Partage international no 373 – septembre 2019
par Aart Jurriaanse
Aart Jurriaanse (1907-2002) était un auteur dont les sujets de prédilections portaient sur l’ésotérisme, la spiritualité, l’occultisme et la religion. Il a autorisé Partage international à publier ses articles, initialement parus dans l’ouvrage Bridges1 (Ponts, non traduit). Source d’inspiration autant que d’information, ils présentent une perspective qui s’étire des anciennes archives des Maîtres à notre temps.
L’irrépressible envie de l’être humain, cette impulsion à aller de l’avant sur le Chemin de Lumière « des ténèbres à la lumière, de l’irréel au réel et de la mort à l’immortalité », est un attribut divin inhérent à toutes les formes créées et pour lequel l’esprit humain ne peut donner d’explication satisfaisante.
La vie de la personnalité évoluante peut être divisée en cinq étapes progressives, déterminées par la condition de la flamme spirituelle intérieure et par la qualité de la lumière rayonnée.
Bien que ces étapes soient ici seulement rapidement esquissées en quelques paragraphes, il faut réaliser, cependant, que leur enchaînement couvre de fait un nombre incalculable d’incarnations, étalées sur une vaste période couvrant des millions d’années. Pendant les premiers stades de son existence, le développement de l’être humain est extrêmement lent, et ce n’est qu’à l’approche de sa culmination, quand l’âme commence à prendre le contrôle, qu’un accroissement net de la vitesse de développement se produit.
De plus, les étudiants doivent réaliser que la classification ci-dessous est artificielle et n’est donnée que dans le but de fournir une image générale du processus de développement. La procédure variera considérablement d’une âme à l’autre, tant en vitesse qu’en ses caractéristiques, et dans certains cas les périodes décrites se superposent partiellement, ou encore se développent plutôt simultanément.
Les cinq périodes spirituelles
La première période, la prise de conscience de l’homme en tant qu’être humain, date de cette époque préhistorique où l’homme-animal a obtenu une âme individuelle, gagnant par conséquent la conscience de « soi ». Il devint « individualisé ». A ce stade initial, l’être humain était encore polarisé entièrement dans le corps physique et apprenait à le contrôler par le moyen du désir, c’est-à-dire par le corps émotionnel. Cela correspond aux anciennes périodes historiques de la Lémurie et des premiers temps de l’Atlantide. Au cours de cette période, l’être humain n’avait ni connaissance ni conscience d’une existence supérieure, et ses aspirations n’allaient pas plus loin que céder aux désirs sexuels et aux plaisirs de la chair. On peut comparer cette période à un enfant âgé de un à sept ans.
A ce stade, la flamme intérieure de l’âme est pratiquement indécelable pour les Instructeurs de la race, et se montre sous la forme d’un tout petit point de lumière. Par ailleurs, la force motrice de l’évolution reste principalement instinctive.
La seconde période est caractérisée par une polarisation dans le corps émotionnel, et est associée avec les premiers signes d’un éveil du mental inférieur de désir. Cela se produisit dans la seconde partie de l’époque atlantéenne. Avec le mental qui commençait à imprégner la personnalité, les désirs ne restèrent pas focalisés uniquement sur la vie physique, mais se dirigèrent également vers le niveau astral. Il se fit alors jour la capacité d’aimer profondément, d’une dévotion irraisonnée ceux qui démontraient une intelligence et une sagesse supérieure, ou de haïr excessivement et violemment certains pairs. L’équilibre que le mental du raisonnement acquerra dans le futur, reste à ce stade toujours déficient, et la vie durant cette période est marquée par des extrêmes émotionnels. L’aspect mental se déploie, mais l’être humain est toujours dominé par ses émotions.
Si l’on compare symboliquement cette période à une vie individuelle, elle correspond à la vie d’un enfant de 7 à 14 ans – la période couvrant l’adolescence et le mûrissement de l’enfant. La flamme intérieure de l’âme reste faible à ce stade et toujours difficile à percevoir.
La troisième période constitue cette phase vitale où le mental est développé et la vie est polarisée dans le corps mental.
A ce stade, l’être humain contrôle totalement son corps physique, et chaque incarnation fournit un meilleur équipement, l’accent étant mis sur la qualité du cerveau, en tant qu’instrument du mental. Simultanément le corps émotionnel devient plus raffiné dans sa vie de désir, et à l’opposé du passé – dans lequel il se tournait vers le bas, vers la matière physique, pour [assouvir] sa satisfaction –, il tend désormais vers le haut, transmutant ainsi le désir en aspiration. Au début cette aspiration est mentale, jusqu’à ce qu’ultérieurement naisse une sensibilité quant à l’existence des mondes subjectifs. L’être humain devient également conscient des joies de l’intellect, et s’efforce donc sans relâche de parvenir à une plus grande adéquation du mental.
Pendant ce temps, la divine étincelle de l’âme, qui pendant si longtemps est restée dormante, a commencé à luire et à se développer en une petite flamme. Ce feu spirituel infiltre le corps de l’âme de sa chaleur et l’irradie de ses énergies, permettant à l’âme de gagner en conscience sur son propre plan. Cependant, le cerveau physique n’enregistre pas encore consciemment les impressions s’échappant de cette force intrinsèque. Cette période correspond à l’âge d’un individu de 14 à 20 ans – l’arrivée à l’âge adulte.
La quatrième période est celle où la Personnalité, en tant que tout coordonné, est pour la première fois reconnue – les trois corps inférieurs, le physique, l’émotionnel et le mental, ont été synthétisés en une unité fonctionnelle sous le contrôle du mental. La consommation de la vie de la personnalité a été atteinte et son attention est désormais consciemment dirigée vers l’âme. C’est le stade où le disciple naît, et où il fait ses premiers pas hésitants sur le sentier. Il est devenu conscient de sa dualité ; il parvient à la réalisation que son être entier devra finalement se centrer dans l’âme, et que l’âme doit parvenir au contrôle total des plans inférieurs. Il commence donc à travailler à cette transmutation et à l’expansion de sa conscience ; cela lui est une tâche laborieuse et pénible, marquée par des revers constants, qui ne peut être accomplie que par l’engagement et la persistance. Il comprend que ses meilleurs outils dans cette tâche exigeante sont l’étude, la méditation et le service à ses semblables.
Au cours de ces batailles, et sans que le disciple n’en soit conscient, son feu intérieur aura inéluctablement reçu plus de carburant et il brûle maintenant si brillamment que sa flamme intérieure commence à attirer l’attention des Maîtres. Cela marque le stade de l’adulte mûrissant, de 28 à 35 ans.
La cinquième période marque la consommation de l’être humain sur le plan physique. C’est le stade où il entre sur le sentier de l’Initiation – initiation dans la reconnaissance consciente des mondes spirituels. Par la méditation, soutenue par ses deux assistants que sont l’étude et le service, le disciple établit de plus en plus fréquemment un contact direct avec les vibrations de l’âme, et de plus en plus la conscience de l’âme est incorporée, de façon à inclure les plans inférieurs. La lumière de l’âme brille encore plus fort, et sa radiation éclaire le sentier du disciple. Durant cette période, la polarisation se déplace entièrement de la personnalité à l’âme jusqu’à ce que, vers la fin de ce cinquième stade, la libération soit achevée et que l’être humain soit libéré. L’étape suivante voit la polarisation s’élever jusqu’à se centrer dans la Triade spirituelle, mais cela n’advient qu’après la troisième initiation. La cinquième période peut être comparée à l’âge symbolique de 42 ans.
Souvent, les disciples s’impatientent ou se découragent face à la lenteur de leurs progrès spirituels, mais il faut toujours se souvenir que tous les effets vraiment ésotériques sont atteints lentement, et seulement après un travail constant et rigoureux. Si un être humain devait parvenir à un développement en apparence rapide en une incarnation, cela serait dû au fait qu’il ne fait que récapituler ce qui a déjà été acquis lors d’incarnations précédentes, et qu’il est en train de se préparer pour sa prochaine tâche ardue.
Le sentier de l’évolution spirituelle est une série d’expansions de conscience successives, de reconnaissances et de révélations subséquentes, jusqu’à ce que le monde de la matière et de la forme se tienne révélé dans la lumière de l’âme, et que l’illumination soit parachevée. Le disciple affermit alors graduellement sa vie consciente dans le monde subjectif, le monde de la réalité. Son sens des valeurs s’en trouve modifié et son temps et ses capacités sont voués à des objectifs supérieurs.
1. Aart Jurriaanse, Bridges, ISBN 3-929345-11-0, Bridges Publishing, Freiburg, Allemagne, 1re édition 2001, 2007.
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Divers ()
