La science du contact et de la communication

Partage international no 407juillet 2022

par Aart Jurriaanse

Le précèdent volet de ce vaste chapitre de Bridges, livre d’Aart Jurriaanse, a été publié dans notre numéro de mars 2022. A. Jurriaanse présente de manière éclairante des thèmes traités par le Maître tibétain – le Maître Djwhal Kuhl – par l’entremise d’Alice Bailey. Ici, il présente les idées : ce qu’elles sont, d’où elles proviennent et pourquoi il est déraisonnable de revendiquer une idée comme étant uniquement la sienne.

Les idées

Les idées sont les briques uniques à partir desquelles le Plan divin est construit. Occasionnellement, et dans un but spécifique, un Maître peut, par télépathie mentale, attirer l’attention d’un disciple sur une idée particulière, mais en général, il est laissé à l’initiative du penseur de pénétrer dans les niveaux intuitifs au moyen du mental focalisé et d’y reconnaître, par ses propres moyens, les idées spécifiques qui sont requises pour les buts de sa vie.

Le plan de l’intuition contient ce trésor inépuisable d’idées, comprenant tous les sujets imaginables dans toutes les sphères de l’activité humaine, qui peuvent être nécessaires soit pour le présent, soit pour le développement ultime de l’homme. Ces idées ont été rassemblées là par les entités spirituelles pour servir les besoins de l’humanité, et dans leur totalité elles constituent le Plan divin. Dans la littérature ésotérique, ce monde d’idées est également connu sous le nom descriptif de « nuage de pluie de choses connaissables » — une expression dérivée des écrits d’un ancien sage, Patanjali. C’est ce « nuage de pluie » qui sert de réservoir de révélations et de source d’inspiration pour tout développement humain.

Sans en avoir conscience, ce nuage de pluie est la source d’où les philosophes, les scientifiques, les inventeurs, les visionnaires et les penseurs du monde entier tirent leurs idées, leurs impressions, leurs ondes cérébrales ou leurs impulsions, souvent dans l’illusion que ces idées sont les enfants de leur propre cerveau et le produit direct de leur propre intelligence. En réalité, grâce à leur formation ou à leur intelligence naturelle, ils ont simplement été qualifiés pour agir en tant qu’instruments appropriés pour enregistrer des idées existantes sur le plan de l’intuition et pour les ramener sur Terre.

Les ésotéristes, quant à eux, sont formés pour entrer en contact avec le nuage de pluie par le biais de la méditation consciente, et ainsi exploiter ces sources intuitives d’idées, qui sont ensuite ramenées aux niveaux mentaux pour être incorporées dans leurs plans de service pour l’humanité. Tous les thèmes ésotériques sont susceptibles d’être nuancés en fonction du point d’approche, et parce qu’il est rarement possible de couvrir un sujet de manière complète en raison des nombreuses facettes que chaque sujet contient, dont beaucoup ne seront révélées qu’avec une lumière croissante et une expansion de la conscience. Ceci s’applique également aux affirmations faites plus haut à propos de la manifestation des idées.

Il existe par exemple des idées qui n’ont pas besoin d’être laborieusement extraites du « nuage de pluie » par les penseurs, mais que la Hiérarchie bon gré, mal gré impose au mental. En dépit du libre arbitre de l’homme, il ne peut échapper à l’influence de ces idées imposées et, à cet égard, il n’est certainement pas un agent libre. Cependant, une fois que ces idées ont été comprises et traduites en idéaux, il est à nouveau libre de les accepter ou de les rejeter. Le rythme du progrès de l’homme sera largement déterminé par l’utilisation effective de ces présentations divines.

Les idées communiquées dans les premiers stades seront faibles et nébuleuses, et difficiles à ramener au niveau mental, mais avec des efforts soutenus, les résultats s’amélioreront, et les idées deviendront plus clairement définies pour s’inscrire dans le mental concret. Ce n’est qu’après avoir atteint le mental que ces idées sont formulées en pensées identifiables. Il s’ensuit une période de gestation pendant laquelle la forme-pensée nouvellement née commence lentement à prendre une forme plus définie. Au fur et à mesure que l’enfant de l’esprit se développe, on ressent le besoin d’amener cette pensée sur terre et de la matérialiser, afin qu’elle puisse servir son objectif et être partagée par d’autres. Le penseur commence alors à la vitaliser au moyen de la puissance de sa volonté et, lentement, la forme-pensée s’habille de matière mentale et astrale.

Toute création ou manifestation doit être considérée comme la matérialisation ou le reflet d’une idée

A partir de ce stade, la matérialisation finale de la vision sur le plan physique reste rarement l’œuvre d’un seul homme. La pensée est communiquée à plusieurs, et ce n’est qu’après que plusieurs travailleurs aient contribué à sa vivification que leurs efforts conjugués peuvent amener la forme à se manifester physiquement. Dans de telles circonstances, le fait de cultiver avec succès l’opinion publique peut s’avérer d’une grande utilité pour obtenir suffisamment d’aides pour que la forme se manifeste réellement.

Toute création ou manifestation dans les trois mondes d’expression humaine doit être considérée comme la matérialisation ou le reflet d’une idée subjective ou d’un ensemble d’idées. Cependant, l’idée doit d’abord exister sur des niveaux spirituels avant de pouvoir prendre les qualités d’une pensée et être ensuite traduite sous une forme matérielle.

Le rythme de révélation tel qu’il se reflète dans le développement humain dépendra du nombre et de la qualité des penseurs disponibles, de la rapidité avec laquelle les idées peuvent être reconnues et extraites du « nuage de pluie », et de l’efficacité avec laquelle ces idées sont nourries et finalement matérialisées et mises à la disposition de l’humanité.

Il est évidemment de la plus haute importance que cette traduction de l’idée soit effectuée avec un minimum de distorsion. Si l’idée est trop mutilée elle peut devenir sans valeur, ou ses effets peuvent même devenir déséquilibrés et s’avérer nuisibles, au détriment de l’homme. Il faut toujours se rappeler que toute idée a son pôle positif et son pôle négatif, et que son influence finale dépendra de l’approche de l’homme et de la façon dont il manipule les forces qui sont mises à sa disposition.

L’histoire du monde n’est que l’enregistrement des résultats obtenus à partir des idées qui, au cours des âges, ont été progressivement révélées à l’homme par divers canaux. Elle reflète la mesure dans laquelle ces idées ont été appliquées soit de manière bénéfique au profit de tous, soit utilisées de manière abusive pour satisfaire des désirs égoïstes sous l’une de leurs nombreuses facettes.

L’illusion peut être considérée comme la réaction de l’esprit indiscipliné au monde des idées nouvellement contacté. Une idée fondamentalement excellente ou saine peut facilement être déformée en une illusion inutile ou néfaste. L’un des principaux objectifs du disciple devrait donc être de se qualifier et de s’entraîner à élever son esprit jusqu’au plan de l’intuition, et là, de travailler et de vivre dans le monde des idées ; d’apprendre à les reconnaître et à les distinguer clairement, puis de les ramener sur terre avec un minimum de distorsion pour le service de l’humanité. Aucune idée que l’on peut contacter n’est jamais complète ou parfaite en soi. Chaque idée n’est qu’un fragment d’un tout plus grand, et l’effort du disciple doit donc être de faire descendre sur terre la plus grande partie du Plan qui est dans sa capacité.

Au cours des premiers stades de son développement, l’aspirant, le scientifique ou le penseur peut être enclin à s’approprier des idées et à les considérer comme le produit de son propre cerveau fertile, sans se rendre compte qu’il n’a fait que servir de canal à leur manifestation et qu’aucune idée ne peut ou ne doit jamais être conservée par un individu à des fins égoïstes. Les idées doivent être considérées comme un don universel à l’humanité dans son ensemble, et le canal ou l’instrument doit reconnaître qu’il a eu l’honneur d’être choisi pour servir ce but. Il n’existe donc pas d’idées créées par l’homme, car toutes les idées fondamentales et vraies sont d’origine divine. Les idées que l’on considère comme créées par l’homme ne sont que des formes-pensées qui sont des perversions plus ou moins grandes d’une idée originale dérivée du plan de l’intuition.

D’ailleurs, aucun être humain ordinaire ne peut espérer embrasser toute l’étendue d’une idée, qui est toujours tellement plus grande que l’idéaliste qui peut avoir la chance de la contacter. Une telle reconnaissance doit inévitablement conduire à une attitude d’humilité, et aucun grand esprit ne peut jamais être autre chose qu’humble, étant ainsi protégé contre l’étroitesse de vue et d’interprétation.

Auteur : Aart Jurriaanse, (1907-2002) : auteur sud-africain qui a effectué des compilations des livres d’Alice Bailey. Il est l’auteur de Bridges (Ponts, non traduit) qui est un commentaire de ces enseignements.
Sources : Bridges, ISBN 3-929345-11-0, Bridges Publishing, Freiburg, Allemagne, 2001, 2007 - www.bridges-publishing.de
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Divers ()