Partage international no 171 – novembre 2002
L’archevêque Desmond Tutu, prix Nobel de la paix et leader de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, est co-auteur d’un article publié par le Jordan Times, en juin 2002, où il évoque une réussite extraordinaire : celle de la pression internationale et des actions sur le terrain pour mettre fin à l’apartheid.
Dans cet article, les auteurs mentionnent qu’un mouvement analogue s’est récemment constitué pour mettre fin à l’occupation des territoires palestiniens par Israël, en précisant que si cela avait réussi en Afrique du Sud, cela pouvait réussir au Moyen-Orient. Selon eux, la pression populaire, mais aussi financière et morale, se met en place dans plusieurs endroits du monde.
En Palestine, la liberté de mouvement, ainsi que celle du travail sont sévèrement limitées. Les urgences médicales par exemple sont souvent aggravées par les attentes aux points de passages : « Il faut de la chance pour atteindre l’hôpital à temps, et point n’est besoin d’avoir commis un crime pour que le voyage se termine en prison. Les plus chanceux quittent le sordide grâce aux laissez-passer pour aller travailler en ville, mais la chance tourne court quand la sécurité ferme les points de passage, paralysant ainsi tout un peuple. L’affront, la dépendance, la tension, est le lot quotidien des Palestiniens. »
Les colonies doivent être démantelées. « L’ambition territoriale est tout aussi illégale dans le cas d’une progression lente, comme celle des colons israéliens sur les territoires occupés, que dans celui d’une guerre éclair comme cela s’est produit au Koweït. »
Le peuple juif a une tendance « quasi instinctive » à faire cause commune avec les opprimés. « Dans leurs écrits, il est fait état d’une véritable empathie envers ceux qui sont privés de droits. L’occupation des territoires palestiniens constitue une amnésie dangereuse et sélective de la persécution qui a engendré elle-même ces traditions. »
Mais tout le monde n’a pas perdu la mémoire et nombreux sont ceux, parmi les populations civile et militaire, qui plaident en faveur de la paix qui se concrétisera par la fin de l’occupation. Chacune des 35 nouvelles colonies implantées au cours de la seule année 2002 éloigne d’un pas supplémentaire de l’accord susceptible d’apporter la sécurité aux Israéliens et la justice aux Palestiniens. La pression internationale et la force de la morale doivent jouer leur rôle dans la mise en place d’un tel accord légitime.
