Partage international no 8 – avril 1989
Un article, paru à la fin du mois de février dans l'hebdomadaire The Economist sous le titre « Le message des marchés », évoquait dans la même phrase la possibilité d'un effondrement du marché boursier japonais et le retour du Christ dans le monde. Nous avons extrait de cet article la citation suivante : « Personne n'aurait imaginé que les premiers retours de bâton viendraient du Japon. Après 40 années passées au pouvoir, les démocrates libéraux voient leur position sérieusement ébranlée par l'affaire Recruit, ce qui pourrait les contraindre à procéder à des élections législatives anticipées. Il se pourrait même qu'ils perdent la majorité absolue, ce qui semblait inconcevable jusqu'à maintenant. La scandale a éclaté lorsqu'il a été révélé que des hommes politiques japonais avaient acquis des actions à bas prix, juste avant que leur cours ne s'apprête à monter. Les investisseurs qui ont acquis ces titres japonais de manière légale se demandent maintenant si ces derniers ne vont pas s'effondrer. L'effondrement de la bourse de Tokyo a été prédit de façon tout aussi claire et publique que ne l'a été la réapparition du Christ. Cependant, aucune de ces deux prédictions n'a bien voulu se réaliser jusqu'à présent. Il convient toutefois de noter que le niveau actuel du cours des actions japonaises n'a pu être atteint qu'en raison de la certitude des opérateurs que la politique économique des démocrates libéraux serait poursuivie. Enlevez cette certitude, évoquez simplement la possibilité d'une certaine érosion du miracle économique japonais, et le marché de Tokyo ressemble tout à coup à un mirage. »
Ce scandale boursier, dit du Recruitgate, a entraîné un certain nombre d'arrestations et de révocations. Le 7 février, le président du parti Social Démocratique, un parti d'opposition, a dû démissionner. Il avait réalisé un bénéfice de dix millions de yens, soit environ cinq cent mille francs, grâce à la vente illégale d'actions de la société Recruit Cosmos. Une semaine plus tard, deux anciens directeurs des postes et télécommunications japonaises, soupçonnés d'avoir reçu des pots-de-vin de la société Recruit Cosmos, furent arrêtés. Plusieurs cadres supérieurs de cette société furent à leur tour emprisonnés. Le premier ministre Takeshita, quant à lui, est actuellement l'objet de fortes pressions l'incitant à démissionner. Selon un sondage d'opinion publié le 1er mars dans le plus grand quotidien japonais, le Yomyuri Shimbun, le président Takeshita aurait perdu beaucoup de sa popularité: seuls 21 pour cent de la population japonaise affirment lui faire encore confiance. De plus, le Kabuto-cho, la bourse de Tokyo, commence à supporter les répercussions du Recruitgate qui, selon les milieux bien informés, serait la plus grande affaire de corruption jamais révélée au grand jour. Les effets de ce scandale s'observent tout particulièrement sur le cours des actions des services gouvernementaux privatisés, qui fluctuent fortement. Les spécialistes financiers soupçonnent le premier ministre Takeshita de vouloir sauver son gouvernement en interdisant officiellement aux hommes politiques de détenir des actions cotées en bourse. Selon les milieux bien informés, comme pratiquement tous les politiciens japonais sont détenteurs d'un gros portefeuille boursier, une telle interdiction provoquerait la mise simultanée sur le marché d'une énorme quantité de titres. Ce seul fait pourrait entraîner un effondrement des cours, qui sont basés non pas tant sur leur valeur économique que sur la conviction que le gouvernement en place maintiendra un climat favorable aux affaires.
Le fait que le marché boursier ne soit pas aussi stable que les experts financiers le prétendaient à la fin de 1988 ou au début de 1989, est corroboré par le passage suivant extrait du Los Angeles Times du 30 janvier : « Les japonais semblent désorientés et rongés par leur considérable richesse… Les traditionalistes s'affligent de la disparition des anciennes valeurs des samouraï, reposant sur la patience et la frugalité, remplacées aujourd'hui par une américanisation ostentatoire et affairiste. Les experts mettent en garde contre la folie financière qui a envahi toutes les couches de la société, engendrant une masse énorme de capitaux spéculatifs…
Les investisseurs japonais se précipitent sur le marché foncier et le déstabilisent. La valeur de la terre est devenue la locomotive de la frénésie boursière, les cours élevés étant expliqués par l'existence d'actifs fonciers invisibles lorsque les profits de la société ne peuvent plus à eux seuls justifier l'enthousiasme de l'investisseur. »
Japon
Thématiques : environnement, Économie, émergence
Rubrique : Faits et prévisions (Au fil des années, Partage international a régulièrement publié des articles soulignant les attentes de Maitreya, telles qu'elles ont été présentées par l'un de ses collaborateurs vivant à Londres au sein de la même communauté, à propos d'un certain nombre de changements politiques, sociaux, écologiques et spirituels devant se produire dans le monde. Périodiquement, Benjamin Creme et son Maître ont également partagé leur point de vue sur les développements à venir. Dans cette rubrique intitulée « Faits et Prévisions » notre rédaction analyse les nouvelles, les événements et les déclarations ayant un rapport avec ces prévisions et points de vue.)
