Partage international no 160 – décembre 2001
Cher Monsieur,
Le 11 septembre, je séjournais à Brooklyn, à moins de trois kilomètres du World Trade Center. Ce matin-là, mon hôte me conduisit à la fenêtre et me montra les deux tours en feu. Nous restâmes là, stupéfaits et horrifiés, cherchant à comprendre ce qui se passait, tandis que le ciel s’emplissait de fumée noire. Comprenant que la perte en vies humaines serait énorme, je me mis à prier avec ferveur pour les victimes et tous ceux qui avaient besoin de réconfort. C’était terrible de voir se dérouler cette tragédie sous nos yeux sans pouvoir rien faire. Nous nous sommes demandé s’il ne fallait pas voir là un signe du destin car, si nous avions commencé la journée comme nous l’avions prévu, nous nous serions retrouvés sous les tours, dans le métro, au moment de l’explosion. J’avais l’impression qu’il y avait une raison pour laquelle j’assistais à cet événement : n’y avait-il pas là une leçon spirituelle dont je devais témoigner ?
Le temps que je m’habille, et les tours s’étaient écroulées. Lorsque nous sortîmes, l’air était rempli de fumée et nous dûmes nous protéger le nez et la bouche avec un tissu. Une rue plus loin se trouvait l’église des Pèlerins de Plymouth, et, au moment où je passais devant sa porte ouverte, quelque chose me poussa à entrer. Une veille avait lieu, et les gens du quartier s’étaient rassemblés pour se réconforter mutuellement. A l’intérieur, un calme incroyable imprégnait la totalité de ce lieu, et je me suis tout de suite sentie réconfortée de partager ces instants avec ces gens. Cela m’a rappelé aussitôt qu’à la mort de la princesse Diana, les gens s’étaient également spontanément rassemblés pour vivre ensemble leur chagrin. Ici, les gens étaient calmes, et personne ne pleurait bruyamment.
On me dit que beaucoup d’habitants de ce quartier travaillaient ou avaient travaillé dans les tours. Une énergie de régénération spirituelle semblait émaner du cœur même de ce sanctuaire éclairé de grands vitraux, tandis que des airs religieux et de musique « country » provenaient d’un orgue placé à l’étage.
Les jours suivants, pendant la fin de mon séjour à New York, j’ai éprouvé à plusieurs reprises ce type d’énergie spirituelle. Je me suis rendue deux fois au mémorial « Strawberry Fields » dédié à John Lennon, dans Central Park, où le mot IMAGINE apparaît en lettres capitales sur une mosaïque. Beaucoup de gens se rassemblaient là pour honorer la mémoire de leurs chers disparus. Certains portaient des bougies et formaient un cercle, tandis qu’un homme âgé jouait l’air de « Amazing Grace » à la flûte. Ces visites à Central Park furent les moments les plus réconfortants de mon séjour à New York, au point que j’eus du mal à quitter cette ville à la fin de mes dix jours de vacances. La présence divine était palpable au cœur même de ces moments de douleur. Je sais que tous ceux qui sont venus près de cette mosaïque ont éprouvé le même genre de réconfort. Il y avait là, au milieu des bougies, des lettres, des dessins et des poèmes, qui, tous, exprimaient le même sentiment : l’amour est la réponse, non la guerre. Quelqu’un avait laissé un mot pour nous rappeler que la loi du talion « œil pour œil » rend aveugle.
Je garderai de mon séjour à New York un autre souvenir poignant : celui de l’interview d’une femme enceinte de huit mois, dont le mari avait été tué dans une des tours. La grâce et la force qui émanaient d’elle, malgré sa douleur, étaient très émouvantes. Ses paroles allaient droit au cœur. Elle disait qu’elle savait que son mari n’avait pas perdu la vie en vain. Elle était certaine qu’un bien sortirait de cet événement, même si elle ne savait pas très bien comment cela se produirait.
[1] Les Maîtres étaient-ils impliqués dans l’énergie spirituelle sensible dans l’église des Pèlerins de Plymouth et au mémorial de John Lennon de Central Park ?
[2] L’homme qui jouait de la flûte au mémorial de John Lennon avait-il une signification particulière ?
[3] Etait-ce seulement par chance que mon hôte et moi-même n’étions pas dans le métro au moment de l’attaque, ou avons-nous été protégés ?
M. A. S., San Francisco, Californie, Etats-Unis
[[1]Le Maître de Benjamin Creme confirme que l'Eglise des Pèlerins de Plymouth fut l'un des nombreux temples et églises à travers lesquels Maitreya a répandu son énergie d'amour. [2] Non. [3] Seulement par chance.]
Lieu : Brooklyn, Etats-Unis
Date des faits : 11 septembre 2001
Thématiques : signes et miracles
Rubrique : Courrier des lecteurs (Cette rubrique est alimentée par une réserve importante de courriers confirmés par le Maître de Benjamin Creme comme relatant de véritables rencontres avec des Maîtres, ou un « porte-parole », non encore publiés. S’y ajoutent d’autres courriers, plus récents, qui n’ont pas pu être vérifiés.)
