La simplicité
La vie moderne tend à devenir de plus en plus complexe, mais le disciple ne devrait jamais laisser cette complexité le conduire à l’agitation. Le secret consiste à cultiver une simplicité de pensée, en observant systématiquement une attitude d’acceptation et de complet abandon à la volonté de l’âme qui, en ce qui concerne l’individu, représente la Volonté de Dieu.
La simplicité consiste à adopter une perspective unique, libre des illusions produites par les confusions du mental créateur des pensées; la simplicité représente la clarté du dessein, et la constance dans l’effort, ainsi que la préservation des complications qu’apportent questions ou introspections injustifiées. La simplicité signifie une vie de sacrifice aimant, dans l’oubli de la demande ou de l’attente de quoi que ce soit en retour. En résumé, la simplicité consiste simplement à suivre les ordres de l’âme. Dans la pratique, le disciple démontrera cette qualité par son esprit de bonne volonté, et de coopération, ainsi que par sa compréhension aimante mais intelligente envers tout ce que lui présente la vie et la destinée.
La période actuelle se caractérise par un matérialisme d’une ampleur inconnue jusqu’à présent, et dont, pour le salut de l’humanité, on espère qu’elle ne sera jamais plus égalée. De nos jours, la valeur de l’homme s’évalue souvent en termes de possessions, et chez beaucoup, il existe une tendance à repousser les valeurs spirituelles en arrière plan. Heureusement, ces tentatives de dénigrement de ce qui est spirituel échoueront toujours. L’homme évolue sur le sentier de la Lumière, et ces périodes ne représentent que de simples phases dont l’humanité doit faire l’expérience, afin de reconnaître par elle-même l’inutilité et la futilité des possessions matérielles pour lesquelles l’homme s’est battu avec tant de passion. Aussi compte-t-on maintenant sur un retour progressif à un genre de vie plus simple — les possessions sous toutes leurs formes faisant l’objet de moins d’attention — et sur un regain d’intérêt pour le progrès spirituel.
Le détachement, l’impersonnalité et l’acceptation
Sur son sentier d’évolution, le disciple doit apprendre à utiliser avec le plus d’efficacité possible les précieux outils que sont l’art du détachement, de l’impersonnalité et de l’acceptation. Le travailleur doit apprendre à se tenir à l’écart, et à conserver toute indépendance vis à vis de ce qu’il essaie de créer. Il doit apprendre à cultiver une attitude de spectateur et d’observateur silencieux. Le détachement mental lui permettra d’obtenir une vision calme et impersonnelle de ce qu’il souhaite accomplir.
Il ne faut pas considérer ce détachement comme une forme d’autoprotection, d’auto-immunisation ou de réserve, mais comme une tentative en vue d’acquérir une véritable vision d’ensemble et une juste perception des valeurs en jeu, telles qu’elles apparaissent depuis le niveau de l’âme; car ce n’est que depuis cette altitude qu’il sera possible de considérer la situation et les personnes comme elles sont en vérité, avec leurs faiblesses et leurs vertus, leurs aspects divins ou humains. Et ce n’est qu’en observant cette attitude que l’homme pourra se soustraire aux réponses violentes, émotionnelles et mentales, aboutissant inévitablement à un discernement faussé. Il est naturellement possible d’observer un détachement de manière excessive, et d’en faire un défaut, aussi revient-il au véritable serviteur du Plan de trouver la juste mesure et de cheminer sur le sentier du milieu.
Pour le disciple, obtenir la véritable impersonnalité et le détachement signifie s’élever au dessus des problèmes de la personnalité et se trouver dorénavant capable de travailler depuis le plan de l’âme. Ayant appris l’acceptation, il peut affronter toutes les situations dans un esprit d’amour, et refuser toute action précipitée qui pourrait permettre à un certain séparatisme de s’insinuer dans ses relations avec son prochain. Cette attitude conduira inévitablement au véritable service et à l’accomplissement de cette partie du Plan dont il est responsable.
L’impersonnalité s’obtient par l’élimination de toute ambition personnelle et de l’amour du pouvoir. Cela implique l’abandon de nombre des idées auxquelles nous sommes attachées, l’abandon de qualités difficilement acquises, d’idéaux soigneusement entretenus et de croyances fermement ancrées, ainsi que l’acceptation de la situation telle qu’elle se présente.
Un moyen contribuant fortement à obtenir l’impersonnalité consiste à cultiver une attitude d’« indifférence divine » envers les désirs de la personnalité, dans les rapports humains, et vis à vis des objectifs. L’acceptation implique le contrôle émotionnel; obtenir ce contrôle est une des tâches les plus difficiles que doit affronter le disciple en évolution, et demande généralement beaucoup de temps. Toutefois, une fois atteint, ce contrôle émotionnel justifiera tous les efforts développés.
Le disciple n’atteindra pleinement cette « divine indifférence » que lorsqu’il sera clairement conscient de sa propre dualité, et percevra que l’âme constitue le véritable Soi et que son corps matériel n’est qu’un instrument à vocation temporaire; lorsqu’il prendra conscience du fait de sa situation d’observateur — lui permettant de travailler avec total détachement à diriger des forces au profit de l’humanité; lorsqu’il aura conscience qu’en fait, il est l’Âme. Le disciple en arrivera finalement à découvrir que l’impersonnalité ne signifie ni indifférence ni préoccupation, mais s’appuie sur une profonde compréhension, un intérêt énergique pour le service mondial, sur un sens des proportions, et sur un détachement permettant de rendre de véritables services à autrui.
Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Esotérisme ()
