Partage international no 147 – novembre 2000
« Nous en viendrons à comprendre que l’homme, la nature et Dieu sont UN, et qu’une attitude responsable envers la planète (et tous ses règnes) est essentielle au bien-être du tout. » [Share International, avril 1985]
L’accroissement considérable de la consommation des ressources de la planète entraîne une détérioration généralisée de l’état des écosystèmes. Si cette tendance se poursuit, elle pourrait avoir des effets dévastateurs sur le développement de l’homme et le bien-être de l’ensemble des espèces. Telle est la conclusion d’un rapport international : Guide des ressources mondiales 2000-2001 ‑ Populations et écosystèmes ‑ L’érosion du tissu vital de la planète. Ce rapport, paru en septembre 2000, a été élaboré conjointement par le Pnud (Programme des Nations unies pour le développement), le Pnue (Programme des Nations unies pour l’environnement), la Banque mondiale et l’Institut des ressources mondiales. Il est le fruit d’un travail de plus de deux ans, auquel ont participé plus de 175 experts.
Les écosystèmes sont des communautés d’organismes en interaction, entre eux et avec le milieu dans lequel ils vivent. Ce sont les « machines biologiques » de la planète. Le rapport établit leur état de santé en se fondant sur leur capacité à produire les biens et services que l’humanité leur demande actuellement. Cela va, entre autres, de l’alimentation aux activités de loisirs et de récréation, en passant par la capacité de fournir une eau pure et en quantité suffisante, de stocker le carbone atmosphérique et de maintenir la biodiversité.
Les statistiques présentées dans ce rapport montrent que l’état de ces écosystèmes, s’il est encore, pour la plupart d’entre eux, acceptable, est en train de se dégrader. Il en énumère un certain nombre de signes. Par exemple :
– La disparition, au XXe siècle, de la moitié des marécages de la planète.
– L’abattage massif des forêts et leur conversion en terres cultivables, qui ont réduit de moitié la surface forestière mondiale.
– Près de 30 % des forêts ont été converties à l’agriculture.
– 9 % des espèces d’arbres sont en danger d’extinction ; la déforestation pourrait dépasser 130 000 km2 par an dans les régions tropicales.
– La dégradation des sols a touché 2/3 des terres cultivées au cours des cinquante dernières années.
– Les flottes de pêche excèdent de 40 % ce que permettraient les ressources des océans.
– Près de 70 % des grandes réserves halieutiques du monde sont surexploitées ou exploitées à la limite de leurs capacités biologiques.
– Depuis 1980, l’économie mondiale a triplé de volume, et la population a augmenté de 30 %, atteignant maintenant six milliards d’individus.
– Les barrages, les dérivations fluviales et les canaux fragmentent près de 60 % des plus grands fleuves du monde.
– 20 % des poissons d’eau douce sont éteints ou menacés de l’être.
« Depuis trop longtemps, les nations, riches ou pauvres, ont pris l’habitude d’établir leurs priorités de développement en partant de l’idée que les écosystèmes étaient des réserves inépuisables où il n’y avait qu’à se servir, sans se soucier des conséquences, déclare Mark Malloch Brown, administrateur du Pnud. Grâce à ce rapport, nous reconfirmons notre engagement à faire de la viabilité des écosystèmes du monde une priorité essentielle du développement pour le XXIe siècle. »
World Ressources 2000-2001 lance ainsi un cri d’alarme, et déclare que mettre un terme à la dégradation des écosystèmes de la planète pourrait constituer le défi le plus difficile que l’humanité ait jamais eu à relever.
« Notre connaissance des écosystèmes a fait des progrès spectaculaires, mais pas autant que notre capacité à les endommager, déclare Klaus Toepfer, directeur exécutif du Pnue. Soit nous continuons cette dégradation aveugle, soit nous apprenons à les utiliser d’une manière viable. »
Le rapport appelle les gouvernements et les peuples à considérer la durabilité des écosystèmes comme essentielle à la vie humaine. Il demande qu’on les intègre dans une politique de gestion des terres et des ressources fondamentales du monde, et qu’aucune décision sur l’utilisation de celles-ci ne se prenne sans en avoir au préalable considéré les effets sur la capacité des écosystèmes à produire les biens et services. « Les gouvernements et les entreprises doivent impérativement repenser certaines des conceptions fondamentales concernant la mesure et la planification de la croissance économique, déclare James Wolfensohn, président de la Banque mondiale. Ce sont les pauvres, dont la subsistance dépend souvent directement des écosystèmes, qui sont les premières victimes de leur dégradation. »
Une des conclusions les plus importantes de ce rapport est que nous manquons de la base nécessaire pour déterminer correctement la situation des écosystèmes, que ce soit à l’échelle mondiale, régionale ou même locale. « Ce manque d’information, déjà important, tend à augmenter, contrairement à ce que l’on serait en droit d’attendre, à l’âge d’internet et des images par satellite, déclare Jonathan Lash, président du WRI. Nous ne pourrons pas prendre de décisions saines et raisonnables en matière de gestion des écosystèmes au XXIe siècle tant que nous n’aurons pas réalisé des changements considérables dans notre manière d’utiliser les connaissances et l’expérience actuellement disponibles, et intensifié nos efforts pour acquérir toutes celles dont nous avons besoin. »
Ce rapport a débouché sur le lancement d’un projet international, Etat des lieux des écosystèmes du millénaire, auquel participent de nombreux Etats, ainsi que les agences de l’ONU concernées et des organismes scientifiques de premier plan. Il a pour objectif de mettre en place une évaluation et un contrôle permanents de la santé des écosystèmes de la planète.
Contact : http:/www.wri.org/wriwrr2000
Sources : Pnue, WRI
Thématiques : environnement
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)
