La campagne Marco Polo pour la paix, la culture et le développement durable

Partage international no 455juillet 2026

par Jeffrey D. Sachs

Des 3 chevaux d’alors aux 1 582 d’aujourd’hui

Il y a sept cent cinquante ans, un Vénitien âgé de dix-sept ans est parti vers l’Orient et son périple a duré un quart de siècle. Marco Polo a quitté la lagune de Venise en 1271 avec son père Niccolò et son oncle Maffeo – ces trois marchands se rendaient à dos de cheval à la cour de Kubilai Khan. Leur expédition ne disposait que d’un cheval par voyageur.

Notre groupe de quatre personnes – ma femme Sonia, notre ami Patrick Zhong, son fils Jimmy et moi-même – vient de s’engager sur cette même route en direction de l’est, là où l’Occident rencontre l’Orient le long de l’ancienne route de la Soie. Je ne prétends pas que nous le faisons dans des conditions aussi rudimentaires que le jeune Marco. Notre moyen de transport est une voiture BYD Denza entièrement électrique, et les modèles haut de gamme de cette marque atteignent la puissance impressionnante de 1 582 CV, tout en offrant une conduite silencieuse et fluide.

Mais si l’on fait abstraction de la force des chevaux et des sept siècles et demi qui se sont écoulés entre-temps, le voyage reste le même : curiosité résolument tournée vers l’Orient, conviction que la voie la plus sûre vers la paix passe par des rencontres humaines, et une longue série d’inconnus qui deviennent de nouveaux amis dès la deuxième tasse de thé.

Nous avons baptisé cette expédition la « campagne Marco Polo pour la paix, la culture et le développement durable » : 12 pays, 15 000 kilomètres, 43 jours, de Rome à Hong Kong. Nous avons commencé, comme il se doit, par la Ville éternelle, siège de la papauté, car, à l’instar de la famille Polo qui nous a précédés, nous portons vers l’Orient un message du pape : dans notre cas, la nouvelle encyclique du pape Léon XIV, Magnifica Humanitas, un appel à la paix et à une utilisation sage et humaine de la puissance de nos nouvelles technologies.

Autrefois, les Polo transmettaient des messages entre le pape Grégoire X et Kubilai Khan à travers un monde divisé. Il s’avère que l’objectif n’a pas changé tant que ça en sept cent cinquante ans.

Partis de Rome, nous avons mis le cap vers le nord, et à Bologne, nous nous sommes arrêtés pour recharger la voiture – et c’est là que le XXIe siècle s’est imposé avec panache. Grâce à la « recharge rapide » de la BYD et à ses remarquables batteries Blade, nous avons atteint 97,5 % de charge en moins de neuf minutes, avant même que notre expresso nous soit servi. Marco Polo mesurait sa progression en saisons et en cols de montagne ; nous mesurons la nôtre en minutes passées à la borne de recharge, et à la facilité remarquable avec laquelle nous traverserons l’Eurasie sans consommer une goutte de carburant.

C’est là, en somme, l’un des messages principaux de ce voyage : les technologies vertes qui voient le jour aujourd’hui peuvent tout à la fois servir l’humanité, nous rapprocher les uns des autres, et alléger notre empreinte environnementale.

Boukhara, Ouzbékistan (photo : Vladimir Jirnov, flickr.com)

Au moment où j’écris ces lignes, nous roulons vers Venise, ville natale de la famille Polo. C’est dans cette ville que leur périple a commencé et c’est aussi celle où, un quart de siècle plus tard, ils sont revenus. De là, notre itinéraire nous mènera en Croatie et en Serbie, en Bulgarie et en Turquie, puis à travers le Caucase vers la Géorgie et l’Azerbaïdjan, en passant par la mer Caspienne pour rejoindre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan — Khiva, Boukhara, Samarcande, des noms qui évoquent encore aujourd’hui des voyages à travers les steppes —, avant de nous diriger enfin vers la Chine, à Xi’an, Shanghai et Shenzhen, pour terminer à Hong Kong fin juillet.

Plusieurs gouvernements nous ont réservé un accueil chaleureux, et nous avons hâte de rencontrer, tout au long du parcours, des responsables politiques, chefs d’entreprise et personnalités du monde culturel — mais aussi, avec tout autant d’enthousiasme, des étudiants, des chauffeurs, des commerçants et les jeunes qui héritent de ce monde interconnecté. Notre objectif n’est pas seulement de parler, mais aussi d’écouter.

Pour ceux qui souhaiteraient se joindre à nous, j’animerai un cours en ligne pendant notre périple — une salle de classe itinérante consacrée à l’histoire de la Route de la Soie, au développement durable et à cette idée ancienne, tenace et nécessaire selon laquelle les nations ont bien plus à gagner à coopérer qu’à s’affronter. Vous pouvez vous inscrire via la SDG Academy ; l’accès est ouvert à toute personne dotée d’un esprit curieux. La page d’inscription se trouve ici :

The Marco Polo Drive of Peace, Culture and Sustainable Development

Lianhuashan, Shenzhen, Chine
(photo : Renek78, Wikimedia Commons)

Au fil des kilomètres, je reviens sans cesse à une conviction profonde. De nombreux soi-disant stratèges géopolitiques et hommes politiques affirment que les civilisations de l’Orient et de l’Occident sont vouées à s’affronter plutôt qu’à coopérer. Marco Polo savait mieux que quiconque qu’il n’en est pas ainsi. Au bout de la plus longue route menant vers l’Orient, il n’a pas trouvé d’ennemis mais une civilisation brillante et sophistiquée, aussi avide d’échanger des idées que des marchandises. La Route de la Soie n’a jamais été un simple fil, et encore moins un mur. Depuis l’Antiquité, la Route de la Soie a toujours été un vaste réseau d’interconnexions. La mondialisation est une caractéristique de la civilisation, de l’Antiquité à notre époque.

Œuvrons donc en faveur d’une mondialisation de la paix, de l’harmonie entre la diversité des cultures et du développement durable pour tous les jeunes d’aujourd’hui, les Marco et Maria Polo du XXIsiècle.

Notre Denza ronronne là où les chevaux des Polo avançaient autrefois péniblement. L’encyclique que nous apportons a un nouveau titre, mais le message reste le même : lorsque nous nous rencontrons directement, la paix cesse d’être une abstraction ou une formule pour devenir une réalité quotidienne et une source de joie.

À très bientôt, à partir d’un autre endroit plus proche de l’Orient.

Pour suivre la campagne Marco Polo sur les réseaux sociaux : 

YouTube: https://www.youtube.com/shorts/orULhtZKuac

Facebook: https://www.facebook.com/share/r/18Z61NqMNz/

INS: https://www.instagram.com/p/DYfGb9djXPW/

TikTok: https://www.tiktok.com/@projectmarcopolo/video/7641262493460860193

X: https://x.com/themppofficial/status/2056405221429948777

 

 


Date des faits : 19 juin 2026 Auteur : Jeffrey D. Sachs, Le professeur Jeffrey Sachs est économiste, universitaire et analyste des politiques publiques américain. Il est connu pour ses travaux sur le développement durable, le développement économique et la lutte contre la pauvreté. Il est président du Réseau des solutions pour le développement durable des Nations unies et membre de la Commission des Nations unies sur le haut débit au service du développement.
Thématiques : environnement
Rubrique : Divers