« …Des changements sont en train de se produire dans les prisons. Ceux qui commettent des crimes… comprendront mieux le processus mental qui les a poussés à passer à l’acte. » (Maitreya, l’Instructeur mondial, d’après un de ses collaborateurs, Partage international, juillet/août 1991)
Je suis prisonnier fédéral au pénitencier de Lansing dans le Kansas. Depuis 1982, je médite, j’étudie et j’informe mes compagnons prisonniers de la présence de Maitreya dans le monde. Sur la manière dont chaque être humain peut changer radicalement son conditionnement, j’ai coutume de dire aux autres prisonniers : « Si je peux le faire, n’importe qui le peut aussi. » Et encore maintenant, pour mieux comprendre pourquoi les juges ont rejeté ma demande de mise en liberté conditionnelle l’année dernière, je dois pratiquer le pardon que j’ai dû apprendre.
Les juges n’ont pas l’habitude de rencontrer des individus capables d’une transformation aussi radicale, comme le prouvent mes actes inattendus et les documents qui les rapportent. Non seulement mon dossier en tant que détenu est clair, mais mon attitude est positive et pacifique, mes énergies étant dirigées vers le service. Tant de prisonniers sont considérés comme des beaux parleurs, qu’il est difficile, pour les autorités, de me voir tel que je le suis maintenant.
D’ailleurs, comment peuvent-ils expliquer le travail que j’ai effectué en plus de quinze ans de détention ? Pourquoi un prisonnier appelle-t-il d’autres prisonniers à pratiquer la méditation, étudie-t-il les enseignements de la Sagesse éternelle, établit-il un projet nutritionnel pour la prison, et lance-t-il l’association Unisight pour répandre l’espoir parmi les prisonniers ? Comment pouvais-je attirer un groupe de bénévoles de l’extérieur qui s’investissent pour le rêve de ma vie, le Ranch du Chemin de l’Espoir, dont le but est de sauver des enfants maltraités, en leur évitant de sombrer, comme je l’ai fait, dans le piège de la criminalité ?
Si vous me rencontriez aujourd’hui, je doute que vous reconnaissiez le jeune homme peureux, hargneux et incapable de pardonner, qui s’était évadé du pénitencier peu après avoir été condamné à la prison à vie pour meurtre. Depuis lors, j’ai fait l’expérience du Soi de manière si profonde qu’aujourd’hui je ne suis plus en contact avec les énergies négatives qui alimentent les comportements violents.
Néanmoins, j’assume maintenant pleinement mes responsabilités et je regrette profondément d’avoir ôté la vie à deux êtres humains. Je prends bien soin de ne pas utiliser certains événements de mon enfance pour justifier ce que j’ai fait. Par contre, je trouve utile, à titre pédagogique, que les aux autres se rendent compte que j’ai été gravement abusé physiquement pendant dix ans au cours de mon enfance. De cette manière, ils pourront peut-être reconnaître, chez un enfant, les caractéristiques d’un criminel en puissance et intervenir pour prévenir cette issue. Dans mes conversations avec des centaines d’autres prisonniers, d’année en année, j’ai pu constater que la plupart d’entre eux venaient de familles pauvres comme la mienne et avaient été, eux aussi, maltraités. Comme eux, durant toute mon enfance, je n’ai cessé de rechercher l’amour, l’accueil et la sécurité que je n’ai jamais eus.
A l’âge de 14 ans, j’errais dans les rues, alcoolique, et loin de pouvoir ressentir ce qu’est l’estime de soi. Nous entendons beaucoup parler, aujourd’hui, des jeunes des quartiers défavorisés des villes, mais j’étais moi-même le produit d’une famille rurale, de celles qui connaissent depuis des générations les abus physiques, l’alcoolisme et le manque d’éducation. Dans les années 1950 et 1960, alors que je devenais adulte, il était rare que de telles choses se produisent ailleurs que dans des villes surpeuplées, mais malheureusement cela tend à gagner d’autres lieux. Se contenter de « dire non » à la drogue et à la violence ne suffira pas à défaire le conditionnement et à instaurer chez l’individu un sens du Soi.
Un article ne suffit pas à exposer en détail les événements « catalyseurs » des changements qui se sont opérés en moi. Tout a commencé lorsque j’ai failli être tué au moment de mon évasion et que j’ai fait ce que l’on appelle maintenant une N.D.E., ou « expérience proche de la mort », au cours de laquelle j’ai rencontré, de façon tout à fait inoubliable, mon Soi véritable et la vérité sur ce que nous appelons le « Royaume de Dieu ». Après cette expérience, je savais que la vie ne s’arrêtait pas à la mort, que ma vie avait un but et que je pouvais le découvrir en suivant ma propre intuition. Mais que faire avec cette personnalité puissamment conditionnée qui était toujours habitée par des forces négatives que je devais surmonter ?
C’est à ce moment-là que je vis une petite annonce, dans un journal, au sujet de l’émergence de Maitreya. J’écrivis au centre Tara et je me mis à dévorer avec passion les lettres et les livres que les bénévoles de l’association m’envoyaient. Il n’y avait aucune question qui ne trouvait de réponse pleine de compréhension, par lettre, cassette et livres à étudier. Ces enseignements résonnaient comme un écho aux principes profondément enracinés en moi et qui constituent le fondement de mon héritage en tant que Cherokee et chrétien. Je ne pus résister à l’urgence de me mettre au travail pour mettre en pratique ces enseignements, ici même derrière ces murs. Je commençai par exercer des activités parajuridiques. Je réussis à gagner quatre procès contre la prison pour non respect des droits de l’homme, abus qui ont été corrigés ultérieurement.
Grâce à mes années de méditation, à réexaminer mon passé à la lumière du Soi véritable et à me dévouer pour améliorer la condition des prisonniers, je devins capable d’abandonner la personne que j’avais été. J’ai découvert les possibilités innées de l’homme à surmonter les effets négatifs du passé ; j’ai appris à ne pas blâmer, à ne pas chercher à se venger, mais à pardonner ; j’ai su comment convertir la colère en action positive et j’ai fait bénéficier les autres du résultat de mes longues recherches, à l’aide d’exemples, ce que j’avais moi-même appris « sur le terrain. » Comme l’enseigne Maitreya, le détachement nous libère de notre conditionnement. Il est parfois difficile pour les gens d’imaginer ce que peut être la conscience d’un adolescent « perdu » comme je l’étais. J’étais apeuré, seul et révolté. J’étais comme un guerrier sans limites ni respect. Dès l’âge de 10 ans, la bière (et plus tard le whisky) ainsi que les bagarres assumées courageusement étaient les seules choses que je connaissais de l’estime de soi. Je ne m’excuse pas d’avoir enfreint la loi ; j’ai réellement volé le whisky qui m’a coûté mes deux premières années d’emprisonnement.
Malheureusement, lorsque j’étais en prison pour ce vol, je me suis trouvé sous l’emprise de truands qui, plus tard, se sont avérés avoir des relations avec le milieu. Pour éviter de céder à leur chantage et d’être impliqué dans une affaire de meurtre alors que j’étais en liberté conditionnelle, j’ai tué deux d’entre eux, en état de légitime défense. Mais durant mon procès, je n’ai pas dit la vérité de peur que le mobile du crime ne me coûte la vie. J’ai donc plaidé coupable. Cependant, quiconque connaîtrait les faits plaiderait la légitime défense et estimerait que j’aurais dû le faire. En ces jours noirs, je ne savais pas que la vérité pouvait me rendre libre.
Aujourd’hui, je suis libre dans le seul sens véritable du mot – j’ai un but dans la vie : faire tout mon possible pour que, dans le futur, le crime soit éradiqué à la racine, en intervenant avec patience, compréhension et amour dans la vie de ces jeunes qui n’ont pas encore réalisé qu’ils sont essentiellement bons. Le Ranch du Chemin de l’Espoir rappelle le Chemin des Pleurs des Cherokees, qui évoque le départ des Indiens de leurs terres natales où ils ont été massacrés par milliers et où leurs foyers ont été détruits. Le but du ranch est de faire naître l’espoir et de redonner aux enfants ce que le manque d’amour familial a volé.
Un appel de fonds va être lancé prochainement afin d’acquérir un ranch et d’employer du personnel pour le Ranch du Chemin de l’Espoir, de la Fondation Unisight. Pour tous renseignements, écrire à Glen Rider # 19807, Medium Security Facility, P.O. Box 2, Lansing Correctional Facility, Lansing, Kansas 66043-0002.
Le titre de cet article est une citation de Maitreya extraite d’une interview d’un de ses collaborateurs, publiée dans le numéro de janvier/février 1990 de Partage international.
[Maitreya est apparu en rêve à Glen Rider, en janvier 1995, comme il le relate dans une lettre, publiée dans notre rubrique courrier des lecteurs de janvier/février 1990 de Partage international.]
