Partage international no 167 – juillet 2002
Selon le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM), environ 100 millions de personnes réparties dans 20 pays sont actuellement affectées par la sécheresse. Cette année, le PAM a fourni une aide alimentaire à 16 millions de personnes, contre seulement trois millions il y a juste quatre ans. Les zones les plus dévastées par l’insuffisance des précipitations sont le sud du Sahara – de la Mauritanie jusqu’au Soudan – la Corne de l’Afrique, une grande partie du sud de l’Afrique et certaines régions d’Asie centrale, d’Amérique centrale et des Caraïbes.
« Le PAM œuvre dans chaque partie du monde pour fournir une aide alimentaire d’urgence à des gens qui ont perdu leurs récoltes ou leur moyen d’existence du fait de la sécheresse », déclare Francesco Strippoli, conseiller principal de l’organisation.
Au cours des années 1990, les opérations d’urgence liées à la sécheresse ont constitué plus de la moitié des 194 interventions du PAM dues aux catastrophes naturelles. Selon F. Strippoli : « La carte de la sécheresse s’est modifiée d’une façon significative dans de nombreuses parties du monde en raison de la surexploitation des ressources naturelles. Cette surexploitation a souvent pour origine la pauvreté, qui incite les gens et les communautés à dégrader leur base productive dans le seul but de survivre. Dans ces conditions, les gens cultivent de plus en plus des sols marginaux, réduisent les périodes de jachères, abattent les forêts pour en faire des terres cultivables et brûlent ou encombrent à l’excès de fragiles pâturages. »
L’instabilité politique et les conflits armés empêchent également les populations de faire face aux situations de sécheresse. F. Strippoli cite aussi les cas de la Corne de l’Afrique, du Burundi, du Soudan et de l’Afghanistan, où les secteurs les plus pauvres de la population sont devenus de plus en plus vulnérables. Alors que les gens se disputent de rares ressources, leurs problèmes socio-politiques et culturels peuvent être exacerbés par une diminution des précipitations ou du rendement des récoltes. La sécheresse produit d’autres effets nuisibles au niveau macro-économique : elle réduit la production agricole, élève le prix des denrées, contracte le marché du travail et les opportunités d’emploi, provoque une baisse des revenus et augmente la nécessité d’importer des produits alimentaires.
Les plus vulnérables à l’insécurité alimentaire due à la sécheresse sont les populations en situation précaire, les petits paysans, les bergers, ainsi que les habitants des zones rurales qui ne possèdent pas de terres ou qui ne détiennent que de très petits lopins, dépendant ainsi du travail saisonnier dans le secteur agricole.
Il est courant, pour les hommes, de quitter les zones frappées de sécheresse pour chercher de la nourriture, alors que les femmes et les enfants ont tendance à rester, se débattant au milieu des pénuries alimentaires et vivant souvent dans des camps d’assistance. Dans la Corne de l’Afrique, près de 70 % de la population souffrant des effets de la sécheresse est constituée de femmes et d’enfants. Dans cette région de l’Afrique – Djibouti, l’Erythrée, l’Ethiopie et la Somalie, qui se trouve en ce moment dans la phase la plus critique d’une grave sécheresse – plus de 16 millions de personnes sont confrontées à de graves pénuries alimentaires. Et le Kenya souffre d’une des pires sécheresses de son histoire.
La sécheresse qui a dévasté les pays d’Asie centrale, comme l’Afghanistan et le Tadjikistan, s’étend à présent au Caucase, où les régions montagneuses de l’Arménie ont perdu 55 à 60 % de leurs récoltes.
L’Amérique centrale et les Caraïbes sont également frappées durement par la sécheresse. Un tiers de la moisson courante de Haïti a déjà été détruit par la sécheresse. La même menace s’étend à présent aux pays du Moyen-Orient, y compris la Jordanie, la Syrie et l’Iran.
Dans le cadre de ses trois interventions les plus importantes, en Ethiopie, au Kenya et en Afghanistan, le PAM fournit de la nourriture à douze millions de personnes, pour un coût total de 352 millions de dollars.
Sources : Interpress Service
Thématiques : Société, environnement, politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)
