Partage international no 398 – octobre 2021
par Anne Marie Kvernevik
Dans les trois premières parties de cet article1, Anne Marie Kvernevik a décrit la situation critique du monde actuel et l’entrée dans le nouvel âge du Verseau. Ces nouvelles énergies rendent possible le commencement d’une expérience de travail de groupe entre des disciples et le Nouveau Groupe de serviteurs du monde, coopérant, consciemment ou inconsciemment avec les Maîtres de Sagesse, de façon à aider l’humanité à entrer dans le nouvel âge. Quand ce processus fut démarré, son but était de former des groupes capables de distribuer les énergies spirituelles. Selon le plan, ces groupes devaient servir de « groupes-semences » dont les fonctions particulières exprimeraient à l’état embryonnaire la coopération, la cohésion et l’innocuité, faisant d’eux l’avant-garde de la synthèse et de la paix dans le monde entier. La seconde partie de l’article a examiné les prérequis à l’intégration de groupe et aux justes relations, en notre époque cruciale. Dans la troisième partie, l’auteure a analysé les responsabilités des disciples travaillant en formation de groupe pour servir les besoins du monde, en ces temps de défis. Cette quatrième partie se concentre sur la question suivante : comment les disciples peuvent-ils maintenir et augmenter la tension spirituelle, tout en gardant leurs priorités ? Des pistes seront suggérées pour contribuer à l’unité dans le monde par la coopération avec d’autres groupes « spirituels » (œuvrant dans chaque domaine pour l’amélioration du monde). Les idées et principes qui seront présentés sont applicables par tous – qu’ils se considèrent ou non disciples – et non seulement par les disciples de groupes travaillant avec B. Creme.
Les priorités des disciples et l’unité dans la diversité Conseils aux disciples
Les enseignements ésotériques (des Maîtres de Sagesse, d’A. Bailey, de B. Creme et d’autres) ont été donnés aux disciples pour améliorer leur compréhension et leur conduite. Ils ont contribué à élever leur conscience ainsi que celle de l’humanité, les inspirant à changer les conditions sur la planète, pour l’humanité et les règnes inférieurs. C’est là une mission spirituelle, en ligne avec le plan divin.
Au sujet des enseignements, le Maître Djwal Khul (DK) déclare : « L’une des tâches les plus difficiles pour le Maître est d’enseigner au disciple à penser à l’ashram, à agir et servir, à penser et invoquer, comme le ferait normalement un membre de l’ashram. […] En haut comme en bas2. »
Les enseignements de la Sagesse éternelle nous apprennent que plus un disciple sait, plus grande est sa responsabilité. Les disciples qui connaissent les enseignements de B. Creme, ceux de son Maître et les écrits d’A. Bailey, de HP. Blavatsky, et d’autres enseignants, savent l’importance de la coopération, des justes relations humaines et du travail de groupe, et ils savent comment agir pour exprimer avec constance toujours plus de ces qualités de l’âme dans leurs vies.
Le Maître DK a donné des indications aux disciples : « [Une indication] concerne l’impression hiérarchique impliquant nécessairement l’intention ashramique et sa précipitation dans le service. […] Une indication peut recevoir de nombreuses interprétations selon le point d’évolution et le rayon du disciple2. »
Dans sa première indication, le Maître DK a formulé la part de responsabilité qu’ont les disciples envers la Hiérarchie spirituelle : « Les changements engendrés dans la Hiérarchie ont été le résultat du travail des disciples du monde2. » Il explique : « Les résultats [du travail des disciples dans le monde] seraient l’établissement d’une relation [de la Hiérarchie] plus étroite avec Sanat Kumara et sa Chambre du Conseil. Cela sera le résultat du travail accompli par les disciples en incarnation, ou hors d’incarnation. […] Les disciples du monde sont les intermédiaires entre la Hiérarchie et l’humanité. Ils sont le résultat de l’effort humain immédiat ; […] ils sont donc en rapport étroit avec la conscience de la race des hommes. […] Les Maîtres sont experts dans l’art de la reconnaissance, qui est la consommation de la pratique de l’observation. Ils sont toujours prêts à faire les modifications nécessaires de technique ou de programme, quand la nature humaine dépasse les présentations anciennes des vérités toujours nécessaires. Les besoins leur sont indiqués par leurs disciples, et ils instaurent les changements nécessaires2. »
Maintenir et accroître la tension spirituelle
Pour que la Hiérarchie s’externalise et puisse œuvrer sur le plan physique, tant le Maître DK que Benjamin Creme et son Maître se sont exprimés sur la nécessité pour les groupes de disciples de développer et entretenir leur tension spirituelle. Benjamin Creme a signalé l’importance pour les disciples de maintenir haut leur attention (au centre ajna) mais également de garder élevée la tension spirituelle par l’activité et l’action dans différentes directions : en répandant et en pratiquant la méditation de transmission dans le monde, en faisant connaître l’émergence de Maitreya, l’instructeur mondial. Additionnellement, il a stipulé l’importance pour les groupes travaillant avec lui à l’émergence de Maitreya, de commencer à coopérer avec d’autres groupes spirituels.
Ainsi, il a déclaré, au sujet de Maitreya et des Maîtres de Sagesse qui reviennent dans le monde : « Nous appelons cela l’extériorisation de la Hiérarchie, et c’est bien de cela qu’il s’agit. Mais qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Il ne s’agit pas simplement du travail intérieur de Maitreya et de la Hiérarchie dans son ensemble se manifestant sur le plan physique extérieur. […] Il s’agit également de la possibilité, pour un groupe de personnes arrivées à un certain niveau d’évolution et travaillant occultement en tant que disciples, de conserver sur le plan physique extérieur un état de tension spirituelle égal à celui qui est atteint dans les ashrams du plan intérieur. L’extériorisation de la Hiérarchie ne se limite pas à la venue des Maîtres dans le monde. C’est la création d’un lien ininterrompu entre les groupes extérieurs et leurs ashrams intérieurs. […] La montée sur le plan extérieur d’une tension spirituelle de niveau équivalent à celle qui règne dans les ashrams intérieurs rend possible l’extériorisation du travail hiérarchique dans le monde3. » Il souligne que chaque disciple et chaque groupe peuvent contribuer à maintenir la tension spirituelle : « Chaque individu alimente la tension spirituelle par son détachement. C’est le détachement qui crée la tension spirituelle. Si l’on n’est pas détaché, on ne peut pas contribuer à la tension spirituelle. Ceci est vrai de tous les groupes dans le monde. Plus une personne est détachée, plus elle pratique l’indifférence spirituelle, plus la tension spirituelle sera grande4. »
Selon B. Creme, la méditation de transmission est le « facteur liant » entre tous les groupes et entre les groupes et la Hiérarchie. « Lorsque les Maîtres travailleront au grand jour, ils voudront travailler avec l’humanité, […] mais ils ne peuvent travailler qu’avec ceux qui sont capables de travailler avec eux. Au début, l’une des façons les plus simples de travailler avec les Maîtres consiste à pratiquer la méditation de transmission. Maitreya et les Maîtres ont l’intention de passer des plans intérieurs sur les plans extérieurs pour continuer le travail sans porter atteinte aux réalisations spirituelles accomplies sur les plans intérieurs.
Il doit y avoir sur le plan extérieur une manifestation équivalente à celle déjà réalisée sur les plans intérieurs, faute de quoi l’extériorisation du travail de la Hiérarchie n’a pas lieu3. » (Emphase de l’auteure)
Les enseignements de la Sagesse éternelle nous apprennent que la façon dont les disciples du monde vivent, pensent, se comportent entre eux et envers leurs services rendus, etc. a un effet important sur l’intégration de groupe et la tension spirituelle. Chaque disciple doit reconnaître que chacun joue à cet égard un rôle déterminant dans le groupe, ce dernier étant aussi fort que son maillon le plus faible.
Le Maître DK affirme que « quiconque professe que le travail à accomplir se situe seulement sur les plans intérieurs et qu’il ne travaille qu’uniquement sur les niveaux mentaux ou spirituels de la conscience, entretient une conception fausse du processus en cause. Un travail intérieur qui ne se manifeste pas en une activité objective sur le plan physique, est faussement orienté et inspiré5. » Cela signifie que les disciples du monde doivent se rendre compte qu’outre la méditation de transmission, qui est un service fort important, ou tout autre « travail sur les plans intérieurs », ils doivent faire l’expérience de l’activité et de la coopération avec les autres, sur le plan physique.
Travailler seul, l’énergie piscéenne
B. Creme, son Maître et le Maître DK insistent sur l’importance du travail en groupe et de la coopération. Si une personne travaille séparément, alors les énergies distribuées seront les « vieilles » énergies des Poissons qui rappellent le passé et sont de moins en moins utiles, à mesure que l’humanité passe sous l’influence des énergies du Verseau. B. Creme explique : « Il est dans la nature même de l’âme de vouloir coopérer. Elle possède une vision de la vie élargie, généralisée, inclusive, qui ne peut s’exprimer que par la coopération. Il ne faut pas oublier que, dans l’ère qui commence, l’énergie de synthèse, l’énergie même du Verseau, ne peut-être sentie, appréhendée, utilisée qu’en groupe. Elle n’est pas destinée à l’individu isolé mais au groupe6. » Les énergies du Verseau ne peuvent se manifester que par les groupes, d’où l’importance du travail de groupe, qui deviendra avec le temps la manière la plus appropriée et la plus efficace de travailler.
Les priorités des disciples
Selon B. Creme, les priorités sont les suivantes pour les disciples : « Nous sommes ici pour servir le Plan de l’évolution, dans la mesure où un aspect de ce plan nous a été présenté, et même un de ses aspects majeurs : la préparation à l’extériorisation de la Hiérarchie. C’est capital. Nous vivons des temps mémorables ; je ne saurais trop insister là-dessus. C’est une époque comme il n’en a jamais existé auparavant. Je doute qu’une telle opportunité de service se soit jamais présentée à un groupe. A maintes reprises, dans ses messages, Maitreya a affirmé : « C’est une opportunité de service comme on n’en a jamais vu auparavant. » Jamais auparavant, tant de gens n’ont eu une telle opportunité de service, celle d’accomplir, à leur niveau, quelque chose d’une importance capitale. […] Des groupes comme celui-ci devraient reconnaître le privilège qui leur est accordé, faire le maximum pour se montrer à la hauteur de l’opportunité qui se présente et ne pas la gaspiller dans un esprit de compétition ou d’égoïsme, ou dans une simple contemplation de soi, à laquelle chacun peut se complaire parfois mais qui, avec le dévouement au travail, devrait être de plus en plus rare6. […] Je conseillerais aux disciples sérieux, aux membres du groupe, trois heures de méditation de transmission trois fois par semaine, neuf heures en tout. Ce qui signifie que si vous travaillez, il vous reste quatre autres jours dans la semaine pour mener à bien les autres aspects de votre activité de service : travail de création et de diffusion de la revue, contacter le public, ou organiser des conférences et des salons. Si vous êtes prêts à n’avoir ni vie sociale, ni vie de famille, mais seulement une vie de service, c’est l’idéal. Les Maîtres travaillent chaque seconde sans interruption, cela signifie que leur conception du service est relativement exigeante6. »
Ces objectifs de service sont très ambitieux et ne seront pas faciles à atteindre pour la plupart des disciples, en raison de diverses difficultés personnelles et d’autres facteurs, mais ils sont une mesure qu’on peut s’efforcer d’approcher.
Il a été demandé à B. Creme comment répondre aux besoins du monde, au changement climatique, à la faim et à d’autres problèmes. Il a répondu que c’était une bonne chose que les gens répondent aux besoins du monde, et que tous les hommes, les femmes et les enfants cherchent l’unité dans des groupes dont les idées et les valeurs correspondent aux leurs : « Vous étiez en quête d’un groupe possédant une idée à laquelle vous puissiez vous rallier. L’idée de la réapparition du Christ et des Maîtres de Sagesse vous a enflammé. C’est une idée émanant de l’âme, et votre âme y répond. C’est la raison pour laquelle vous avez rejoint ce groupe. […] Il serait préférable que vous donniez toute votre énergie, tout ce que vous pouvez offrir à ce groupe. C’est cela se joindre réellement au groupe. Si vous ne donnez pas toute votre énergie, tout votre temps, vous n’agissez pas de manière juste. Vous donnez seulement une partie de vous-même. Vous choisissez ce qui vous intéresse. Si vous aspirez à l’unité, vous ne pouvez choisir. Vous pouvez être attiré par le travail d’autres groupes, mais celui-ci est le seul à préparer la voie pour Maitreya et les Maîtres. Laissez donc les autres travailler dans les autres groupes. Vous pouvez élargir votre sens du groupe, mais vous ne pouvez donner un peu de vous-même à un groupe et considérer que vous en faites partie6. »
Il met en évidence l’importance pour les groupes travaillant à l’émergence de Maitreya de contacter d’autres groupes, qui ont eux aussi pour mission spirituelle d’améliorer les conditions pour l’humanité, les règnes inférieurs, le climat et la planète. « Une tâche importante et utile pour ce groupe et tous les groupes de ce type est d’agir consciemment en faveur de la synthèse, de développer l’unité dans la diversité avec d’autres groupes. […] si ces groupes partagent nos intérêts et nos valeurs, s’ils travaillent pour le bien du monde, alors cela en vaut la peine. Travailler avec d’autres groupes est possible. C’est difficile, mais c’est possible7. »
Partage international et d’autres groupes progressifs peuvent joindre leurs forces et contribuer à vaincre les forces du chaos qui soutiennent la compétition, l’avidité, la division, la croissance économique aux dépens du bien-être de l’humanité et de la survie de la planète. Peut-être est-il possible de trouver un thème unifiant, vers lequel tous les groupes progressifs pourraient œuvrer ? Par exemple, un mouvement pour venir à bout de la pauvreté et de la faim dans le monde ? Alors, Partage international, Progressive International, le revenu universel de base, Black Lives Matter, le Forum social mondial, Oxfam, Lucis Trust et beaucoup d’autres groupes spirituels pourraient participer au mouvement. Dans l’unité et la diversité, commencer un processus unifié de changement mondial radical et contribuer de manière constructive à l’émergence publique de Maitreya, dès que possible.
Références :
1 – Voir PI, janvier/février, avril et juillet/août 2021.
2 – A. Bailey, L’état de disciple dans le nouvel âge, volume II.
3 – PI, janvier/février 2011 : B. Creme : Vers l’initiation de groupe.
4 – PI, mars 2011 : Benjamin Creme : Vers l’initiation de groupe.
5 – A. Bailey, L’état de disciple dans le nouvel âge, volume II.
6 – B. Creme, L’art de la coopération.
7 – B. Creme, L’unité dans la diversité – Voie d’avenir pour l’humanité.
Auteur : Anne Marie Kvernevik, collaboratrice de Share International résidant en Norvège.
Thématiques : sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : De nos correspondants ()
