La responsabilité du disciple dans les périodes critiques (5)

Partage international no 400décembre 2021

par Anne Marie Kvernevik

Cet article est le dernier d’une série parue dans Partage international au cours de l’année 2021. Mon objectif était de transmettre des conseils aux disciples par l’entremise des enseignements de la sagesse éternelle, et de montrer le lien existant entre les enseignements du Maître Djwal Kuhl (DK), de Benjamin Creme et de son Maître. Ils ont chacun insisté sur les relations entre disciples, entre les disciples et l’ensemble de l’humanité et les autres règnes de la planète : mais également sur la possibilité pour les disciples d’assumer la responsabilité du changement en eux-mêmes et dans leur groupe, en exprimant l’innocuité, l’amour, et le souhait de travailler pour la coopération et l’unité en ces temps critiques. De cette façon, les disciples peuvent s’adapter aux nouvelles énergies du Verseau et apporter les changements nécessaires pour que Maitreya et les Maîtres de Sagesse se présentent au monde.

En cette dernière partie, je vais détailler les défis auxquels sont confrontés les disciples, en détaillant les facteurs sapant la coopération de groupe et l’unité. Enfin, je montrerai comment les disciples peuvent améliorer les relations par l’expression des qualités de l’âme. L’espoir fourni par un message de Maitreya conclura l’article.

Les idées et principes exprimés ici peuvent s’appliquer à tout un chacun – à ceux qui ne se considèrent pas comme des disciples comme à ceux qui se considèrent ainsi –, pas seulement aux disciples qui sont membres des groupes travaillant avec Benjamin Creme.

Objectifs et pièges du discipulat : les facteurs sapant la coopération de groupe

La critique et l’égoïsme spirituel sont probablement les mirages qui présentent la plus grande difficulté aux disciples. Benjamin Creme affirme que certains mirages nuisent le plus à la fusion du groupe : « La compétition, la jalousie, l’envie, la recherche d’une position importante dans le groupe, le complexe d’infériorité par rapport à ceux qui font un travail que l’on ne peut pas faire.

Un groupe est constitué de personnes qui ont des structures de rayons différentes et des niveaux d’évolution (souvent très peu) différents. Les écarts ne sont pas énormes, mais certains, du fait de leur structure de rayons différente de la vôtre, sont capables de faire des choses pratiquement infaisables pour vous. Cela n’est pas une raison pour nourrir de l’envie à leur égard. […] Toutes ces différences provoquent des décalages dans un groupe. Nous savons tous combien les gens peuvent céder à la jalousie, à l’envie, à la critique. Il n’y a rien de pire que la critique1 »

Quand les disciples expriment ces mirages, ils ne remplissent pas les exigences de la Règle XIet n’aident pas le groupe, Maitreya, l’instructeur mondial, ni les Maîtres de Sagesse.

La critique

Quand le Maître de Benjamin Creme s’exprime au sujet des « voix de la critique », Benjamin Creme explique que son Maître entend par là tant les pensées que les paroles : « La pensée destructrice qui n’est pas exprimée est tout aussi nocive pour la personne qui l’émet, pour celui, ou celle, à qui elle est destinée et pour le groupe dans son ensemble, que si elle était exprimée à haute voix, car l’attitude de cette personne est la même que si elle s’apprêtait à dire ce qu’elle pense. Elle garde sans cesse présentes à l’esprit les critiques qu’elle n’a pas formulées de vive voix. […] La confiance est absolument nécessaire. Lorsque vous avez confiance vous pouvez faire n’importe quoi.

La principale source de conflit dans les groupes est la critique, car la critique détériore la confiance. De même que vous pouvez changer le monde par le partage, et instaurer la confiance, si la confiance fait défaut dans un groupe il ne peut y avoir d’unité. C’est impossible. La critique détruit la confiance et par conséquent l’unité3. »

Le Maître DK souligne que la critique est nuisible tant pour la santé de celui qui critique que pour le récipiendaire de la critique. La critique crée de sérieux problèmes de santé, et la critique non-verbale est aussi nocive que les mots prononcés. C’est particulièrement grave pour la santé de la personne qui critiquerait continuellement les autres, soit ouvertement, soit dans ses pensées4.

L’égoïsme spirituel

Bien des décennies ont passé depuis que le Maître DK a présenté la Règle XI2 – les prérequis de l’initiation de groupe –, il constatait alors que l’égoïsme spirituel était la caractéristique marquante des groupes ésotériques. Il a déclaré que les caractéristiques typiques d’un groupe de disciples est d’être « égoïste spirituellement […] tant qu’un examen approfondi de votre cœur n’est pas entrepris […] et alors, je prédis que vous découvrirez que ce n’est pas l’amour divin pour l’humanité qui vous a permis de trouver votre chemin vers le groupe extérieur d’un Ashram, mais le désir de développement, de réussite et de libération2. »

Bien que ce constat se soit amélioré, Benjamin Creme a confirmé qu’il y a beaucoup d’égoïsme dans la plupart des groupes spirituels1.

Telle que je le comprends, l’égoïsme spirituel signifie que le disciple « se voit comme le centre » (ce qui est difficile à admettre), et se trouve bien trop occupé par sa personne, son point de développement, se comparant à d’autres condisciples, etc. La compétition est dès lors facilement lancée, créant de la jalousie, de la critique et du conflit.

La situation critique du monde, la douleur de l’humanité souffrante est facilement oubliée dans cette trop grande implication et le ressassement de sa propre position dans le groupe et de sa propre relation avec le Maître. Cela crée des difficultés dans le groupe, dans les domaines de l’intégration et de la coopération.

Le Maître DK fournit quelques suggestions pour se débarrasser du désir, ici lié à l’égoïsme spirituel : le disciple « ne lutte pas positivement contre le désir, en vue de l’éliminer, il ne cherche pas à le transmuer (comme le ferait le disciple en probation), mais il cesse de le reconnaître : il ne lui fournit pas la stimulation nécessaire de l’attention car, comme toujours, l’énergie suit la pensée : il est préoccupé du besoin du monde, du service qu’il peut rendre : et – presque sans qu’il s’en aperçoive, en quelque sorte – le désir meurt d’attrition2. » (emphase de l’auteur)

Les disciples doivent s’observer eux-mêmes, être honnêtes quant à leurs propres mirages et s’oublier dans le service : par exemple avec la méditation de transmission, en informant le public sur Maitreya et les Maîtres de Sagesse, et en recherchant l’unité avec d’autres groupes spirituels qui cherchent également une amélioration pour toutes les créatures sur la planète Terre.

Qualités importantes que le disciple doit s’efforcer d’atteindre

Afin de pouvoir exprimer les qualités du Verseau et d’être en mesure de coopérer, et donc d’être utile dans le processus d’émergence de Maitreya et des Maîtres, deux qualités sont essentielles : l’innocuité et l’expression de l’amour. Etudions-les plus en détail.

L’innocuité

En ces temps difficiles, quand les forces de la matérialité restent fortes sur le plan physique, il est important de se souvenir, comme l’écrivait l’auteur ésotérique Aart Jurriaanse, que « pour déjouer les forces du mal, la première étape consiste à les affronter avec une attitude d’« innocuité ». Lorsque les pensées, les paroles et les actions quotidiennes sont positives, et basées sur l’amour et la bonne volonté, le mal ne peut en aucun cas parvenir à s’insinuer dans le mental, et tout ne peut être que constructif et inoffensif. […]

La vie de l’homme vivant consciemment en tant qu’âme, se caractérise par son innocuité. L’innocuité est une des forces les plus puissantes du monde d’aujourd’hui, qui se caractérise dans la vie quotidienne par le juste motif, la bonne volonté, la discrimination dans les jugements, la réserve en paroles, la capacité de refréner les actions impulsives, ainsi que l’expression d’un esprit dépourvu de critique. L’innocuité permettra aux forces de l’amour véritable et aux énergies spirituelles […] de jouer leur rôle […]5 »

Benjamin Creme aussi, dans ses conférences et dans ses livres, insistant sur l’importance de l’innocuité : « Faire preuve d’innocuité, c’est ne pas être nocif. […].

Nous travaillons dans le respect de la loi de cause et d’effets ou non. […] Nous ne prononçons aucune parole, ne faisons aucune action qui nuise à un individu ou à la race toute entière. […]

Cela ne signifie pas ne pas heurter, ne pas corriger, ou ne pas chambouler les idées de quelqu’un. Cela ne signifie pas ne rien faire. Cela signifie que ce que vous faites ne nuit pas aux autres, parce que « on récolte ce que l’on sème ». […]

Cependant, lorsque quelque chose est nocif, la conscience spirituelle vous l’indique. Si, dans un groupe, une personne est particulièrement destructive, il se peut que la meilleure chose à faire soit de le lui signaler, même si cette personne a l’impression que c’est injuste parce qu’elle ne se rend pas compte du mal qu’elle fait. […]

Il peut être tout à fait bénéfique pour le groupe d’attirer l’attention de la personne sur son comportement et les résultats qui en découlent. […]

Tout considérer en termes d’innocuité, c’est se conformer automatiquement aux quatre conditions de la règle XI. […] La seule façon de vivre, c’est dans le respect de la Loi […]. La grande loi de cause et d’effet, la loi du karma, est la loi la plus simple et la plus réactive qui soit. Tout ce que nous faisons – chaque pensée, chaque parole, chaque action – engendre une cause. Les effets issus de cette cause constituent notre vie. […] Si nous parvenons à maîtriser nos pensées et nos actions, alors nous maîtrisons cette loi et parvenons à un état d’innocuité parfaite […] Si nous maîtrisions nos véhicules physique, émotionnel et mental, nous parviendrions à l’innocuité, mais tel n’est pas le cas. […]

A mesure que nous progressons en détachement, nous progressons dans la conscience que nous avons de notre être spirituel, de notre âme. Plus nous progressons dans notre relation avec notre âme et nous en imprégnons petit à petit, plus nous maîtrisons le corps physique, le corps émotionnel, puis le corps mental, ce qui nous permet de devenir des initiés6. »

La nécessité d’exprimer l’amour dans les groupes de disciples

Le Maître DK a souvent répété l’importance pour les disciples d’exprimer l’amour envers leurs condisciples dans les groupes : « Par la pure lumière de l’amour réciproque, vous pouvez vous approcher plus près de moi et des instructeurs demeurant sur les plans subjectifs de la vie, et parvenir plus rapidement à cette Porte qui s’ouvre sur la Voie illuminée. Vous avez là l’opportunité de vous démontrer réciproquement la valeur scientifique et le pouvoir de l’amour considéré comme une force de la nature. […]

Vous libérerez réciproquement en vous-mêmes tout ce qui est nécessaire pour amener des changements puissants et vitaux dans les schémas et le dessein de la vie des membres du groupe. […]

Les disciples du groupe d’un Maître doivent s’aimer les uns les autres avec intelligence et avec une force constante : ils libèrent ainsi la lumière et le pouvoir qui feront finalement du groupe une valeur efficace dans le monde. […]

Tout d’abord, je demande un amour et une compréhension plus profonde entre les membres du groupe. C’est là une chose nécessaire pour que la structure interne du groupe puisse être plus fermement et plus étroitement complétée7. »

A cela, Benjamin Creme ajoute : « La seule chose qui compte vraiment dans d’authentiques relations de groupe est la divine indifférence, l’indifférence spirituelle ou détachement. Bien entendu, pareil détachement spirituel doit être fondé au départ sur un amour fondamental profond, non verbalisé, mais inébranlable. L’amour doit souder le groupe. […] Un amour profond et sous-jacent entre les membres […]8. »

Conclusion

Le Maître DK donne le conseil suivant aux disciples : « Je vous demande donc d’avancer avec courage, joie, compréhension, extrême précaution et, en même temps, à grande allure. Je signale également que l’intention de tous vrais disciples est de demeurer, avec amour et compréhension, aux côtés de leurs frères de groupe. […] L’amour et la protection de votre Maître vous entourent, […] mais, en dernière analyse, il s’agit là de votre bataille7. »

DK décrit comment les relations entre condisciples devraient se développer : « Occupez-vous de votre propre vie et de vos propres affaires. Ne vous interrogez pas sur la condition des autres disciples de mon groupe avec lesquels vous coopérez étroitement et partagez mon expérience. Cultivez l’humilité qui est basée sur la compréhension et la vision, et ainsi servez le monde, servez vos compagnons et servez-moi7. »

Les citations qui suivent résument l’importance pour les Maîtres de l’amour et du service dans le travail du disciple.

Le Maître DK : « Surveillez avec soin les pensées que vous pouvez avoir relativement aux autres membres du groupe. Supprimez immédiatement toute suspicion, toute critique, et cherchez à vous voir réciproquement et sans défaillance dans la lumière de l’amour. Vous n’avez aucune idée de la puissance d’un tel effort ni du pouvoir qu’il a pour libérer les autres de leurs liens et pour élever le groupe extrêmement haut7. »

Le Maître de Benjamin Creme : « Cultivez un rythme sage qui permettra à votre service de se développer naturellement. Gardez-vous de servir par à-coups car cela vous ferait perdre tout votre élan. Souvenez-vous que vous êtes ici pour servir le Plan. Ceci, sachez-le, est la volonté de votre âme. Lorsque vous entrez en contact avec elle, vos expériences commencent à avoir un but précis. L’âme n’a ni préférence ni désir : elle ne s’intéresse qu’à ce qui est en accord avec son objectif : servir au maximum le Plan d’évolution9. »

Les disciples dans les groupes affiliés avec Benjamin Creme et l’émergence de Maitreya connaissent la réalité du monde physique ainsi qu’une partie du plan du Dieu. Ils savent que Maitreya et les Maîtres s’efforcent d’inspirer l’humanité, afin qu’elle parvienne au partage, à la justice et à la paix dans le monde. Les disciples peuvent-ils s’attendre à la paix, au partage et à la justice dans le monde s’ils ne savent pas vivre en paix entre eux, et être inoffensifs entre eux et envers les autres ?

La plupart des disciples d’aujourd’hui ont été élevés et éduqués dans les énergies des Poissons, ce qui signifie qu’ils expriment aisément les énergies de l’individualité, du séparatisme et de la compétition, mais que la coopération n’est pas aisée. Les Maîtres de Sagesse devraient-ils attendre des générations pour trouver des disciples capables de travailler et d’exprimer plus facilement les énergies du Verseau ? Ou est-il possible que les groupes de disciples et d’initiés actuels, dans ce groupe, dans d’autres et parmi le Nouveau Groupe des Serviteurs du Monde, partout sur la Terre, puissent parvenir à de telles relations et ainsi manifester la coopération mondiale à l’état embryonnaire, et exprimer les énergies d’amour et de bonne volonté, devenant ainsi les soutiens et les aides pour la planète Terre qui change en cette ère du Verseau ?

Les Maîtres de Sagesse sont patients, mais la planète est malade et requiert des actions urgentes. Elle ne peut attendre encore longtemps que les changements se mettent en place. Il faut espérer que les disciples contemporains assument la responsabilité d’exprimer l’aspect âme de leurs pays, car « l’aspect de l’âme d’une nation [ne peut se manifester] que par l’intermédiaire des disciples et des initiés3. »

Dans son message n° 3, Maitreya affirme : « Je viens pour vous emmener avec moi dans cette contrée nouvelle, le pays de l’Amour, le pays de la Confiance, de la Beauté et de la Liberté. Je vous y emmènerai si vous pouvez me suivre, m’accepter, me laisser montrer le chemin et être votre guide. Et, s’il en est ainsi, ensemble nous construirons un monde nouveau : un monde dans lequel les hommes pourront vivre sans crainte, sans méfiance, sans division, partageant ensemble les bienfaits de la Terre, connaissant ensemble la félicité de l’union avec notre Source.
Tout ceci peut être vôtre. Vous n’avez qu’à faire les premiers pas et je pourrai vous guider10. »

L’auteure souhaite remercier Anja Askeland et Haakan Ekyall pour leur contribution.

Références :
 1 – Voir PI, avril 2011 : B. Creme, Vers l’initiation de groupe.
 2 – A. Bailey, Traité sur les sept rayons, volume V – Les rayons et les initiations.
 3 – B. Creme, L’art de la coopération.
 4 – A. Bailey, Maladie mentale et autres maladies (compilation danoise non traduite).
 5 – PI, octobre 2020 : Aart Jurriaanse, Les attributs du disciple.
 6 – PI, janvier-février et avril 2011 : Benjamin Creme, Vers l’initiation de groupe.
 7 – A. Bailey, L’état de disciple dans le nouvel âge, volume I.
 8 – B. Creme, La mission de Maitreya, tome II.
 9 – PI, septembre 1991 : Article du Maître, L’appel du service.
10 – Messages de Maitreya le Christ.

Auteur : Anne Marie Kvernevik, collaboratrice de Share International résidant en Norvège.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : De nos correspondants ()