Partage international no spécial – décembre 2006
Maitreya s’efforce de nous éclairer sur la nature de la crise spirituelle que nous traversons. Mais nous ne pouvons comprendre cette crise sans une claire considération de ses causes sous-jacentes et de leurs effets.
Selon Maitreya, le principe de cause et d’effet doit être considéré comme une expression de la loi spirituelle. Par son étude et sa prise en compte dans nos actes, nous pouvons en faire un principe illuminant notre vie. Il convient de repérer les corrélations qui surviennent de manière régulière dans le flux des événements. On constatera, par exemple, que la destruction militaire d’un avion en plein vol est invariablement suivie peu après d’un ou deux accidents d’avion inexpliqués. C’est là une application de la loi de cause et d’effet. En effet, toutes les parties de l’univers, des hommes aux éléments naturels, sont, par les atomes qui les composent, en liaison intime. Puisque les objets, tels que les avions, sont eux aussi composés d’atomes, lorsque l’on perturbe ces structures atomiques, il s’ensuit d’autres perturbations (telles que des accidents) en rapport avec l’acte qui a engendré la perturbation initiale.
Ainsi, selon Maitreya, certaines structures naturelles doivent être respectées, sinon, les éléments naturels, les cycles climatiques et les êtres humains seront perturbés. La faillite spirituelle dans le monde est source de souffrance par maladies, tandis que les catastrophes sur le plan physique telles que les séismes, les explosions ou les meurtres, proviennent de dérèglements existant sur le plan mental. La vie est constituée du mental, de l’esprit1 et du corps, et lorsque l’évolution naturelle de ces corps est retardée ou entravée par des lois humaines, il s’ensuit des conséquences désastreuses. Si le corps physique est affamé, il tombe malade. Si le corps spirituel est affamé, la personne s’étiole et meurt. Si le véhicule mental est affamé, l’individu ne sait plus quelle direction prendre dans la vie. La perturbation des structures atomiques peut conduire des individus dont l’équilibre du mental, de l’esprit et du corps est fragile à des meurtres gratuits et des psychoses soudaines.
L’une des premières causes de notre crise spirituelle, enseigne Maitreya, est l’autosatisfaction, source de tout mal dans le monde. « Là où règne la suffisance, déclare-t-il, germent les graines de la corruption, du chaos et finalement de la destruction. » La suffisance est une forme de corruption qui n’est pas « extérieure » mais intérieure, une mentalité qui pourrait se résumer par la phrase : « Tout va bien pour moi, merci. »
Cette mentalité conduit aussi bien les individus que les institutions à se déconnecter des réalités de la vie. Dans cette situation d’isolement, on n’a plus guère de vision ni de sens pratique. Lorsque l’on baigne dans cette atmosphère mentale d’autosatisfaction, on est coupé de son moi réel, et l’on tombe dans une routine monotone. La vie est mouvement, mais les personnes ancrées dans l’autosatisfaction se trouvent figées dans l’immobilisme. Le mental cherche alors de nouvelles expériences, qui peuvent à leur tour engendrer différentes formes de corruption et de perversion. L’autosatisfaction est donc un processus autodestructeur, capable de détruire des sociétés entières.
Suivent ici quelques exemples montrant comment les êtres humains ont mis en mouvement certaines énergies qui, en raison de la loi de cause et d’effet, ont engendré les conséquences sociales, politiques et économiques destructrices que nous connaissons.
Les forces du marché
Le nombre des conflits armés à travers le monde a diminué au cours des quelques dernières années, les superpuissances ayant remis en question leur politique de fourniture d’armement qui visait à servir leurs objectifs et leurs intérêts à l’étranger. L’énergie qui entraînait les soldats sur les champs de bataille et aboutissait à l’occupation de l’espace aérien par des avions militaires, ne s’écoule plus à l’heure actuelle.
Cependant, affirme Maitreya, cette énergie ne s’est pas dissipée. Elle a tout d’abord erré de par le monde, puis a soudain trouvé un nouveau terrain d’expression dans le phénomène du mercantilisme, engendré par les forces du marché. Les forces du marché sont les forces du mal, de la confusion et du chaos. Ses enfants s’appellent compétition et comparaison. La liberté ne découle pas du libre jeu des forces du marché, car elles sont aveugles et donc sataniques, conduisant inévitablement à la possessivité et à l’avidité. C’est un cycle sans fin. Les forces du marché conduiront cette civilisation au bord de l’abîme. Elles ont provoqué des ravages dans le corps social et dans la nature. Des personnes se sont vues condamnées à mort dans la course au profit. Des hôpitaux et des écoles sont fermés parce qu’ils ne sont pas rentables.
L’économie est devenue le nouveau credo des superpuissances. Ce nouveau credo est le moteur du mercantilisme. Il représente une nouvelle menace pour le monde, avertit Maitreya, et pourrait même mettre en péril l’existence de l’homme. Le mercantilisme est plus destructeur que la bombe atomique. L’avidité et la cupidité sont les traits dominants du mercantilisme qui consiste à faire de l’argent tandis qu’une partie de l’humanité meurt de faim. Ce phénomène touchera tous les pays. L’énergie négative, qui s’est retirée des champs de bataille, créera un monde hostile. C’est le mental des hommes qui a créé cette force, et c’est une prise de conscience des hommes qui pourra la transformer. Seul Maitreya a le pouvoir de transformer cette énergie destructrice en force créatrice.
Le mercantilisme fait partie de tout un processus qui conduira à l’effondrement des marchés boursiers, le krach prenant naissance au Japon. Après ce krach, le premier devoir des gouvernements sera de fournir une alimentation saine à l’ensemble de la population. Leur second devoir sera de lui garantir un logement adéquat. La santé et l’éducation seront les priorités suivantes. La défense viendra en dernier lieu. En bref, ce krach boursier conduira à un réordonnancement des priorités.
Un certain nombre de grèves éclatent, car les individus commencent à remettre en question le rapport traditionnel existant entre patrons et employés. Cette remise en question se fait jour parce que la nouvelle énergie est déjà en train de disloquer et de balayer le rapport maître-serviteur sous-tendant fortement les forces du marché.
Selon maitreya, on ne pourra résoudre les problèmes du monde que par une approche réaliste, non obscurcie par l’idéologie ou les forces du marché. « Les hommes politiques qui ont les forces du marché pour seul credo, affirme Maitreya, vont se rendre compte que leur temps est fini. » Le capitalisme touche à sa fin en Europe. A sa place, les pays établiront leur gouvernement sur la base d’un socialisme démocratique qui sera progressivement reconnu par l’ensemble des nations comme étant le plus apte à prendre en considération la voix et la volonté du peuple. Dans les nouveaux systèmes, les forces du marché seront soumises à la conscience sociale.
La criminalité et la drogue
La société tente de se libérer de la servitude, ce qui aboutit dans un premier temp à une poussée de violence, de toxicomanie et de corruption. Dans le cas de crimes violents, le Soi réalise qu’il est emprisonné dans le mental. Les vibrations du mental, de l’esprit et du corps sont perturbées. Ce n’est pas le Soi qui est l’auteur de ces crimes, c’est le mental, désorienté, qui l’a emporté sur le Soi.
La terrible menace que fait peser la drogue ne peut être levée par la crainte de la loi. Une action policière importante sera nécessaire pour démanteler les gangs de trafiquants de drogues, mais ceci n’est pas une solution pour les toxicomanes qui souffrent d’une famine spirituelle, d’une auto-aliénation extrême. La vie de ces affamés devient dépourvue de sens et de but. Ils veulent y mettre un terme et se suicident lentement au moyen de la drogue. Si la vie n’a plus de sens, alors un sens doit lui être redonné. Le toxicomane doit apprendre à faire l’expérience de sa propre valeur. Lorsque c’est le cas, la conscience du Soi grandit. Comment y parvenir ? La réponse, dit Maitreya, consiste à développer le détachement dans le mental, l’esprit et le corps. Vous devez vous libérer de tout « isme », de toute idéologie, car c’est là la drogue la plus terrible.
La seule manière d’aider les toxicomanes consiste à leur enseigner à « être ce qu’ils sont », à pratiquer le détachement, même lorsqu’ils sont en situation de dépendance. Chaque fois qu’ils prendront de la drogue, ils seront moins disposés à prolonger cette habitude, jusqu’à réaliser que c’est le corps qui reçoit la drogue, et non le Soi. Grâce au développement de la conscience et au détachement, les habitudes s’estompent.
Une énergie a été libérée dans le monde qui neutralisera ces forces négatives. Les délits mineurs n’entraîneront plus de peines de prison. Lorsque la tension mondiale commencera à décroître, lorsque le principe du partage commencera à être appliqué à travers diverses réformes sociales, économiques et politiques, les hommes se sentiront moins menacés et la criminalité décroîtra.
1 – En anglais, spirit. Ce mot, particulièrement difficile à rendre en français, signifie notamment « la force de vie qui anime le corps des êtres vivants », et « le principe émotionnel fondamental qui motive l’activité d’une personne ». Sa traduction par esprit (au sens de « principe de vie ») est donc approximative, et n’est utilisée dans ce texte que faute d’un terme plus adéquat (NdT)
Thématiques : Sciences et santé, sagesse éternelle, spiritualité
Rubrique : Les enseignements de Maitreya ()
