Inde : manifestations silencieuses

Partage international no 339novembre 2016

Le système fortement enraciné des castes est mis sous les projecteurs par des mouvements de protestation. Depuis juillet 2016, des millions de personnes ont manifesté dans plus de douze villes de l’Etat du Maharashtra. Vêtues de coton blanc, la couleur du deuil, elles ont manifesté en silence, brandissant des drapeaux safran. Cette explosion sans précèdent de soulèvements populaires a été déclenché par un sentiment d’injustice suite au meurtre d’une jeune fille de 15 ans. Cette jeune fille marathe, de la caste des agriculteurs propriétaires de terres, aurait été violée et assassinée par un Dalit de la caste hindoue des intouchables. La communauté marathe estime que la police et les médias ont négligé cet événement pour éviter d’être accusés de discrimination contre les castes inférieures.

Le pendule du politiquement correct a basculé dans la direction opposée. Les Dalits bénéficient d’avantages leur permettant de travailler et d’étudier. Cependant, les agriculteurs marathes ont été négligés par les gouvernements successifs, malgré quatre années de sécheresse qui ont ruiné leurs récoltes et causé de graves pénuries d’eau. Le Maharastra fut l’un des Etats indiens les plus touchés.

Ni la presse ni les télévisions locales n’ont relayé la première manifestation qui s’est produite dans la ville d’Aurangabad. Bhaiya Patil, activiste de 28 ans devenu le correspondant des réseaux sociaux du mouvement, déclare : « Il y avait 500 000 personnes dans la rue et personne ne s’y est intéressé. Il n’y a eu aucun reportage, ni caméra, ni couverture médiatique. C’est pour cela que nous nous sommes tournés vers les réseaux sociaux. Nous avons commencé en postant nos propres images et vidéos et soudain tout le monde s’est mis à nous écouter. On s’est fait entendre. »

Au cours des manifestations, des jeunes femmes brandissaient silencieusement la liste de leurs exigences à l’attention des politiciens. A la fin de chaque manifestation silencieuse, les manifestants se rassemblaient pour chanter l’hymne national, avant de se disperser. Selon les médias, ce sont les Dalits qui sont toujours les victimes, et les coupables toute la communauté marathe, déclare Dyanesh Maharao, un activiste marathe. Mais ce n’est pas vrai. Quand cette pauvre fille a été tuée, la police n’a même pas pris la peine de produire un rapport jusqu’à cette semaine, presque trois mois après le crime. » Les organisateurs font remarquer que la manifestation la plus importante a eu lieu en décembre à Mumbai, capitale de l’Etat et cœur financier du pays.

Inde
Sources : guardian.com
Thématiques : femmes
Rubrique : La voix des peuples (Cette rubrique est consacrée à une force en plein développement dans le monde. La voix du peuple ne cessera de s’amplifier jusqu’à ce que, guidés par la sagesse de Maitreya, les peuples conduisent leurs gouvernements à créer une société juste dans laquelle seront respectés les droits et les besoins de tous.)