Je me tourne vers mon alto, le cœur lourd

Partage international no 446octobre 2025

L’altiste Connie Pharoah, interrogée sur sa participation à une série de concerts au Royaume-Uni, Sound Over Silence, qui collecte des fonds pour des associations caritatives palestiniennes et offre une tribune aux musiciens pour faire entendre leur voix, s’est exprimée ainsi :

« Incapable d’exprimer mon horreur et ma tristesse avec des mots, je me tourne vers mon alto, le cœur lourd. La plupart de mes réflexions sur Gaza ont lieu en privé.

On m’a incitée à croire que les musiciens sont comme des portails temporels. Nous transmettons la musique du passé, avec tout son contexte, et la relions au monde dans lequel nous vivons.

Lorsque je pose la question « Pourquoi écrivons-nous, jouons-nous ou écoutons-nous de la musique ? », je me demande si la plupart des réponses correspondraient à ce que nous nous autorisons réellement à partager.

La peur influence nos choix quotidiens, nos croyances et nos jugements moraux. C’est un moyen de manipulation instinctif et puissant. Il est tragique que de nombreux musiciens classiques aient peur d’exprimer leur inquiétude pour la Palestine.

Je trouve étrange que l’on attende des musiciens classiques qu’ils restent apolitiques, d’autant plus qu’une grande partie du répertoire que nous interprétons a été écrite en réponse à l’oppression et à l’injustice. La peur a un effet paralysant sur notre communauté.

Sound over Silence nous offre un espace pour nous exprimer à travers la musique, et je suis très reconnaissante de participer à son premier concert. »


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Rubrique : Divers ()