Katrina : ce que la tragédie a révélé

Partage international no 206octobre 2005

Il va sans dire que le monde a été choqué et profondément attristé par la souffrance endurée par les populations des régions touchées par l'ouragan Katrina aux Etats-Unis. Une fois de plus le monde entier s'est mobilisé pour apporter toute l'aide possible. Un des gestes les plus touchants est venu du Sri Lanka, un pays qui a lui-même été durement touché par le récent tsunami et qui a encore du mal à se remettre de ce désastre.

La catastrophe en Louisiane a inspiré l'horreur, la stupéfaction, la sympathie, mais aussi une véritable incrédulité non seulement face à la puissance des éléments déchaînés mais encore à la découverte stupéfiante que certaines régions des Etats-Unis semblent être aussi pauvres que des pays du tiers monde.

Pourtant, un récent rapport des Nations unies sur les inégalités dans le monde nous le confirme sur la base de preuves statistiques : pour beaucoup d'Américains – en fait beaucoup plus que ceux qui ont été touchés par l'ouragan Katrina – le grand « Rêve américain » reste, justement, un rêve.

L'édition 2005 du rapport annuel des Nations unies sur le développement humain, qui se limite habituellement aux pays en voie de développement, attire l'attention sur les inégalités qui règnent aux Etats-Unis dans le domaine de la santé, ce dans le cadre d'une étude globale sur les inégalités dans le monde et leur impact sur l'éradication de la pauvreté. Le document, véritable réquisitoire contre la politique américaine intérieure et étrangère, ne devrait pas plaire à Washington, et ce précisément au moment où le gouvernement américain cherche à affaiblir les Nations unies.

Pourtant les faits sont éloquents : qui, avant Katrina, aurait pu croire que le pays le plus riche du monde possédait un taux de mortalité infantile égal à celui de la Malaisie ? Le rapport 2005 sur le développement humain révèle également un type de pauvreté – particulièrement choquant pour les observateurs du monde entier – qui fait que les enfants noirs américains ont deux fois plus de risques de mourir avant l'âge d'un an que les enfants blancs.

Le rapport accuse les Etats-Unis d'avoir « une stratégie militaire surdéveloppée et une stratégie de sécurité humaine sous-développée »… « La pauvreté et la cassure sociale sont des éléments fondamentaux de la menace globale sur la sécurité. »

Les Etats-Unis considèrent les Nations unies comme une contrainte inutile sur ses intérêts stratégiques. John Bolton, le nouvel ambassadeur américain à l'Onu, a récemment proposé 750 amendements au projet de déclaration prévue pour le sommet des Nations unies de septembre 2005, qui doit réformer et renforcer les Nations unies, et faire le bilan des progrès réalisés dans la réalisation des Objectifs du millénaire de réduire de moitié la pauvreté à l'horizon 2015.

Les différences d'appréciation entre les Etats-Unis et les Nations unies sur le thème de la pauvreté ont pour origine la politique économique américaine de promotion de la croissance et de la libéralisation des échanges censée au final bénéficier aussi aux pauvres.

Les Nations unies, considèrent qu'une telle politique ne peut empêcher les enfants de mourir. La croissance économique ne peut réduire la pauvreté si les pauvres n'ont pas accès aux soins de santé, à l'éducation et autres prestations sociales.

Etats-Unis
Sources : The Independent, G.-B.
Thématiques : Société, politique, Économie
Rubrique : Les priorités de Maitreya (« Pour aider les hommes dans leur tâche, Maitreya, l’Instructeur mondial, a formulé certaines priorités. Assurer à tous un approvisionnement correct en nourriture ; procurer à tous un logement convenable ; fournir à tous soins médicaux et éducation, désormais reconnus comme un droit universel. » Le Maître de Benjamin Creme, Partage international, janvier 1989. Dans cette rubrique, notre rédaction aborde les questions relatives aux priorités énoncées par Maitreya et présente des expériences orientées dans cette direction.)