Partage international no 435 – novembre 2024
C’est une course où le gagnant est… le plus lent ! Sean Hastings, coordinateur de la protection des ressources pour l’Administration nationale océanique et atmosphérique, ainsi qu’une coalition de sanctuaires marins nationaux, de services régionaux pour la qualité de l’air et d’autres groupes à but non lucratif, ont eu l’idée d’offrir un prix aux entreprises dont les flottes maritimes réduisent volontairement leur vitesse dans les zones fréquentées par les baleines en voie de disparition, qui y migrent et s’y nourrissent. Le long de la côte ouest de la Californie, environ 80 baleines bleues, rorquals communs et baleines à bosse sont tuées chaque année par des collisions avec des navires, car le réchauffement des eaux dû au changement climatique rapproche leurs sources de nourriture des côtes.
Le prix, « Protéger les baleines bleues et le ciel bleu », est assorti d’un trophée sculpté en forme de queue de baleine et « du droit de vous en vanter ». Lorsque le programme a été lancé à titre expérimental en 2014, une récompense monétaire était également attribuée, mais il s’est avéré que le droit de s’en vanter et le trophée constituaient des facteurs de motivation plus efficaces. Le programme est passé de sept compagnies maritimes signataires au départ à 33 en 2023. Parmi elles figurent les plus grands armateurs, mais une centaine d’autres entreprises pourraient s’y joindre. Au fil des ans, les zones à vitesse réduite ont été étendues à une plus grande partie de la côte californienne et les vitesses maximales ont été réduites.
Grâce à ce fonctionnement, le véritable gagnant pourrait être la vie marine. En 2023, 81 % de la distance totale parcourue par les navires dans les zones concernées s’est faite à la vitesse recommandée de 10 nœuds ou moins, ce qui a réduit de 58 % le risque de collisions mortelles entre navires et baleines au cours de l’année. Des navires réduisant leur vitesse, c’est aussi moins de bruit dans l’océan, moins de gaz à effet de serre et d’autres formes de pollution de l’air.
« C’est comme si des conducteurs ralentissaient dans une zone scolaire en présence d’écoliers », a déclaré M. Hastings. Personne ne veut heurter une baleine.
Etats-Unis
Thématiques : environnement
Rubrique : S.O.P. — Sauvons notre planète (« Les changements climatiques montrent sans l’ombre d’un doute que la planète est malade... Le temps nous est compté pour mettre fin aux ravages que subit quotidiennement la planète Terre. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant a son rôle à jouer dans sa restauration. Oui, le temps presse. Save Our Planet (S.O.P.), sauvons notre planète ! » Le Maître de B. Creme, S.O.P. Sauvons notre planète, 8 septembre 2012.)
