La voie du Bodhisattva

Partage international no 364décembre 2018

Sa sainteté le dalaï-lama prononce chaque jour cette prière car « elle me donne la force et l’enthousiasme pour servir les êtres sensibles et l’humanité ». Il s’agit d’un extrait du Bodhicaryâvatâra, un poème épique parfois désigné comme « La voie du Bodhisattva » écrit vers le VIIIe siècle par Shântideva, un grand sage du bouddhisme. Littéralement, le titre en sanskrit de l’œuvre signifie à peu près « L’entrée (avatâra) dans la conduite (carya) éclairée (ou sage, bodhi) ». Ce passage est issu du chapitre III (ver. 17-21) intitulé Adopter l’esprit d’éveil (bodhicittâparigraha). La présente version s’appuie sur la traduction de Louis Finot (1920).

Puissé-je être le protecteur des abandonnés,
le guide de ceux qui cheminent et,
pour ceux qui désirent l’autre rive, être la barque
le gué, le pont, l’île de ceux qui ont besoin d’une île ;
puissé-je être la lampe de ceux qui cherchent la lumière,
le lit de ceux qui ont besoin de repos,
le serviteur des êtres qui sont dans le besoin ;
puissé-je être la pierre à vœux, l’urne aux trésors,
le mantra puissant, la plante qui guérit,
l’arbre aux miracles, la vache d’abondance1 !
De même que la terre et les autres éléments pourvoient
aux multiples usages des êtres innombrables
répandus dans l’espace infini ;
ainsi puissé-je être de toutes façons utile
aux êtres qui occupent l’espace,
aussi longtemps que tous ne seront pas délivrés !

1 – La pierre à vœux (cintâmani) est un joyau magique, qui réalise les pensées ; l’urne aux trésors (bhadraghata) est un vase d’où l’on retire tout ce qu’on veut ; le mantra puissant (siddhavidyâ) est une formule grâce à laquelle toute entreprise réussit ; la plante qui guérit (mahaushadhi) est un remède universel ; l’arbre aux miracles (kalpavriksha), et la vache d’abondance (kâmadhenu) sont deux des merveilles célestes : l’un porte comme fruits, l’autre donne comme lait tout ce que l’on désire.


Thématiques : sagesse éternelle
Rubrique : Divers ()