Partage international no 443 – juillet 2025
Nous traversons une période d’effondrement tandis que le nouveau monde n’a pas encore pris forme. Ceci avec le sentiment d’un équilibre instable – assorti de culpabilité – exacerbé par notre peur et notre dégoût face à la cruauté barbare perpétrée à Gaza, ouvertement tolérée, activement soutenue ou ignorée par les politiciens occidentaux en particulier.
Appelez cela comme vous voulez – karma, cause et effet, oscillation du pendule, action et réaction – quel que soit le terme, le fait est qu’il y a toujours un effet, une réaction égale et opposée. C’est une loi de la physique, de la nature. C’est aussi la grande loi qui régit toute vie et toute relation sur notre planète, et elle fonctionne à tous les niveaux.
Que penser, dans les circonstances horribles d’aujourd’hui, du rôle de cette loi universelle ? Quand on y réfléchit, le karma est une chose extraordinaire. C’est le facteur déterminant et permanant de nos vies. Même si nous le souhaitions, nous ne pourrions y déroger. C’est la vie et la réalité sur notre planète. Beaucoup ont appris à leurs dépens que le karma donne des leçons et des bénédictions qui permettent de grandir grâce à des relations justes. C’est la Grande Loi. Pourtant, il semble bien que des nations entières ignorent son fonctionnement inexorable. Dans tant de pays, les dirigeants, les généraux, les armées et même les citoyens ont été endoctrinés pour vivre comme si la Loi n’existait pas, ni celle de Dieu, ni celle des hommes. Pire encore, il y a chez certains cette vieille croyance religieuse fanatique selon laquelle on peut manipuler Dieu pour gagner son approbation : de toute façon il sera de leur côté et tolérera tous leurs méfaits. Nous voici donc de retour à une époque de barbarie et de non-droit.
Une caractéristique étrange de notre époque est que tant de croyances religieuses et quasi-religieuses obscures et alambiquées façonnent la politique, alors que beaucoup semblent renvoyer à l’ère préchrétienne où la loi du talion était la règle de base rudimentaire des interactions sociales. Les enseignements de Jésus et une nouvelle dispensation ont pourtant balayé les anciens préceptes qui, jusqu’alors, ne parvenaient qu’à maintenir un semblant d’ordre social où les hommes étaient souvent au seuil de guerres locales et de querelles fondées sur le besoin de vengeance, car un acte de violence suscitait une réponse tout aussi violente pour laver l’offense.
Il est troublant de constater que cette motivation continue de se manifester dans la cruauté et la perversité du génocide à Gaza. Aimer son prochain, avoir le sentiment de faire partie d’un tout, a commencé à s’infiltrer très lentement dans notre conscience au cours des deux mille dernières années. Maitreya, l’Instructeur mondial, a rendu cette loi encore plus proche, plus claire et plus accessible : « Faites que votre action soit à la mesure des besoins de votre frère et résolvez les problèmes du monde. » [Messages de Maitreya le Christ, n° 52].
Maitreya a fait une série de prédictions visant à fournir des lignes directrices et un aperçu des lois naturelles. Ces prédictions1 ont été faites principalement pour éclairer la loi de cause et d’effet. En comprenant et en agissant dans le respect de cette loi, dit Maitreya, nous pouvons résoudre les crises sociales, politiques, économiques et environnementales actuelles. Vivre dans le respect de la loi du karma apporte en soi une solution à nos terribles problèmes.
Il est clair que nous devons revoir les lois et les traités internationaux ; ainsi que réapprendre et mettre en œuvre les grandes réalisations issues de la guerre, telles que la Déclaration universelle des droits de l’homme. Malheureusement et de manière insensée, nous sommes arrivés à un point où nous ne pouvons plus tenir pour acquis que nos dirigeants, nos systèmes juridiques, nos traités et nos gouvernements agissent dans l’intérêt de tous.
Le Maître Djwal Khul écrit dans Extériorisation de la Hiérarchie : « Quant au Karma, ce que l’homme a fait, il peut le défaire. C’est ce que l’on oublie souvent. Le Karma n’est pas une règle stricte et inflexible. Il est susceptible de changement selon l’attitude et le désir de l’homme. Il présente l’occasion de changer ; il découle d’activités passées qui, si on les aborde de manière juste et les traite de façon correcte, posent les bases d’un bonheur et d’un progrès futurs. »
Rétablir la justice
Il n’est peut-être pas « immuable », mais il est inéluctable. Il doit toujours y avoir rétablissement de l’équilibre. Pour que le monde progresse, la justice doit être rendue. A un moment donné, il doit y avoir reconnaissance et expiation ; sinon, l’anarchie et l’impunité règnent en maîtres et la société se désagrège dans un désespoir inimaginable. Les auteurs de ces actes devront inévitablement rendre des comptes, non pas par haine ou par vengeance, mais pour rétablir l’équilibre et reconnaître la dette karmique qui doit être payée, si l’on veut que la justice, la loi et la liberté redeviennent les fondements de la culture internationale et nationale.
Mettons fin à l’impunité dès maintenant. La justice doit être respectée ; il ne peut plus y avoir la loi pour un pays et un blanc-seing pour un autre. Soit il y a une seule loi pour tous, soit c’est l’anarchie totale qui règne. La CIJ, la CPI, l’Onu doivent-elles toutes être ignorées ? Quelqu’un a-t-il retiré le bandeau d’impartialité de Dame Justice et l’a-t-il laissée favoriser ceux qui sont coupables de génocide, de meurtres de masse, de crimes contre l’humanité ? Allons-nous tolérer notre propre déshumanisation ? Y a-t-il un moyen de sauver l’avenir de nos enfants ?
Si les structures économiques et financières sont biaisées en faveur des riches et des très riches, condamnant les autres à survivre tant bien que mal, il ne peut y avoir aucune perspective de justice et peu de liberté. L’acceptation et la mise en œuvre d’un système international basé sur la redistribution des ressources mondiales est la seule solution qui garantisse la liberté individuelle, la justice et le respect pour tous. Pour rétablir l’équilibre, la loi doit prévoir une reddition de comptes et des réparations complètes.
Pour ramener la communauté mondiale à la fois à la loi divine et aux lois humaines, il faut, comme l’exprime le Maître de BC, « une communauté d’intérêts de plus en plus étroite entre l’individu et la société. Ce n’est que de cette façon que la liberté de celui-ci et la stabilité de celle-là pourront être garanties. »
Nous devons mettre fin à l’« atomisation » – née de l’ancienne ère des Poissons – et embrasser notre interconnexion : l’identification avec le tout sauvera toutes les parties.
Benjamin Creme l’a indiqué : « Les lois de la vie sont peu nombreuses, mais très puissantes. Personne n’y attache beaucoup d’importance, d’où les problèmes que nous connaissons. La loi primordiale de la vie est la loi de cause et d’effet ; elle gouverne toute vie sur cette planète. L’expression : « œil pour œil, dent pour dent », qui la traduit habituellement, est tout à fait inappropriée. Jésus a pourtant exprimé cette loi très simplement : « Tu récolteras ce que tu auras semé. » C’est si simple, que les gens l’ont oublié ou ne le comprennent pas. Quoi que vous ayez semé, vous le récolterez. […] Nous sommes tous des semeurs. Chacune de nos pensées, chacune de nos actions sont des graines que nous semons. Elles produisent des causes. Les effets issus de ces causes construisent notre vie. Par ce processus permanent et commun nous créons notre vie et celle de l’humanité.
Faisant tous partie de la race humaine, nous sommes tous responsables de ce qui se passe dans le monde. Nous créons tous des formes-pensées. Ces formes-pensées sont réelles. Chaque fois que nous avons une idée destructrice, nous détruisons un peu de notre système. L’état de notre planète dépend de l’état de nos pensées. » (Partage international, juillet–août 1996)
1. Voir Les lois de la vie – Enseignements de Maitreya, Ed. Partage publication.
Thématiques : spiritualité
Rubrique : Editorial ()
