Partage international no 383 – juillet 2020
par Piyushi Kotecha
« Si vous restez neutre face à l’injustice, vous avez choisi le parti de l’oppresseur. » Archevêque Desmond Tutu
Collins Khosa et George Floyd ont été tués par les forces de l’ordre, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis. Une triste vérité s’affirme dans ces deux affaires : dans nos sociétés, la vie de certaines catégories de personnes est plus précieuse que celle d’autres catégories.
Les derniers mots de George Floyd, « je ne peux pas respirer », alors qu’il suffoquait sous le genou de Derek Chauvin, policier de Minneapolis, sont évocateurs pour les milliards de personnes rendues impuissantes parce que pauvres, noires, femmes, homo, parce que d’une autre foi, parce que sans défense… Parce qu’au sein de la société, elles se trouvent du mauvais côté du pouvoir, dans le fossé systémique des inégalités.
C. Khosa est mort fin mars, peu après avoir été étranglé, jeté contre un mur et frappé par des soldats sud-africains appliquant de façon zélée les mesures de confinement. Les soldats impliqués ont été acquittés par une enquête de l’armée, mais une enquête de police est en cours.
Alors que techniquement, MM. Khosa et Floyd bénéficiaient des mêmes droits constitutionnels dans leur pays respectif que leurs compatriotes blancs, riches ou privilégiés, la manière dont les forces de l’ordre les ont punis reflète la différence de valeur que la société et ses fonctionnaires attribuent à différentes vies.
La pandémie qui balaie le monde est un appel à l’action collective et à une nouvelle sorte de leadership, qui ait le courage de se focaliser sur le soutien à apporter à l’humanité et la Terre. Alors que les événements climatiques extrêmes sont désormais une réalité, le virus montre la profonde vulnérabilité engendrée par un monde inégalitaire et exploité.
L’inégalité n’est pas viable. Elle déshumanise les gens et limite profondément notre capacité à atténuer les crises.
Les dizaines de milliers de citoyens, noirs, blancs et latinos manifestant pacifiquement contre le racisme et l’injustice dans les rues des villes américaines méritent une approbation sans équivoque. A l’inverse, le pillage et les destructions opportunistes observées aux Etats-Unis en réponse à la mort de George Floyd doivent être condamnées sans équivoque.
Dans un sermon en 1956, Martin Luther King déclarait : « Si la paix signifie accepter d’être exploité économiquement, dominé politiquement, humilié et subir la ségrégation, alors je ne veux pas la paix. D’une façon passive et non-violente, nous devons nous révolter contre cette paix-là. Jésus affirmait qu’il ne serait pas satisfait tant que la justice, la bonne volonté, la fraternité, l’amour et le royaume de Dieu ne seraient pas établis sur Terre. Voilà la vraie paix. »
L’archevêque Desmond Tutu soutenait que « si vous restez neutre face à l’injustice, vous avez choisi le parti de l’oppresseur. »
De la destruction que la pandémie laisse derrière elle, nous devons construire un monde dans lequel chaque humain puisse respirer et où chacun puisse échapper à l’oppression qui consiste à être une personne sacrifiable dans un monde inégalitaire.
Auteur : Piyushi Kotecha, directeur de la fondation Desmond & Leah Tutu Legacy.
Sources : tutu.org.za, Fondation Desmond & Leah Tutu Legacy
Thématiques : Société
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)
