise l’information chaque milliardième de milliardième de seconde. A ces vitesses folles, les liens d’hydrogène se brisent, mais la physique quantique dirait qu’il existe une différence entre chaos moléculaire et dynamisme moléculaire. Lorsque la conscience est impliquée, le dynamisme moléculaire se crée. Plus il y a d’attention consciente, plus il y a de dynamisme. Il me semble que ce domaine va commencer à se développer. En fait, si la science commençait à adopter une approche plus ouverte, elle irait probablement beaucoup plus loin. Nikola Tesla a déclaré : « Le jour où la science commencera à étudier les phénomènes subtils, elle fera plus de progrès en une décennie qu’en la totalité des siècles passés. »

La biologie et la physique quantiques commencent à présent à prouver l’effet observateur. Je pense que l’un des aspects les plus spirituels de l’eau est cet état d’observateur, de témoin. Cela nous met face à beaucoup d’autres concepts à propos de l’eau et de l’esprit et pose la question de savoir comment nous pouvons nous observer nous-mêmes. Comment les personnes ayant une expérience de mort imminente peuvent-elles devenir l’observateur immobile ?

P.I. Quel pourrait être le message de l’eau pour l’humanité ?
V.A. Je pense qu’un autre mot peut être associé à l’eau : l’espoir. C’est une des raisons qui me font dire que deux pour cent constitue une très petite quantité, et je ne parle pas de l’eau primaire contenue dans le manteau de la Terre, je parle de l’eau à la surface, dont environ deux pour cent est potable. Seulement deux pour cent de la population est nécessaire, en tant qu’entités intelligentes constituées d’eau, pour vraiment comprendre que nous sommes capables, collectivement, de créer du changement. Nous pouvons provoquer les plus grands bouleversements jamais survenus dans ce monde grâce à l’ère du Verseau dans laquelle nous entrons, et dans laquelle le porteur d’eau partage les eaux et la connaissance avec nous. Il nous faut juste l’accueillir et commencer à réaliser que l’eau n’est pas seulement de l’eau. L’eau est le miroir du divin et nous possédons des milliards et des milliards de molécules d’eau. En fait, il y a plus de molécules d’eau dans nos corps que d’étoiles dans l’univers.

1. Masaru Emoto (1943 – 2014) est auteur de nombreux ouvrages sur la mémoire de l’eau. Relire l’article Messages de l’eau dans notre numéro de mai 2002.

Site internet de Veda Austin : https://www.vedaaustin.com

Auteur : Megan Scherer, collaboratrice de Share International basée à à Auckland (Nouvelle-Zélande).
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