La psychosynthèse

Partage international no 416avril 2023

par Martin Hoffschmidt

Roberto Assagioli est un médecin neuropsychiatre pionnier de la psychanalyse italienne, né le 27 février 1888 à Venise. Au départ disciple de Freud, il développa sa propre approche de la psychothérapie, qu’il appela la psychosynthèse. R. Assagioli était un homme remarquable. Dans une lettre à Sigmund Freud, Carl Gustav Jung parle de lui en ces termes : « Une connaissance très agréable et précieuse, de la clinique psychiatrique de Florence. Le professeur Tanzi lui a confié un travail pour nous. C’est un jeune homme très intelligent, il semble être parfaitement informé et c’est un adepte enthousiaste de notre méthode, à laquelle il se consacre avec beaucoup de talent. Il souhaite vous rendre visite au printemps prochain. »

En 1931, Roberto Assagioli édite une brochure intitulée Psychologie dynamique et psychosynthèse dans laquelle il esquisse pour la première fois les contours de sa nouvelle théorie et la pratique correspondante. Cet article a constitué le noyau de son livre Psychosynthèse – Principes et techniques, publié en anglais en 1965, (Epi Editeurs, 1983 pour la traduction française) – presque 35 ans après en avoir formulé l’idée de base.

 

Un nouveau concept de la nature humaine

Dans Psychosynthèse – Principes et techniques, R. Assagioli propose une nouvelle approche de l’être humain, et introduit la nécessité de l’intégration et du développement des différents éléments de la personnalité. Alors que Freud et la plupart de ses disciples voyaient la personne comme une entité déjà complète et bien structurée, mais plus ou moins névrosée et sous l’emprise du subconscient, R. Assagioli souligne la nécessité de construire le caractère et la personnalité par des efforts personnels concrets. En outre, il postule l’existence du « Soi supérieur » ou transpersonnel qui n’était pas accepté par les psychanalystes de l’époque. (Note : Le Soi supérieur ne doit pas être confondu avec le Surmoi de Freud – l’Überich.)

 

L’importance de la volonté

R. Assagioli a beaucoup insisté sur la volonté, qu’il considérait comme l’un des attributs les plus importants de l’être humain. Dans son livre intitulé L’acte de volonté publié en 1973 (éd. Hiérarch, 1989), il fait la distinction entre (a) la volonté forte, (b) la volonté adroite, (c) la volonté bienveillante, et (d) la volonté transpersonnelle. En ce qui concerne la volonté forte, il déclare : « La plupart des malentendus et des erreurs concernant la volonté proviennent de l’idée fausse selon laquelle la forte volonté constituerait toute la volonté. La force ne représente qu’un des aspects de la volonté, et si nous la dissocions des autres, elle peut devenir, et devient souvent, inefficace et nuisible pour nous-mêmes et pour autrui. » La volonté adroite se définit comme « la capacité d’obtenir les résultats souhaités avec le minimum de dépenses d’énergie », tandis que la volonté bienveillante est comprise comme un contrepoids nécessaire à une volonté forte et adroite, afin d’éviter de dominer la volonté d’autres personnes, ce qui pourrait entraîner des conséquences négatives pour tous, en application de la « loi de l’action et réaction » et la « loi du rythme et de l’équilibre ».

Alors que la volonté forte, la volonté adroite et la volonté bienveillante forment la sphère de la psychosynthèse personnelle et interpersonnelle, R. Assagioli affirme : « Mais il existe une autre dimension dans l’être humain. Beaucoup n’en n’ont pas conscience et peuvent même en refuser l’existence, pourtant bien des individus ont eu l’expérience directe de cette autre forme de conscience et en ont témoigné à travers l’Histoire. L’axe selon lequel cette conscience opère peut être qualifié de « vertical ». Dans le passé, on la considérait généralement comme relevant du domaine de l’expérience religieuse ou « spirituelle », mais actuellement on la reconnaît de plus en plus comme un vrai champ d’investigation scientifique. [… ] Ceci est le domaine de la volonté transpersonnelle, qui est elle-même la volonté du Soi transpersonnel. » Pour les ésotéristes, le Soi transpersonnel serait un autre terme pour désigner l’âme.

La volonté libératrice comprend des exercices pratiques pour aider à développer les différents aspects de la volonté et plusieurs annexes avec des exercices d’identification au Soi et des réflexions sur la pensée et la méditation.

 

Double vie

Pendant qu’il travaillait comme scientifique et psychiatre, R. Assagioli étudiait également les enseignements de la Sagesse éternelle. Il était membre de l’Ecole Arcane et recevait des instructions (collectives et personnelles) du Maître tibétain Djwal Khul. Cette information est restée longtemps ignorée, car elle aurait pu nuire à sa réputation scientifique. Des extraits de ces instructions ont été publiés dans les livres L’état de disciple dans le Nouvel Age, tome I et II, par Alice Bailey.

En 1931, R. Assagioli a rencontré A. Bailey lors d’une conférence à Ascona, en Suisse. Ils étaient déjà en contact depuis quelques années. Dans son autobiographie, A. Bailey écrit à propos de R. Assagioli : « C’est un homme d’une rare beauté de caractère. Il ne peut pas entrer dans une pièce sans que ses qualités spirituelles essentielles fassent connaître sa présence. […] Les allocutions du docteur Assagioli étaient les meilleurs moments des conférences d’Ascona. Il pouvait s’entretenir en français, en italien et en anglais, et le pouvoir spirituel qui jaillissait de lui a stimulé, chez beaucoup de gens, le désir de renouveler la consécration de leur vie. Pendant les deux premières années, nous assumâmes l’ensemble du travail des conférences bien qu’il y eut d’autres conférenciers capables et intéressants. La dernière année, il y avait surtout là des professeurs allemands et le ton général et la qualité étaient altérés. »
(Les conférences d’Ascona ont eu lieu en 1931, 1932 et 1933).

 

En conclusion

Il est intéressant de noter que les principaux psychanalystes ou psychiatres des XIXe et XXsiècles étaient remarquablement avancés d’un point de vue ésotérique. Le Maître de B. Creme a communiqué des informations concernant leur niveau d’évolution (NE) et leur structure de rayons (âme, personnalité, corps mental, corps astral, corps physique). Nous les rappelons ici dans un ordre chronologique qui reflète quelque peu l’évolution de la psychologie depuis Freud.

 

Sigmund Freud (1856-1939). Structure de rayons : 2 7 1 6 3. NE 2.0.
Alfred Adler (1870-1937). Structure de rayons : 2 1 1 2 7. NE 2.0.
Carl Gustav Jung (1875-1961). Structure de rayons : 2 6 4 4 3. NE 2.2.
Roberto Assagioli (1888-1974). Structure de rayons : 2 2 3 6 3. NE 2.0.
Wilhelm Reich (1897-1957). Structure de rayons : 2 1 7 6 3. NE 2.0.

Auteur : Martin Hoffschmidt, collaborateur de Share International, demeurant à Munich (Allemagne).
Thématiques : Sciences et santé
Rubrique : De nos correspondants ()